Fiche de présentation

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MUNCH, Edward

né le 12 décembre à 1863 à Löten, Hemark, Norvège ; 1879-1880, École technique d'ingénieur ; 1880, se tourne vers la peinture ; 1881, Ecole d'art de Christiana ; 1885, premier de très nombreux séjours à Paris et à Nice ; 1899, tuberculose ; 1890, premier séjour en clinique pour dépression nerveuse, hospice du Havre ; 1902, se tire une balle de revolver dans la jambe gauche au cours d'une rixe avec une maîtresse ; 1908, nouvelle dépression, soignée à Copenhague ; 1916, s'établit à Ekely ; 1923, élu membre de l'Académie allemande des Beaux-arts ; 1930, frappé d'une maladie des yeux ; 1937, quatre-vingt deux œuvres sont retirées des musées allemands comme relevant de l'art dégénéré* ; 1944, meurt le 23 janvier à Ekely après avoir légué son œuvre à la ville d'Oslo.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Graveur - Peintre

Présentation : C'est en 1892 qu'il change de siècle et métamorphose l'Art nouveau* en expressionnisme*. Jusque-là, avant d'influencer, il subit les influences et celles de tous les impressionnistes y passent, ainsi que des nabis. En 1892 donc, la bonde saute et non seulement, il crée un monde à lui, fait d'angoisse, sexe et mort associés, mais il innove du point de vue stylistique et technique. Il adopte la frontalité des personnages dont un, en avant-plan, provoque le spectateur ; il exprime le paroxysme des sentiments coulé dans une pâte unie aux longs méandres homogènes, dont les courbes accusées amplifient l'aspect tragique, il construit sur des lignes de fuite à raccourci ; il situe ses scènes d'intérieurs dans une chambre dont on a supprimé le mur avant. Il n'achève pas ses toiles lorsqu'il considère que tout est dit ; il les soumet aux intempéries dans son atelier à ciel partiellement ouvert, il les gratte pour les rendre transparentes, il travaille en poussant directement l'huile des tubes, il pulvérise les couleurs ou en éclabousse l'œuvre à la brosse ; enfin, à compter de 1905, il trace des traits continus qui atteignent 1 m de haut. Soir sur l'Avenue Karl Johan, (1892, Bergen), les fantômes vivants envahissent la toile et marchent droit vers l'observateur. C'est ce monde halluciné que seize ans plus tard reprend Spilliaert*. La Mort dans la chambre de la malade, (1893, Musée Munch, Oslo, -MMO- et NGO), pose les personnages de manière artificielle comme dans une mise en scène, avec le télescopage de l'espace et la frontalité d'une femme qui prend à témoin. Il reprend la même année ou à des années de distance, le même sujet et y apporte de très  légères variantes.
Puis viennent, Le Cri, (1893, MMO), quatre versions, Désespoir, (1893-1894, ibid.) et Angoisse, (1894, ibid.), qui, de format semblable, forment triptyque, réunis par les ondulations horizontales d'un même ciel rouge et jaune. C'est à l'Autoportrait à la cigarette, (1895, NGO) qu'il applique pour la première fois ses techniques novatrices et désinvoltes, les authentifiant pour sa postérité. Dans La Jeune Fille et la Mort, (1893), il trace les verticales légèrement ondulantes de haut en bas du tableau, reprises comme un rideau de pluie dans la gravure Clair de lune, I, (1896), et comme un tulle de couleur dissolvant les formes d'Eros et Psyché, (1907, Mus. Munch). Il travaille souvent par reproduction du même sujet, sans grande variante, ainsi de Femme en pleurs, (1909) aux cinq versions à l'huile.
Avec le siècle, la mutation est patente. Les toiles où il applique ses découvertes sont mésestimées. Sa misanthropie fait le reste. Et cependant, frontalité, liberté de la touche, "inachèvement" continuent à être ceux d'un des grands initiateurs de la modernité, de la longue série d'autoportraits commencée en 1904 lorsqu'il se représente en tronc devant deux à-plats verticaux modulés, vert et jaune ; Autoportrait à Bergen, (1916, SMKM), tête désespérée en premier plan d'un quartier de la ville, jusqu'à Entre le lit et l'horloge (1940-1943, MMO) - dont le motif du couvre-lit va inspirer les Crosspattern de Jasper Johns* - et Autoportrait à 2 h 15 du matin, (1940-1944, ibid.), tous deux évoquant la mort qui rode.
L'autre face du génie, ce sont des oeuvres baclées, des portraits de 1916 à 1939, dont quelques uns seulement sont percutants, des paysages comme La Maison rouge, (1930), synthèse de repentirs.
Depuis 1894, il est graveur et lithographe ; sa planche la plus célèbre est sans doute La Madone, dont il existe six variantes. Il est également photographe.

Expositions : 1883, Salon des Ars décoratifs, Christiana ; 1885, Exposition universelle, Anvers ; 1889, Association des étudiants de Christiana, (P) ; 1890, Exposition universelle, Paris ; 1896, 1905, Salon des Indépendants, Paris ; 1952, Petit Palais, Paris ; 2010, Pinacothèque, Paris, (P).

Rétrospective : 1927, Galeries nationales de Berlin et d'Oslo ; 1974, 1998, 2011, Musée d'Art moderne de la ville, Paris ; 1991, Musée d'Orsay, Paris ;  2005, Royal Academy, Londres ; 2006, Modern Art Museum, New York ; 2011, Centre Pompidou, Paris.

Musées : Musée Edward-Munch, Oslo, 1 000 toiles, 15 000 planches gavées, 4 400 aquarelles et dessins, 6 sculptures.

Citation(s) : Il a dit :
- La mort est le commencement de la vie. C'est une phase transitoire avant une nouvelle cristallisation.
On a dit :
- Peintre ésotérique de l'amour, de la jalousie, de la mort et de la tristesse.  (Auguste Strindberg).

Divers : Les vols du Cri.
Il existe quatre versions de cette toile, exécutées entre 1893 et 1895. L'une à la Galerie nationale d'Oslo, deux au musée Munch, - dont une au pastel - la quatrième étant encore, en 2005, dans les mains de la famille Olsen en Norvège. La première est volée en 1994 et retrouvée trois mois plus tard. L'une des deux seconde est volée le 22 août 2004, au musée Munch en même temps qu'un autre tableau, La Madone, (1894) ; il apparait que ces toiles auraient été brûlées, le vol ayant été commandité par un truand en cavale, pour détourner les recherches de la police.
La dernière version est adjugé en en 2012 à New York, à 120 millions de dollars, en en faisant  l'oeuvre d'art la plus chère à ce moment.