Fiche de présentation

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HUCLEUX, Jean-Olivier

né en 1923 à Chauny, Aisne, France ; 1940-1945, retoucheur de photographies, commence à peindre d'après photos ; 1945, abandonne la peinture ; 1965, brocanteur aux puces se Clignancourt ; 1968, recommence à peindre avec le portrait de sa femme d'après photo projetée ; 2012, meurt le 17 mai à Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Dessinateur - Infographe - Peintre - Sculpteur

Présentation : Entre 1940 et 1945, il peint quelque peu, et recommence en 1968, avec une série de Cimetière, (1971-1974), énorme (280 x 200), où l'hyperréalisme* se fond dans un certain flou qui pourrait, au demeurant, être aussi photographique. Dans ses portraits peints à l'huile, il donne à la position et au regard de ses sujets l'attitude des portraits de la Renaissance italienne, Autoportrait, (1974), avec le souci de capter la réalité au plus près, Portrait de Jeanne Hucleux, (1983-1993). Il s'attache ensuite à la coïncidence la plus parfaite possible avec la photo dans des oeuvres traitées à la mine de plomb, Double autoportrait, (1992), lui se peignant plus jeune. 
Après avoir exposé, en 1987, des portraits de Beuys* et de Beckett, visiblement inspirés de photographies célèbres, 
Simultanément, à la fin des années 1980 et à l'opposé de la manière photoréaliste à laquelle on associe son nom, il trace à l'encre de Chine sur toile des compositions abstraites* qui relèvent de l'épure d'architecte. Elles sont truffées de formes géométriques, de lignes, d'écritures cryptées que l'on peut peut-être déchiffrer à l'aide d'un miroir; on croit " lire " le plan des accès de la grande pyramide ou de quelque commanderie des Templiers, des exercices pour la recherche de quelque nombre d'or; ce sont des " dessins déprogrammés soustraits au contrôle de la conscience "; on a peine à y croire, tant la construction est soignée et le travail minutieux. Ce sont des sortes de " gravures " de natures mortes. Le noir y est parfois délicatement rehaussé d'une couleur.
1991 représente la grande mutation. Avec son fils Jean-Louis, il devient infographe*, d'abord personnel en fournissant à l'ordinateur des formes qu'il assemble ; ensuite, se livrant au programme informatique et en obtenant à quatre mains, de la peinture informelle, des biomorphes baignant dans des pixels; ce sont les "déprogrammations numériques", suivies de tirage numérique en exemplaire unique. Il est aussi sculpteur d'accumulation de formes non-figuratives*.

Expositions : 1972, Documenta, Cassel ; 1974, Musée d'art Moderne de la ville, Paris, (G) ; 1975, European Painting in the 70's,  Los Angeles ; 1979, Centre Pompidou, Paris, (P) ; 1987, gal. Beaubourg, Paris, (P) ; 2005, Odéon 5, Paris, (P).

R├ętrospective : 2000, Musée d'art contemporain, Lyon ; 2009, Villa Tamaris, La Seyne-sur-Mer.

Citation(s) : On a dit :
- Hucleux, hyperréaliste? Quelle ineptie! C'est de l'hypermétaphysique.  (Salvador Dalí).

Divers : il est condamné, en 1991, par la Cour d'appel de Paris, pour contrefaçon, à la demande de'Alice Spring* et de Gisèle Freund*, photographes,  alors que, dit-il, " je ne reproduis pas ces photos, je les transfigure en retrouvant, par-delà la vignette plate de la reproduction mécaniquement fidèle, la vie du modèle ". En réalité, on reconnaît un cliché célèbre, mais le travail de la mine de plomb, " une mise en cendres ", dit-il, que l'on reconnaît aussi,diffère de celui de l'émulsion et des grains que laisse la photographie,  comme pour Portrait de Mondrian, (1990, MNAM.). il est condamné, en 1991, par la Cour d'appel de Paris, pour contrefaçon, alors que, dit-il, " je ne reproduis pas ces photos, je les transfigure en retrouvant, par-delà la vignette plate de la reproduction mécaniquement fidèle, la vie du modèle ". En réalité, on reconnaît un cliché célèbre, mais le travail de la mine de plomb, " une mise en cendres ", dit-il, que l'on reconnaît aussi,diffère de celui de l'émulsion et des grains que laisse la photographie. En appel, il est relaxé.
"Cet épisode fâcheux,m'a néanmoins permis de prouver par jurisprudence, que mon travail n'était ni du plagiat, ni de l'hyperréalisme,mais autre chose", commente-t-il.