Fiche de présentation

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PEIRE, Luc

né le 7 juillet 1916 à Bruges, Flandre, Belgique ; 1932, Académie de Bruges ; 1934, École St Luc, Gand ; 1936-1939, Institut supérieur des Beaux-arts, Anvers, chez Gustave Van de Woestyne*; 1959, s'installe à Paris ; 1994, meurt le 7 février à Paris d'un cancer.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Il part d'un bon expressionnisme* sans style particulier 1934-1950), allant jusqu'à rappeler la manière du XIXe siècle, Paysage, (1940) ou Portrait de Mme Permeke, (1942, Musée Permeke, Jabbeke), à la peinture la plus rigoureuse, en passant par un dépouillement progressif : son oeuvre est marquée d'abandons. Au début des années 1950, il quitte une figuration déjà libérée de toute réminiscence expressionniste, Famille Godderis, (1951). ; les figures et quelques accessoires se détachent en aplats sur fond uni comme les post-modernes des années 2000, La Veuve, (1951).  Il donne, la même année, une fresque Evocation de la Flandre., aux épisodes isolés dans une construction de 443 x 189 cm, aérée. L'espace s'ouvre et la verticalité surgit, comme celle des statues-colonnes des portails gothiques ; les contours de la tête, ceux torsadés des vêtements sont encore là, Samedi, (1955, CCB). ; ils se réduisent à des cercles et de fines verticales, Mwinda Mingi, (1955, banque Dexia) , jaune et gris perle. .En 1955, il commence et poursuit jusqu'en 1992 les Graphies. Il en produit près de 200. C'est l'austérité ramenée à la seule verticale et aux seuls noir et banc (avec, rarement, un trait ou une bande bleu marine). Au départ, le support sera la toile, abandonnée en 1965 pour le Formica ou le Plexiglas. Au départ également, on trouve encore des traces figuratives comme ces cercles qui transforment le trait en tige de végétal, mais en 1957 ne reste que la seule droite orgueilleuse et musicale. Immenses claviers de pianos aux variations graphiques infinies, en largeur ou en hauteur, laissent libre cours à toutes les fantaisies des touches innombrables, Graphie 1021, (1966, MRBABx). Dans cet esprit, il réalise un Environnement* (1967, ibid.) cube de 4 m d'arêtes dont les parois sont peintes en noir et blanc linéaires, et dont sol et plafond sont constitués de miroirs; on tire une paroi, on veut enter, on n'ose pas, le gouffre est sous les pieds; quand on réalise que le sol est sol, on porte les yeux au ciel et c'est un Manhattan sans fin ; on porte les yeux au sol et c'est un abysse sans fin; on est pris entre deux infinis. (La même année, Fabro* réalise un cube de miroirs à l'effet plus limité). Deux répliques en existent (1968, Mus. de Mexico, et 1973, Mus. d'Auckland). Simultanément, il peint avec des couleurs. Il crée des parallélépipèdes qui, grâce à l' oblique, forment des paravents et indiquent le champ ; il y joue de la couleur ne refusant pas les dégradés, Escurial, (1962, FNAC, Paris) ; il lui arrive de conjuguer ces obliques avec les verticales serrées, Sans titre, (1958, BvB). Dans ce règne vertical, on verra encore jusqu'au milieu des années 1970, l'épure d'une base ou d'un sommet de rectangle, en 1965, une diagonale et des gonflements qui suggèrent un lever de rideau, dès lors oubliés pour ne conserver que des faisceaux de lignes, rassemblées larges ou réduites à un filet isolé, selon un rythme savant sur un tapis monochrome de rouge cardinal ou de bleus profonds, Marcinelle, (1956, banque Dexia).  En 1970, il travaille sur deux surfaces juxtaposées, à quelques centimètres l'une de l'autre, celle du fond opaque propageant les bleus ou les marrons à travers les transparences d'avant-plan pianoté de noir et blanc, parfois adoucis par un grisé en 1974-1975. C'est un Barnett Newman* doté du bonheur et de la couleur méditerranéens. Il est suivi par Gene Davis*.

Expositions : 1938, Salle des concerts, Bruges ; 1972, Varenne, Paris.

Rétrospective : 1966, Groeningemuseum, Bruges ; 1989, Musée du Luxembourg, Paris ; 1995, Musée des Beaux-Arts, Anvers.

Musées : Fondation Luc-Peire, Knokke-le-Zoute.

Lieux publics : 1968, mur, banque de Breda, Anvers; 1973, mur à claire-voie, école, La Seyne-sur-Mer; 1974, mur extérieur de lamphithéâtre, faculté de lettres de Lille; 1975, mur, chantier naval, La Ciotat; 1992,Signe, 21 m de haut, hôpital, Leuven.