Fiche de présentation

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CUECO, Henri ( Henri Aguilella, dit )

né le 19 octobre 1929 à Uzerche, Corrèze, France ; père espagnol, artiste peintre acculé à devenir peintre en bâtiment ; 1937, autodidacte, commence à peindre d'après cartes postales ; 1947, se fixe à Paris ; 1949, académie de la Grande Chaumière*; 1954-1976, membre du parti communiste ; 1970, co-fondateur de la coopéraive de Malassis*; enseigne aux Beaux-Arts de Paris ; vit à Montmagny, Île-de-France, et au Pouget-de-Vigeois, Corrèze.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Un bois détouré est planté de silhouettes d'hommes dont on peut modifier l'implantation, entourant une de femme en monochrome pour Jeux d'adultes, (1965), Il détourne les grands maîtres, Danaé aux roses, (1965), réduite au torse avec un rideau de fleurs. Dans la foulée de Mai 68, il est enclin à une explication politico-écologique de sa démarche, Marx Freud Mao, (1969, MAMVP), visages faisant corps avec un drap rouge sur un bloc de cubes qui s'éfrite. Il travaille par série, Baigneuses, (1964), Femme et Chien, (1965), Chiens, (1973). C'est l'époque où on l'agrège à la Figuration narrative*. L'homme disparaît en 1974, tandis qu'apparaissent les ingrédients du pop*, à-plats, letraset, etc. Ensuite, il est impressionniste abstrait*, ou, si l'on préfère, paysagiste abstrait, il peint de minutieux filaments multicolores, des végétation denses qui remplissent la toile de bord à bord. C'est, comme Les Nymphéas, de Monet*, ou totalement abstrait* ou totalement figuratif, mais les titres sont indicatifs de la réalité appréhendée, et parfois, la figuration se fait explicite lorsqu'une ramure au premier plan situe le regard sur Les Prés d'en bas, (1985). À la fin des années 80 s'opère un virage radical vers la réalité, amorcé dix ans plus tôt : les grands maîtres de la Renaissance nous ont laissé des carnets de croquis, mémoire ou projets où l'on peut lire le dessin minutieux de tel détail. Ainsi fait-il pour les chiens, en répétant sur la toile pattes, queues ou museaux; à force de voir la meute se désintégrer en fragments, on tend vers une certaine abstraction. De même lorsqu'il éparpille les pièces composant sa toile comme celles de puzzles reproduisant la structure, la dynamique ou la symbolique canines. Sa technique n'a pas varié, il reste fidèle au divisionnisme, non en points mais en touches qui ménagent des zones de plein et des zones de vide où le fond blanc qui recueille les ombres est prépondérant. Il reste hanté par l'accumulation, dotant ses animaux de chiffres, ou, pour les reptiles, de leur nom latin. Les traitant en couleurs naturalistes, en grisaille, en noir et lanc comme une xylographie et même, lorsque ses chiens sont reconstitués, on les aperçoit par morceaux au travers des échancrures d'un mur délabré. Le goût de la peinture soignée revient dans Imagier, (1993), pomme de terre, chaussure, éponge, épingle à cheveux, petits formats à sujet unique comme ces morceaux de paysages vus au travers de la main, Paysage dans la main, (1978). Mais aussi redécouvreur de toiles illustres qui, une fois décomposées, sont recréées, avec une attirance pour le sujets religieux, de 1995 à 1997, L'Ex-Voto de Philippe de Champaigne, (1995). Il peint des autoportraits camouflés, soit qu'il se présente de dos, soit qu'il se biffe par des bandes transparentes, soit qu'il se crible de végétaux, girolles ou pis chiches, soit encore qu'il se présente en vanité, (2002). En 2007-2009, il s'attaque à La Grande Odalisque et au Bain Turc d'Ingres, les désarticule en une centaine de dessins, mains, pieds, bras, cuisse, qui sont, encore une fois comme autant de planches préparatoires des maîtres d'autrefois.
Dessinateur :
A la mine de plomb sur tile, il rattrape la nature, feuilles de bord à bord, vaches et moutons aux traits menus et légers, (2012)L.

Expositions : 1952, 1960, Salon de la Jeune Peinture*, Paris ; 1957, Saint-Placide, Paris, (P) ; 1970, Carlsruhe, (G) ; 1971, Sirio, Rome, (P ); 1992, 2013, Louis Carré, (P) ; 2008, Figuration narrative, Centre Pompidou, Paris, (G).

R├ętrospective : 1997, Abbaye Saint-André, Meymac.