Fiche de présentation

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GROMAIRE, Marcel

né le 24 juillet 1892 à Noyelles-sur-Sambre, Nord, France d'une mère Flamande ; 1910, abandonne des études de droit pour fréquenter aux diverses académies de Montparnasse*; enseigne à l'École nationale des arts décoratifs de Paris ; 1913-1919, sert dans l'armée ; 1920-1932, dispose d'un contrat avec le Docteur Girardin, propriétaire de galerie ; 1950, séjourne à New York ; 1948, épouse Hélène Détroyat, peintre ; 1971, meurt le 11 avril à Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Usant d'une pâte où l'alchimie du brun et de la cendre se transmue en or, il est expressionniste* malgré un apparent laissé-aller,  L'Église et le pont, (1917). Il décline le corps de la femme,  ,L''Allégorie de la fenaison, (1919), le nu au premier plan répond aux canons qui vont le rendre classique : pâte mordorée, inspiration populaire, opulence, construction qui a intégré le cubisme*, l'Art déco*, Modigliani* et Léger*, seule manque la bordure des masses, ; il le traite à la nègre, Nu accroupi, (1923), l'offre dans toute sa sensualité, Nu couché, jambe levée, (1940).  Il réussit même à présenter un couple massif, épais, très en chair, avec des grandes finesses d'huiles, J.-E. Laboureur et sa femme, (1920). Une Gare, (1922, MAMVP), s'essaie à une bordure encore discrète. Portrait de l'artiste, (1921, MAMVP). incorpore le cubisme dans les méplats du visage et les détails des vêtements. Le Boxeur, (1922, ibid.) est de la veine flamande belge. Le Wagon de métro, (1923, ibid.), dans son obscurité éclairée de beiges plus clairs est d'une touche cézanienne. Les volumes solides dans leur forme simplifiée sont remplis d'huile marron, grise, beige, mêlées, avec des reflets chauds. Les sujets vont des filles opulentes et nues ; Nu couché, (1923, MAMVP), est une figure, l'une des premières fermement bordée, au beige meurtri, entourée d'une juxtaposition de coups de pinceau, comme Deux nus au fauteuil rouge, (1928, ibid.), aux forains et aux soldats, La Loterie foraine, (1923, MBALi), La Guerre, (1925, MAMVP), et surtout aux paysans dans les différentes attitudes de leurs occupations, Le Braconnier, (1923, MAMVP), La Partie de carte, (1928, MNAM), Le Repas paysan, (1926, MAMT), aux paysages enfin, aussi dramatiques que ceux de Vlaminck*. La Paysanne aux meules, (1930),  tranche par le fondu 
Durant les vacances de 1925 à 1932, il pratique l'aquarelle ; la couleur est moins tellurique et les sujets sont griffés comme pour donner l'illusion de la gravure ; il traite ainsi des jeux de plage (1928), du vélo (1921), du football (1930), du rugby (1932), ainsi que des petits métiers ruraux. Il peut raidir ses sujets, les géométriser et rendre les figures plus sculpturales, Paysage de banlieue, (1922, MAMVP) ou  Le Canoë, (1930, ibid.).
Globalement son expressionnisme* est retenu, domestiqué, pasteurisé.
Tenté par les sujets mondains, il s'affadit en les traitant. Le Bouquet, (1928, MAMVP) ou le Portrait de Mme Denise Bernard, (1932) manient le flou et apparaissent comme un reniement de ses attaches charnelles populaires. Il y a cependant de brillantes exceptions, comme Place Blanche, (1928) ou Le Cerceau de papier, (1930), avec leur mise en page verticale, leur graphisme précis et dépouillé et une palette plus chatoyante.
De 1933 à 1948, il multiplie les détails et encombre ses toiles qui semblent alors plus relever de l'art de la tenture (sa première tapisserie date de 1938), de celui du vitrail ou de la fresque. Dans cet esprit, il peint sept toiles qui sont des esquisses pour les panneaux décoratifs de la faculté de pharmacie de Paris, L'Alchimiste,  L'Apothicaire, etc. (1938). Durant cette période, deux toiles, Neige, montagnes, vallée, (1935) et Les Vagues et la jetée, (1937) ont un charme onirique qui fait songer aux forêts de Max Ernst*.
De son séjour à New York en 1950, il ramène des œuvres profondément différentes et originales : dans une structure linéaire vigoureuse, il accumule les scintillements nocturnes des gratte-ciel, le découpage de Manhattan, les courbes de Brooklyn Bridge. Ces toiles se trouvent dans des collections privées américaines.
Les vingt dernières années, de 1951 à 1970, il se survit, reprenant son classicisme, Le Borinage (1952, MBALi), n'évitant pas le maniérisme des nus aux lignes cassées, '1960),donnant à ses nus de la langueur, retrouvant sa manière surchargée, Place de la Concorde (1956) est rendue en tons presque délavés.
On estime qu'il a peint environ 700 toiles.
Il es aussi graveur.

Expositions : 1921, La Licorne, Paris, (P) ; 2007, Pavillon Carré de Baudouin, Paris, (P).

Rétrospective : 1933, Kunsthalle, Bâle ; 1956, musée de Besançon ; 1957, Maison de la Pensée française ; 1960, Musée de Saint-Denis.

Musées : Musée d'Art moderne de la ville, Paris, 116 œuvres, dont 78 peintures, par le legs Girardin.

Citation(s) : Il a dit :
- Le tableau est un drame à trois personnages : la nature qui émet la sensation, le peintre qui la transfigure et le spectateur qui l'accepte ou la refuse.