Fiche de présentation

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SOMVILLE, Roger

né le 13 novembre 1923 à Schaerbeek, Bruxelles, Belgique ; 1940-1944, Beaux-Arts de Bruxelles; Arts décoratifs de La Cambre ; membre du parti communiste; 1957-1986, directeur de l'académie de Boitsfort  ; 2014, meurt à Tervueren le 31 mars.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Il choisit la peinture monumentale, celle qui, pouvant user de grandes surfaces publiques, a le plus de chances de nouer un dialogue avec le peuple. Avec Le Délégué syndical ou La Pause, (1957), il s'attaque aux thèmes populistes, les travailleurs, sur leur échafaud, regardent le spectateur avec leurs yeux ouverts sur la vie, leurs paupières lourdes de sommeil dans la face lunaire, qui fait de chaque personnage un autoportrait de Somville-Trenet : " Je ne suis pas physionomiste, mais je reconnais les gens par les yeux ", Ostende-Vietnam, (1965, MRBABx). Ses angles sont insolites, la Réunion syndicale, (1966), vue d'une mezzanin, ou Hommage à Siqueiros (1971), dans lequel il grossit diversement tête, mains et pieds d'un homme en marche vers le spectateur. Dans ses thèmes, comme dans certains éléments de son graphisme, plane le souvenir de Picasso*, mais d'un Picasso tout à fait assagi et qu'agiterait un souffle lyrique et baroque, Le Modèle, (1968), pour la position de la femme, Hommage à Picasso, (1972), pour la disposition du couple, du peintre et la graphie de la barbe du vieillard, Charitable à l'excès, (1962-1963, CHAR). Affectionnant le sépia, dans les années 60, laissant de 1968 à 1972 beaucoup de blancs dans ses toiles pour organiser le dessin autour d'eux, non par le trait, mais par le jeu de la peinture, souvent de couleurs pâles. Vers le milieu des années 70, la palette devient stridente de rouges et de bleus presque fluorescents; le mouvement est suggéré par des bandelettes en spirales ou en éclairs; il y a du déploiement gestuel rubénien et des nébulosités coloriées; il déveolppe le raccourci frontal de telle sorte que ses figures semblent projetées, tête et mains en avant, en dehors de la toile. Sa manière dominante est celle du lyrisme à la Lorjou*, avec la présence lancinante de la figure d'homme, vu de face, sur un corps de trois quarts, le visage mangé de barbe, sous des cheveux hirsutes, avec les yeux les plus tristes qui soient. Le discours politique verbal, d'un stalinisme militant jusque dans les années 80, s'efface devant le talent qui transcende l'engagement.
Il est le cartonnier d'une tapisserie  hors de ses normes  en noir et beige, La dame aux chardons, (1946).

Expositions : 1960 Giroux, Bruxelles.

Musées : Fondation Somville, Bruxelles.

Lieux publics : 1972, Une réunion, dépôt communal de Watermael-Boitsfort (ces fresques ont été partiellement détruites en 1989 ); 1975, station de métro Hankar, Bruxelles; 1987, Qu'est-ce qu'un intellectuel ?, Louvain-la-Neuve.