Fiche de présentation

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PRAX, Valentine

née en 1899 à Beaune, Algérie; 1919, arrive à Montparnasse*; 1920, épouse Ossip Zadkine*; 1981, meurt le 15 avril à Paris.

Type(s) : Artiste

Présentation : Elle est héritière au second degré du cubisme*, reprenant aux premiers successeurs des caractéristiques dont elle fait la synthèse : manière déchiquetée, gravure dans la pâte au lieu de traits, matière grumeleuse, visages coupés d'un trait continu du front au menton avec la saccade du nez. Elle est, quant au chromatisme, la seule femme à pouvoir être assimilée aux ashkénazes de l'école de Paris*. Ses couleurs superposées ne sont jamais pures ; elle les adultère de teintes brouillées, ternes, expressionnistes*, dont les ombres sont indiquées par des oppositions chromatiques assourdies, allumées seulement, çà et là, d'une petite touche de jaune ou de rouge ; c'est à partir du contour net, courbé ou angulaire qu'elle les applique dans un espace d'abord uni puis se modulant, Femme à la guitare, (ca. 1929).
De 1928 à 1956 tout au moins. C'est l'époque où elle peint des compositions complexes, bibliques ou mythologiques, remplies de figures et de détails, accumulant comme dans une tapisserie les scènes simultanées. Surcharges en rapport avec les thèmes apocalyptiques traités, La fin de... (1935, 1942,1949, MNAM), Oedipe aveugle, (1950, MNAM). Ses débuts sont plus sobres, La Partie de cartes, (1926, PPG), ou Hommes endormis, (1930, MAMVP), la plastique de ses figures renvoie à un expressionnise calme, paysan, même si les couleurs sont déjà mêlées; parfois même tout à fait dépouillé, Femme nue et fillette, (ca 1920, PPG).
À compter du début des années 50, sa technique se modifie et le trait, jusque-là peu apparent, prend fonction de grille irrégulière qui répartit la couleur dont la tonalité baisse, surtout dans les gouaches, plus gaies, plus légères, qui organisent l'éclairage en faisceaux de couleurs, baignant des sections de sujets multiples, sans concordance entre le contour de ceux-ci et celui du rayon de la couleur. Dix ans plus tard, au milieu des années 60, elle retrouve sa première manière, dense mais fondue cette fois, presque nuageuse, dans laquelle le trait est devenu accessoire. Elle peint, sans les dater, des peintures sur verre.

Expositions : 1920, Mouninou, Paris, (P) ; 1922, Sélection, Bruxelles, (P).

Rétrospective : 1976, Musée d'Art moderne de la ville, Paris ; 1996, Couvent des Cordeliers, Paris.

Musées : Musée Zadkine, Paris, et Fonds Valentine Prax, ville de Paris.