Fiche de présentation

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MAGNELLI, Alberto

né le 1er juillet 1888 à Florence, Italie ; 1907, commence à peindre en autodidacte ; 1914, premier séjour à Paris ; 1931, s'y installe définitivement ; 1939-1944, se réfugie à Grasse ; 1971, meurt l 20 avril à Meudon, Hauts-de-Seine.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Figuratif jusqu'à son contact avec Paris, il est ensuite, et pendant quarante ans, d'abord abstrait, puis non-figuratif. 1909, une série de Masques dont un seul survivrait (les autres ayant été détruits comme suite à des éloges considérés comme suspects, d'un critique d'art dont il n'apprécie pas les jugements); les couleurs franches sont généreusement étendues sur des surfaces ondulantes au gré des robes de carnaval; un baroque hérité de l'Art nouveau*, tout comme la série Femmes, (1910). Cette même année, il peint de manière sobre, dans des matières exceptionnellement sourdes, des toiles qui rappellent l'impressionnisme de Manet ou la tendresse de Vuillard*, Neige, (1910, Mus. de Vallauris), dont le ciel bleu nuit s'oppose au vert d'eau des maisons géométrisées qui se fondent dans la neige avec des figures extrêmement schématisées, datant de 1911-1912, aujourd'hui détruites.
La géométrie est en marche et, en 1913, l'influence du cubisme*croît ; d'un cubisme méditerranéen, coloré, heureux exubérant, sans désintégration d'objet, mais dans lesquels les formes voient leurs géométries accusées, où le jeu de l'ombre et de la lumière est exprimé par des variations d'intensité de la couleur, de chaque côté d'une ligne noire
La série du Théâtre Stenrello, (1914), la plus concise, la plus sommaire, rappelle les albums à colorier pour enfants aux contours largement découpés, à l'inspiration naïve*  dont les à-plats seront remplis sans dégradés, d'une couche vive et franche. La Femme au bouquet, (1914, Mus. de Vallauris) ou La Femme au tablier violet, (1914, ibid), ou l'Homme à la charrette (1914, MNAM). L'année 1915 ouvre - et jusqu'en 1921 -, un entracte prémonitoire du style abstrait qu'il adoptera, pour ne plus l'abandonner, en 1934. Les constructions sont vives, soutenues, marquées comme une signature, de l'ovale en forme d'amande, Peinture n° 0521, (1915, musée de Vallauris), Peinture n° 0531, (1915, GAMR),  Les à-plats des géométries losangées sont légèrement dégradés. En 1916 et 1917, retour à un cubisme moins figuratif que l'antérieur, mais qui garde la règle de ne pas atomiser l'objet, de conserver la géométrisation des formes et d'abandonner des détails figuratifs comme les éléments du visage, Deux femmes debout, (1917, MBANa), verticalité et éventail.
De1918 à 1923, il peint des " explosions lyriques ", gerbes de couleurs sur le blanc de la toile qui joignent à la joie du coloris l'exubérance du geste sous lequel on devine, déployé, le corps de la femme des années folles, Explosion Lyrique n° 5, (1918, Mus. de Vallauris), Le Jockey, (1918, MNAM). On n'est pas très éloigné du Kandinsky* de 1911. La Jarre orange, (1919, GAMR) revient aux années 1913-1914 en découpant de grandes surfaces figuratives. En 1928-1929, des voiliers devant des maisons aux fenêtres aveugles, atmosphère " métaphysique " de Carrà* ou de Sironi*, Voiliers à l'Isola, (1928, Mus. de Vallauris). Les racines et les branches d'olivier l'inspirent. En 1931, c'est la rencontre avec l'abstraction des Pierres, constructions dolméniques, paraissant traitées comme des frottages d'Ernst*, dans des marrons, bruns, beiges, noirs, ombrés de clair, bordés de blanc cassé, le support recouvert d'une trame en fibre, Pierres n° 186, (1933, MAMC), Pierres n° 225 G, (1933, Mus. de Vallauris), Pierres (1934, MNAM). Ce thème donne lieu à une série de dessins à l'encre bleue, fragments de rocs ombrés.
En 1934, la non-figuration* est définitive. Souvent à deux dimensions, elle recourt aussi à des traits de couleurs différentes bordant les à-plats irréguliers pour leur donner un relief ; la profondeur est assurée par un pliage des formes sur elles-mêmes ; la monochromie sera progressivement abandonnée pour le dégradé, le jaspé, le moucheté, le rayé. La palette est étouffée, souvent limitée au beige, marron, gris et noir, Relations secrètes, (1938), sortes de clés aux anneeaux déformés, dégressives de as en haut.
Au trait souple tracé d'un seul jet dans des orbes ovoïdaux, succède la géométrie multiforme obtenue par le croisement de la droite et de la courbe ;  il affectionne les formes dentelées, en crémaillère, mordantes, bordées de blanc ou de noir, Voyage lumineux, (1950, MRBABx), Images, (1950, MAMAC, Nice), de couleurs lumineuses, ou Panneau mural, (1969). La complexification de la forme va de pair avec l'assombrissement de la palette qui en restant fidèle aux terres de Sienne préfère les nuances ocre aux roses de naguère. Il peut aller du plus simple, Complice, (1938), au plus complexe, Volontaire n° 3, (1962), en passant par Image d'un désir (950, MPA) ou Équilibre, (1958, MNAM).
De 1936 à 1949, il pratique le collage, cartons ondulés, ficelles, jute et aussi, en 1941-1943, des formes de galets découpées dans des magazines, en évitant de conserver des fragments de représentations originelles, qu'il colle sur des portées musicales. A la gouache, Composition au carré jaune, (1941), centré et entouré de bandes en équerres qui donnent la perspective.
Il est aussi installationniste, L'Injustice, (1960), croisant des traverses de chemin de faire en grill et y logeant des pierres diverses

Expositions : 1905,  Biennale de Venise ; 1933, Bellini, Florence, (P) ; 1934, Pierre Loeb, Paris, (P) ; 2012,1917,Pompidou-Metz, (G).

Rétrospective : 1950, Biennale de Venise ; 1963, Kunsthaus, Zurich ; Palazzo Strozzi, Florence ; 1968, Musée national d'art moderne, Paris ; 1989, Chapelle de la Sorbonne, Paris.

Musées : Musée national d'art moderne, Paris, 51 oeuvres ; Musée municipal de Vallauris (Alpes-Maritimes), 27 oeuvres et de nombreuses estampes.

Bibliographie(s) : Anne Maisonnier, Catalogue raisonné de l'oeuvre peint, XXe siècle, 1975, Paris.