Fiche de présentation

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ARP, Jean ou Hans

né le 16 septembre 1887 à Strasbourg, Bas-Rhin, France (alors terre allemande), de père allemand et de mère alsacienne ; 1900, Arts et Métiers de Strasbourg ; 1904, Beaux-Arts, Weimar ; 1908, académie Julian, Paris ; 1912, collabore au Blaue Reiter*; 1913, secrétaire de R. M. Rilke, lui-même secrétaire de Rodin ; 1915, part pour Zurich ; 1917, participe à la première exposition Dada*; 1922, épouse Sophie Taeuber* avec laquelle il conçoit quelques oeuvres ; 1925, participe au mouvement surréaliste*; 1926, naturalisé français, se fixe à Meudon ; 1929, crée Cercle et Carré* avec Seuphor* et Torres-Garcia*; 1932, participe à Abstraction-Création*; 1936, n'écrit plus qu'en français ; 1939, change son prénom de Hans en celui de Jean ; 1940-1947, se réfugie à Nerac puis à Grasse ; 1943, décès par asphyxie de Sophie Taeuber ; 1954, Grand prix de sculpture de la Biennale de Venise ; 1959, épouse Marguerite Hagenbach, avec qui il vivait depuis 14 ans ; 1966, meurt le 7 juin à Bâle ; enterré au cimetière de Locarno dans une tombe spécialement dessinée pour lui et ses deux femmes.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre - Sculpteur

Présentation : Sa première peinture date de 1903, Nature morte, (KBâ). Puis vient le Blaue Reiter* de 1906 à 1913, suivi de compositions aux géométries variées, les triangles en contreplaqué, 'Crucifixion', (1914) de tendance constuctiviste*; ajustés, ils sont parfois ourlés de formes ondulées, en lisière, 'Le Crucifié', (1914, MAMS). Composition en diagonale, (1915, MAMS), est fait de broderies, La Mise au tombeau des oiseaux et des papillons, (1916-1917), relief en forme de cœur entassant des formes, avant d'être néoplasticien*, sous l'influence de Sophie Taeuber, 'Composition', (1918), reprise en 1949-1950, (FPG).
En 1913, il commence des collages - non pas incorporés à la toile, comme le font Braque* et Picasso*, mais coupés mécaniquement pour éviter toute intervention de la sensibilité, 'Construction à plans en courbes', (1915, Kbâ) ou 'Sans titre', (1915, MNAM) et 'Papiers coupés au massicot', (1918, fond. Arp, Clamart, ou FAC). Il refuse, comme Sophie Taeuber, l'usage de l'huile qui renvoie trop à a peinture de chevalet. 1915, il crée des 'Corpuscules', objets familiers en bois tourné que l'on peut attacher à une ficelle et traîner comme un petit chien; il adopte aussi les biomorphes qui le caractérisent et qui deviennent l'objet de sa recherche, 'Fleur-marteau', (1916, HGM); la forme en orteil, que reprendra Miró* en 1922 et Tanguy* vers 1927; les infusoires ou les paramécies qui se prêtent si bien aux découpages de bois, pièce de puzzle peinte sur plateau de bois peint; sept estampes,silhouettes noires sur fond beige, résume ses anticipations, 'Arpaden', (1923). Il donne des dessins automatiques*, dont on à peine à croire qu'ils le soient, 'Dessin pré-dada', (1915, KZ) et Composition dada, (1919, MOMA), noirs sur papier bis. Ca. 1930, il use de papiers déchirés en trompe l'œil au point que l'on croit voir de l'huile.
En 1915, il commence ses sculptures proprement dites, Torse-nombril, (1915, FAC), Fleur-marteau, (1916, HGM), sur lequel apparaissent les couleurs franches, rouge et noir et Forme d'oiseau, (1922), encore de bois naturel. Il plaque sur planche des bois trouvés Trousse du naufragé, (1920, MAMS). Il a l'art de la goutte d'eau qui s'étale sur une surface plane, ondule et frémit. Il décore le couloir d'entrée de "l'Aubette*", à Strasbourg, (1926-1928) dont Taeuber conçoit le salon de thé et Van Doesburg* le ciné-dancing.
De 1916 à 1918, il réalise quelques œuvres avec Sophie Taeuber, des damiers et des sculptures en bois tourné, calice ou coupe. Composition statique, (1915), comme i-Bild, (ca.1920, KZ) anticipe couleurs mises à part, les neo-plasticiens*. Un plâtre, Coquille formée par une main humaine, (1935, MNAM), étrangeté de la forme équilibrée.
De 1941 à 1944, il invente le papier froissé et c'est là la brève période de peinture informelle au doigt ou au pinceau, Sans titre, (1942, FNAC) et La Fin d'une phrase, (1965, MAMS). Beaucoup de sculptures en plâtre, lissé à s'y méprendre, datent des années 1930 et 1940, Ombre chinoise, (1938, Cà Rusca, Locarno) ou Pain de serpent', (1942, ibid.). Il confie peu au bronze ou à la transposition en marbre. Progressivement, le sculpteur atteint des formes encore plus gratuites, Pierre païenne, (1942, ibid.) vire franchement géométriques, Colonne éléments interchangeables, (1943), qui entassent cubes et vasques.
En 1944, il ralentit sa production, frappé par la mort de sa femme. Il s'essaie néanmoins à quelques aquarelles d'une technique nouvelle, voire à des huiles, Sans titre, (ca. 1926, BEL), deux cercle reliés par des baudruches gonflées; mais ne reprend la sculpture qu'en 1947. Sans que cela l'empêche de revenir à ses biomorphes, Idole des lapins, (1965, Cà Rusca) ou à une réalité claire mais contrariée par découpage en sections légèrement décalées, 'Amphore des étoiles, (1965, iid.) ou Colonne de muse, (1958-1965, FAC).
De 1963 à 1966, il y a de simples découpages de papiers dominotés, en poupée russe ou en amphore, rehaussés de dessin, Poupées et Amphores, (1963, Cà Rusca) ou Comment naissent les formes de Jean Arp, (1966, ibid). Ses reliefs, eux, sont toujours biomorphes; ils vont du simple carton découpé, 'Tête', (1957, ibid), à des pièces de bois d'une épaisseur de plusieurs centimètres, Rencontre, (1963, ibid); parfois, blancs sur blancs avec la tranche jaune pâle se reflétant dans la non-couleur, Multitudes de formes blanches sur fond blanc, (1959, ibid.). La chromatique se tasse, avec des reliefs moyens découpés et peints, sur latex, Nadir II, (1960, ibid). Il crée aussi le vide, en omettant une partie de la forme, simplement peinte, sur contreplaqué et en laissant le mur la remplacer, Ramure, (1959, ibid).

Expositions : 1915, Tanner, Zurich; 1928, L'Époque, Bruxelles; 1929, Goemans, Paris; 1959, 1965, Denie René, Paris (P).

Rétrospective : 1958, Musée d'Art moderne, New York ; 1962, Bâle, Stockholm, Copenhague, Londres ; 1966, Kunstverein, Hambourg, Württembergisches Kunstverein, Stuttgart ; 1986, Württembergisches Kunstverein, Stuttgart, musée d'Art moderne, Strasbourg, musée d'Art moderne de la ville, Paris ; 1987, Minneapolis Institute of Art, Museum of Fine Arts, Boston, San Francisco Museum of Modern Art ; 2004, palais des Beaux-arts, Bruxelles.

Musées : Fondation Arp et Taeuber, Clamart, Hauts-de-Seine ; Fondation Marguerite Arp-Haenbach, Cà Rusca, Locarno, Tessin, Suisse, héritière de toutes les oeuvres non léguées aux deux autres fondations ; Stiftung Arp und Taeuber, Rolandseck, Bonn, Allemagne, à l'initiative de Johannes Wasmuth, auquel la seconde femme d'Arp a cédé plâtres, dessins figurant à Clamart et leurs droits de reproduction, Rmagen, Palatinat; Les trois fondations sont en perpétuel litige concernant la propriété des œuvres. Des œuvres ayant été exportées illégalement, en 1988 et en 1996, ce projet est remis en question; les œuvres, 142 plâtres et 32 reliefs, aboutissent au musée national d'art moderne, Paris.

Lieux publics : Gare des chemins de fer fédéraux, Bonn.

Citation(s) : Il a dit :
- Que représente cet arbre ou ce nuage? (à quelqu'un qui lui demande : "Qu'est-ce que cela représente?" )
- Servez vous une fois seulement d'un chemin et ensuite faites en cadeau.
On a dit :
- Moi aussi j'aurais pu faire des choses comme lui. Il suffit de travailler en aveugle. (Balthus).
- This is Arp, not Art.   (Frederick Kiesler)