Fiche de présentation

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KAPOOR, Anish

né en 1954 à Bombay, Inde ; 1973, grandit à Londres ; 1973-1977, Hornsey College, Londres ; 1977-1978, Chelsea School of Art, Londres ; 1991, Turner Prize*  et membre de la Royal Academy ; 2005, nommé administrateur de la Tate ; 2011, Praemium Imperiale* ; vit à Londres.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Installationniste - Sculpteur

Présentation : Des formes grandes.
Il crée des formes pour leur harmonie, en scrutant souvent l'intérieur des choses, leur féminité. Il les dispose sur le sol entourées de poudre d'or pour reconstituer l'atmosphère indienne. 1 000 Names, (1981, Sofidu), mêlant sable et pigments. Il creuse un bloc de grès, Void Field (1989), ou de granit, d'une fente large en amande, Sans titre (1990-1992), remplie de pigments noirs, ou modèle de même une pièce d'aluminium et la dispose dans l'épaisseur d'un mur, Sans titre (1995), avec la possibilité d'y enfoncer la tête, rendant le rapprochement avec le vagin inévitable. Des ouvrages creux, cloche hindoue, œuf, fragment de roche creusé-sculpté renouvellent, avec la collaboration d'un compositeur, les boîtes à musique du XVIIIe. Un reflet, imperceptible, se produit par le déplacement du spectateur devant un miroir de fibre de verre et de pigments bleu roi, My Body, Our Body, (1993, Prada, Milan).
De même facture sont ses multiples monochromes aux variations d'intensité. Ses paraboles blanches ou teintées, de 3 m de diamètre, à la paroi légèrement concave et ondulée, renvoient de loin le spectateur inversé, et de près, grandeur nature dans un flou qui fait papilloter les yeux, Her Blood, (1998).  Yellow, (1999, Royal Academy, Londres), monochrome jeaune-blé, concave au plus profond d'un anneau d'un ton plus bas.  Academy Swayambh, (2007, Munich puis Nantes), train de cire rouge, avançant imperceptiblement sur une tapis rouge de cire, franchissant des portes et dont, chaque fois la perception change.  La Joconde hybride de Marcel Duchamp*, Es-tu Duchamp ? (2009),
De la démesure.
Du grand, il passe à l'énorme, toujours pour y confronter l'individu. Il maîtrise  l'espace en en modifiant l'approche, Marsyas, (2002), heurte le visiteur du hall des turbines de la Tate, avec une immense corne d'abondance aux deux issues, faite de polystyrène, amarrée à trois cercles, deux verticaux aux extrémités et un horizontal au centre. Il renvoie le ciel sur terre par le truchement d'un bulle d'acier poli comme un miroir, Sky Mirror, (2005) ou Cloud Gate, (2005) ; non seulement le ciel mais les bâtiments environnants déformés soit de manière sphérique, soit en panoramique ; le côté concave de la pièce semble plat et rend les images dans leur réalité. Un Obus, (2008, Guggenheim, Berlin), 24 tonnes d'acier corten, 14,5 m. de long sur 9 m. de large, et 35 m. de haut, coupant le souffle quand on y pénètre. Leviathan, (2011, Grand Palais Paris), il emplit l'espace immense par un quadripode de textile biomorphe, de 10,701 kg gonflé,  peau noire jouant les miroirs et intérieur pourpre aux alvéoles féminines par retroussis. Pour les jeux olympiques de Londres, il érige une tour de 114,5 m. en métal rouge, (2012, ACC), et celle de Tatline* vient à l'esprit.
De la réalisation.
"Il fait" ou, plus exactement, il fait faire, car : "Je ne me sens pas concerné par les questions de fabrication", dit-il. C'est le lot de ses vingt-cinq assistants, travaillant sur croquis et plans du créateur, voire des cinquante pour Leviathan.

Expositions : 1982, Biennale de Venise et Lisson, Londres, (P) ; 1996, Lucien Durand, Paris, (P).

R├ętrospective : 2009, Royal Academy, Londres.

Lieux publics : 2005, Cloud Gate, Chicago. 2007, mémorial des 67 britanniques tués dans l'attentat du 11 septembre 2001, Hannover Square, Manhattan.