Fiche de présentation

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BRANCUSI, Constantin

né le 19 février 1876 à Pestisani, Olténie, Roumanie ; 1889-1893, garçon de café à Craiova  ; 1894-1898, Arts et Métiers de Craiova ; 1898-1902, Beaux-Arts de Bucarest ; 1904, gagne Paris à pied ; y fait la plonge ; 1905-1907, Beaux-Arts de Paris ; 1907, mars-avril, travaille comme praticien chez Rodin ; 1921, commence à photographier lui-même ses œuvres  sur les conseils de Man Ray*; 1952, naturalisé français ; 1956, lègue son atelier et ce qu'il contient à l'État français ; 1957, meurt le 15 mars à Paris ; enterré au cimetière de Montparnasse.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Sculpteur

Présentation : Quelques mois chez Rodin confirment un style au modelé vigoureux, qui coexiste avec des bronzes encore symbolistes. Mais la même année 1907, s'émancipant, il se donne à l'influence des arts " primitifs ", polynésien, africain asiatique, Le Baiser, (1907), couple ramené à un agencement de rectangles. Il sculpte dès lors, en taille directe, la pierre, le marbre, le bois et, en 1908, réalise ses premiers socles, qui sont à eux seuls des sculptures.
En 1910, il crée la première Muse endormie, bronze poli, qu'il recommande de nettoyer avec des gants, fréquemment. Avec Maiastraia, (1912, Tate), Mademoiselle Pogany, peintre hongroise (une dizaine de verions, 1913, MoMA, et 1933, MNAM) et L'Oiseau, (1919, AIC, 1941, MNAM), on dispose de l'essence de son art : là où les cubistes* montrent la simultanéité des faces, lui les supprime au profit de leur rondeur d'otarie.
Portrait of Princess Bonaparte  :
Cette forme de pénis est montrée sous ce titre à La Society of Independent Artists à New York, en 1917. Elle suscite quelques remous et son titre devient Princess X. lorsque la sculpture est exposée au Salon des Indépendants, de Paris en 1920. Le Préfet de police en exige le retrait ; 70 intellectuels protestent et Brancusi brandit une photo de Femme se regardant dans un miroir, (1909), pour démontrer comment il part du complexe pour aboutir à l'épuré. 
Il résume la structure interne du sujet et tend sur elle une peau de matière qui devient miroir, au point que des douanes veulent leur attribuer le statut d'objet manufacturé. L'objet devient ovoïde, parfaitement lisse, troublé d'un trait de sourcil s'achevant en nez, endormi dans l'éternité de la sérénité.
À l'opposé, la taille rude, " africaniste ", des bois mêle rondeurs et angles, Le Premier Pas, (1914), ou ne joue que de la répétition de celles-ci, La Colonne sans fin, (1918, MoMA, New York, 1938, Yirgu Jiu), et les socles qui sont en eux-mêmes des sculptures, parfois dissociés dans des musées différents. Ici, pour des objets familiers, il retrouve la pureté originelle de leur essence.   Portrait de femme (ca 1912, 1923) révèlent que le sculpteur est parfois peintre et que le peintre est avant tout sculpteur : la figure est réduite à trois zone d'ovale, coiffure, tête et buste, passant du marron au brique avec le blanc cassé du visage. Comme un Modigliani* sans maniérisme, comme un Matisse* limité au contour.
Le Photographe :
A compter de 1916, il décide d'être le seul photographe de ses oeuvres. Il les approche  dans toutes les possibilités, éclairées ou dans la pénombre, à distance ou de près et, ainsi, permettent des vues renouvelées. Certaines images sont des photogrammes de pellicules ; d'autres floues, sur ou sous exposées, d'autres encore ne prennent que l'ombre portée ; peu importe. Il est est aussi cinéaste, notamment lors de son voyage en Roumanie (1937-1938), pour installer la Colonne sans fin; il enregistre derrière la fenêtre du train et les fils électriques devant les courbes des collines fournissent le vocabulaire de l'Art nouveau*.
Le procès de L'Oiseau :
en 1927, le photographe Edward Steichen, qui vit à New York, achète à Brancusi L'Oiseau pour 600 dollars. La sculpture est taxée 240 dollars à son arrivée aux États-Unis, comme n'étant pas un objet d'art mais une fraude de métal. S'ensuit un procès qui s'ouvre le 21 octobre et qui, en 1928, après des affrontements entre experts, autorise,  l'entrée en franchise au motif que l'objet "en dépit d'une certaine difficulté à pouvoir l'assimiler à un oiseau, n'en demeurerait pas moins agréable à regarder".
En 2012, nouveau procès ; un acquéreur d'un Baiser, considéré comme faux par l'expert Friedrich-Teja Bach, de l'Université de Vienne, docteur  pour sa thèse sur Brancusi l'assigne ainsi que l'expert de Christie's, exigeant contre leur avis un certificat d'authenticité. Il est débouté

Expositions : 1898, Parcul Bibescu, Craiova, (G) ; 1906, Société nationale des Beaux-Arts, Paris, (G) ; 1913, Armory Show, New York, (G) ; 1914, Little Galleries of Photo Secession Gallery, New York (P) ; 1962, Musée national d'art moderne, Paris, (P) ; 2011, Fondation Beyeler, Bâle et Centre Pompidou, Paris, (P).

Rétrospective : - 1969, Philadelphie, New York et Chicago ; 1995, Musée national d'art moderne, Paris.

Musées : 1962, Reconstitution de son atelier, Beaubourg, Paris.

Lieux publics : 1911, Le Baiser, tombe de Tanioucha achewskaia, cimetière de Montparnasse ;
1937, monument aux morts, Tirgu Jiu, Roumanie, composé d'une colonne sans fin, par emboitement du même motif de fonte sur 29,33 m. de haut accompagné d'un portique et d'une table ronde avec douze tabourets. En 2001, les repreneurs de l'usine ou fut fabriqué la colonne, en font exécuter une copie...

Citation(s) : Il a dit :
- Pourquoi écrire sur mes sculptures ? Pourquoi ne pas simplement en faire voir des photos ?
- La simplicité n'est pas un but en soi dans l'art, mais on arrive à la simplicité malgré soiu en s'approchant du sens réel des choses.
- Les choses ne sont pas difficiles à faire ; ce qui est difficile c'est de nous mettre en état de les faire.
On a dit :
 -A l'époque où je vivais à Paris, je n'avais encore fait aucune scumlpture, mais pendant un mpis, je suis allé presque tous les jours à l'atelier de Brancusi pour y dessiner. Je con,sidère son oeuvre comme un catalogue de possibilités artistiques,   (Richard Serra).

Archives : Centre Pompidou, Paris.