Fiche de présentation

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TAEUBER, Sophie

née le 19 janvier 1889 à Davos-Platz, Grisons, Suisse; 1907, Arts et Métiers, Saint-Gall; 1909-1910, et 1913-1914, atelier d'apprentissage et d'essai pour les arts appliqués, Munich; 1912-1913, Arts appliqués, Hambourg; 1915, rencontre Hans Arp*; 1916-1929, enseigne aux Arts appliqués de Zurich; liens avec Dada*; 1922, épouse Arp; 1926, naturalisée française; 1928, construit sa maison à Clamart; 1930, membre de Cercle et Carré*; 1931, membre d'Abstraction-Création*; 1940, se réfugie à Grasse; 1943, meurt asphyxiée le 12 janvier à Zurich; est enterrée à Locarno avec Arp et sa seconde femme.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Plasticien

Présentation : Architecture, décoration (mosaïques, vitraux), arts appliqués (marionnettes, tissus, costumes de théâtre) danse...; dans cette activité multiforme, concentrée e vingt-sept ans, il est forcé que l'oeuvre purement plastique se trouve diluée; on reconnaît sa qualité, on a tendance à oublier son antériorité : en effet, de 1915 à 1927, elle peint à la gouache (refusant, comme Arp le fera, l'usage de l'huile qui renvoie trop au tableau de chevalet) des oeuvres pionnières, soit non-figuratives*, soit abstraites. La non-figuration semble héritière du Bauhaus* ou du constructivisme*. Or nous sommes en 1915-1916, en Suisse, et le Bauhaus allemand date de 1919, le constructivime russe, de 1920. Les quadrillages de Klee* auxquels on songe apparaîtront dans les années 1920 de même que ses paysages abstraits. Taeuber signe Sans titre, (1916, KBe), avant Arp et un an avant Mondrian*. Ce qu'elle appelle ses Taches quadrangulaires dispersées, (1920, KBe) est peut-être postérieur à des oeuvres d'inspiration légèrement semblable d'Arp. Ici, les carrés ne sont plus statiques, peints de bord à bord, mais flottants sur un plan légèrement incliné. Le triptyque Abstractin, (1918, KZ) est un rangement de rectangles avec, dans chaque panneau, deux oppositions de triangles équilatéraux, opposés pointe sur pointe, un grand sur un petit. Composition verticale-horizontale à éléments d'objets, (1919) reprend à la facture des icônes un fond doré pour carrés. Quant à l'abstraction*, elle l'indique dans ses titres : Le Bateau, (1918, MNAM) suggère par des simplifications géométriques, des stylisations poussées, comme des personnages, ancêtres de ceux de Penck* seront faits de bâtons et d'une croix pour la tête, comme les paysages seront construits autour d'une courbe pour Sienne, (1921), d'un triangle pour Montmartre (1926). Sa sculpture est dada*, Portrait de Jean Arp, (1918), oeuf sur tige rappelant les têtes aveugles des modistes, décoré, terrifiant dans sa symétrie de cercles, de demi-cercles et de bande verticale, Tête dada, (1920, MNAM).En 1928, c'est la création intérieure de l'Aubette à Strasbourg avec Arp et Van Doesbug*. Seul le travail de ce dernier a été sauvé. Par les documents, on s'aperçoit que Taeuber s'est moulée dans les règles du néoplasticisme*. À compter de là, l'oeuvre non-figurative* suit d'abord une voie "classique" avec prédominance du rond. Les cercles ont disposés en masses, alternés ou non avec des géométries, placés sur fond uni, Cercles mouvementés, (1933, KBâ), dans l'esprit du néo-plasticisme*, Composition à rectangles, carrés et pavés de cercle (1939, KBe), en 1932, des triangles opposés ou d'autres géométries reliées par des traits font songer à des mobiles de Calder*. Les formes courbes, sui generis - elle les appelle le boulisme - des ondulations en dos de chameau, en répétition verticale, Échelonnement, (1934, PSG), des reliefs en cercle (1938) sont proches de ceux d'Arp, à ceci près qu'elle n'en appelle pas aux biomorphes; l'usage du cercle en brisures répétées (1940) rappelle les recherches des Delaunay*. Sa dernière période, de 1939 à 1943, sera "baroque", fuite de volutes mêlées ou non à des traits géométriques. Les formes en pièces de puzzle pleines se marient avec ses mêmes formes vides, superposées pour donner de la profondeur. De même, le mariage des triangles inversés avec dessins géométriques superposé. Le simple mouvement de lignes superposées, enchevêtrées, en noeuds tournoyants, clôture cette oeuvre sans que la spontanéité ou la gestualité n'intervienne, puisque tout était composé au perroquet.

Expositions : 1937, Delcourt, Paris.

Rétrospective : 1964, musée national d'art modrne, Paris; Kunstmuseum, Saint-Gall.

Musées : Fondation Arp-Taeuber, Clamart (Hauts-de-Seine); Fondation Arp-Taeuber, Rolandseck, RFA; Fondation Marguerite Arp-Hagenbach, Locarno, Tessin, Suisse.