Fiche de présentation

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ORLAN

née en 1947 à Saint-Étienne, Loire, France ; Beaux-arts de Saint-Étienne ; 1964, première performance*; animatrice socio-culturelle ; 1977, perd son poste suite au Baiser de l'Artiste ; 1984, enseigne aux Beaux-Arts de Dijon ; 1999, enseigne aux Beaux-Arts de Paris-Cergy ; s'installe aux États-Unis.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Plasticien

Présentation : Elle débute par un peu de peinture et des actions* qu'elle fait photographier, MsuRages, (1964), rampant habillée dans les rues de Saint-Étienne, et de Liège, (1974), ou également marche au ralenti, Or-lent, (1965). Son corps, dénudé cette fois, devient le matériau de son œuvre. Pour des photographies d'abord, petits formats dans lesquels elle se met en scène, Orlan accouche d'elle m'aime, (1964), plongée en noir et blanc. Elle s'entoure de mannequins, masques et linges, Corps sculpture avec masque, (1965). Elle brode le contour des taches de sperme lassées sur ses draps par ses amants. Elle pose en Grande Odalisque d'Ingres, (1968) et en Origine de la Guerre, (1989), parodiant Courbet avec un pénis postiche en érection. Elle mêle érotisme et sadisme en une longue série baroque, (1983, 1990) et Vierges blanches, (1985), elle y parodie l'assomption ou la transverbération de Thérèse d'Avila ; c'est la réincarnation de sainte Orlan et jusqu'en 1990. Elle s'intéresse exclusivement au corps et singulièrement à son propre corps, déambule dans les rues revêtue d'une robe sur laquelle est imprimé son corps nu, (1976). Elle vend des photos de ses membres désarticulés. Installationniste*, avec Baiser de l'artiste, (1977) ; lors d'un Salon parisien, elle invite à mettre 5,00 F, dans l'image de son pubis pour recevoir un baiser. On passe à la photo couleur. En 1979, elle demande que son avortement pour grossesse extra-utérine soit filmé. Elle entre ainsi directement dans le champ de l'art corporel qu'elle reprend de 1990 à 1993 par neuf opérations de chirurgie esthétique, en se faisant placer des implants de silicone dans le front. Puis viennent, de 1998 à 2004, les Self-Hybridation, (1998), transformant son visage avec des postiches, numérisant les photos et les passant à une brutale palette graphique d'infographie*. Elle crée des triptyques au centre desquels elle prend la pose et dont les panneaux latéraux montrent des parties de son corps dénudées en très gros plans, -des seins flétris- ou soumises des tourments sanglants,- seringue dans les lèvres de la bouche. Elle veut faire l'inventaire de l'esthétique féminine à travers le monde, du strabisme apprécié par les précolombiens, aux déformations du crâne chez les Chinois ou aux femmes-girafes de l'Afrique centrale. Elle superpose, en noir et blanc, des visages hybridés, masques tricéphale du Nigeria et visages mutant euro-français, (2000-2003). L'art corporel, elle le répudie ; elle l'estime limité au sado-maso-scato, mais se déclare la prophétesse, à ses dépens, de la biotechnologie. L'âge venant, promenant sa chevelure mi-blanche, mi-brune hérissée par le gel, ses lèvres incarnat et de grosses lunettes noires, elle se fait photographier en buste sur fond uni, maquillée en indienne, American Indian self Hybridation, (2005, 2007) ou se limite à une mise en scène de son visage confondu dans un feu d'artifice, en une triple video*, Cependant... oui mais et coup de donc, (2003).

Expositions : 1971, Festival d'Avignon ; 1977, Fiac, Grand Palais, Paris ;1993, Penine Hart, New York, (P) ; 1998, Yvonamor Palix, Paris, (P) et Donguy, Paris, (P) ; Musée d'art contemporain, Mexico, (P) ; 2003, Michel Rein, Paris, (P).

R├ętrospective : 2002, Université de Salamanque ; Musée Artium, Viotoria ; 2003, Frac des Pays de la Loire ; 2004, Centre national de la photographie, Paris ; 2007, musée d'Art moderne, Saint-Étienne.