Fiche de présentation

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KUSAMA, Yayoi

née en 1929 à Nagano, Japon ; .1939, est l'objet d'hallucinations douloureuses, symptômes de troubles psychologiques graves ; Arts appliqués, Kyoto ; 1957, arrive à Seattle ; 1958-1975, vit à New York ; 1967-1973, délaisse la peinture au profit d'actions* et de collages*; 1968, cinéaste ; ca. 1969, rejoint le groupe Zero*; 1973, rentre à Tokyo et détruit 2000 oeuvres ; romancière ; 1976, tente de se suicider ; 1977, est hospitalisée  dans un asile psychiatrique ; y vit et travaille à proximité avec des assistants.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Plasticienne

Présentation : À 10 ans, elle est hantée par la vue d'un petit pois sur une nappe de la table familiale au point d'en rester hallucinée. Tout, dès lors, devient arrondi., mais ce serait réducteur de la limiter à un "dame aux petit pois".
Première période japonaise.
Rêve persistant, (1949) ou Earth of Accumulation, (1950, Musée d'art moderne, Tokyo) sont matièristes. Accumulation de cadavres, (1955, ibid.), une spirale débouche sur trou de lumière, tandis que Récif de corail, (1954), se souvient de Kandinsky* et que dès 1953, elle affiche des disques à l' aquarelle et gouache sur fond noir, (musée de Tokyo).
Période américaine.
Elle arrive à New York via Seattle et a vu Tobey*. Elle commence une série d'Infinity Nets, résilles blanches en All Over, sur une première couche sombre qui altère la pureté, le gris du grillage et un blanc trouble pour les taches qu'il entoure. N°A.B. (1959, Musée municipal, Tokyo).  L'uniformité ds motifs est modulée par l'intensité du chromatisme de sorte que des vagues sont indiquées, Pacific Ocean, (1960). Elle passe à la couleur, Yellow, (1960, NGW), ou The West, (1960), pourpre.
Après cette austérité, vient l'accumulation, d'étiquettes Via Air mail, ou de billets d'1 dollar, (1963)
Les draps dans lesquels elle dort sont déchirés, cousus , rembourrés, et la forme phallique apparait foisonnante, collée sur des objets de récupération les faisant disparaitre, la forme hormis, Accumulation N°1, (1962), sur un fauteuil, ou On Thousand Boats, (1963, SMA) qui lui sert pour une performance*. Le phallus surgit parfois d'une mer de coussinets et une chaussure féminine de même. My Flowers Bed, (1960, MNAM), fleur vénéneuse, s'érige en ressorts au départ d'un matelas recouverts de gants peints en rouille, qui lui sert aussi pour une action*.
Elle s'exhibe avec des comparses, nus dans New York ; on est en 1968...Antithèse de ce qu'elle recherche compulsivement la Self-Obliteration, ou l'art de faire disparaitre son corps pour ne révéler que son esprit. La pastille y aidant, apparait quand elle peint des pois sur des nus devant le palais impérial de Tokyo, ou Pumkin, ( 1991, 1994). Installation d'un espace aux mannequins féminins nus, dont l'un est pastillé, Driving Image, (1966), ou plusieurs, Repetitive Vision, (1996), répercutés à l'infini par des parois de miroirs, à l'instar de Peire*, Dots Obesssion,  (2008) ;  quand les pois deviennent ballons Blancs, HI, Hello, (2004), ou roses, pastillés de noir comme des orifices, elle les remplit parfois de ballons plus petits ; ces petits pois qui sont schématisés en cercles, symboles de la plénitude ne sont jamais interprétés comme tels, Gleaming Lights of the Soul, (2008).
Seconde période japonaise.
Elle procède à des environnements*.des ampoules de couleurs, s'éclairant alternativement et répétées sans fin par des murs de miroir, qui reculent à l'infini la vision, Kusama's Peep Show, (1966) ou Infinity Mirror Room, (Musée des Beaux-arts, Nancy) ; des ballons pastillés prennent la place des lampes, Dots Obsession, (1998, Les Abattoirs, Toulouse) ; un intérieur bourgeois criblé de pois, I'm Here but Nothing, (2000-2010).
Que ce soit à deux dimensions, Heart, (1997), coeur bourré de poupées dont on voit principalement la robe rouge à pois blancs, Potiron, (1982), et Pumpkin, (1989), dont les pastilles noires indiquent les tranches, ou Infinity Nets, (2000), long polyptyque de maillages rouge et or, ou que ce soit à trois dimensions, retour aux coussinets envahi de biomorphes blancs, ou encore Lit à baldaquin, (2003) elle est, à l'instar d'un certain Ionesco, obsédée par l'accumulation et le débordement qui s'ensuit. Par des actions*, elle déverse Narcissus Garden, (1996),  1 500 boules argentées dans les canaux de Venise ou dans Central Park ; ce peut être aussi un couloir aux miroirs convexes sur les deux parois Invisible Life, (2000) ; un salon bourgeois qui, plongé dans la lumière noire, révèle des pastilles disséminées partout, I am Here but Nothing; (2000); des loupiotes de couleur dans un cube obscur avec miroir sur cinq faces et eau sur la sixième, Fireflies on the Water, (2000, FNAC) ou  Infinity Nets, (2000), long polyptyque de maillages rouge et or, tableaux aux ondulations subtiles et Girls, (2003), graphisme noir sur fond uni, têtes de femmes et colifichets dispersés. A compter de Heaven and Earth, (1991), aux 40 boites d'où jaillissent des phallus de coton qui semblent vibrer comme des plantes-sous marines, l'oeuvre devient érotique et rejoint les tableaux de jeunesse du début des années 50; les Golden Shoes, (2000), sont remplis de ces phallus érigés dans des caissons au serpent replié en multiples noeuds ou glands, pastillé noir sur or ou sur argent. Pièce aux infinités de miroirs et lumières sur l'eau, (2002, musée des B.A de Nancy).
Sans férir, elle continue à peindre et à sculpter, Death of an Illusion, (2001), énorme fleur de tissu rembourré, ou Spring has Come, (2010), toile touffue aux multiples signes dont l'oeil récurrent, ou Infinity Nets,( (2004), ondulations discrète  de points noirs et or
Ses actions sont enregistrées en video*, de 1967 à 2000, portant principalement sur l'enfouissement dans les fleurs, rondes évidemment. De 1972 à 1977,  quelques collages qui la font fleureter avec l'art brut*, (1972-1977).

Expositions : 1986, Centre Pompidou, Paris, (G) ; 1966, 1993, Biennale de Venise ; 2000, Serpentine, Londres, (P) ; 2001, 2003, Pièce unique, Paris, (P) ; 2005, Daniel Templon, Paris, (P) ; 2012, Tate Modern, Londres, (P).

R├ętrospective : 1998, Los Angeles County Museum of Art ; Walker Art Cener, Minneapolis ; Museum of Modern Art, New York ; 1999, musée d'Art contemporain, Tokyo ; 2011, Centre Pompidou, Paris.

Citation(s) : Elle a dit :
- Ma vie est un pois perdu parmi des millions d'autres pois.