Fiche de présentation

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DEGOTTEX, Jean

né en 1918 à Sathonay, Ain, France ; autodidacte ; 1933, s'installe à Paris ; 1955, rencontre Breton, qui préface son exposition "À l'étoile scellée", et lui fait connaître le zen ; 1981, grand prix national de peintre ; 1988, meurt le 6 décembre à Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Plasticien

Présentation : Sa première toile est peinte en Tunisie, en 1940 ; il s'agit d'un paysage fauve*. En 1950, ce sont des encres influencées par Matisse*. Un peu plus tard, une abstraction* lyrique, La Trouée, saint Léonard, (1953) ; puis une chute de taches noires, cailloux, bananes, croissants sur un orbe bleu, Le Sang du cormoran, (1954).
Il rencontre le zen et, dès lors, se réclame d'un automatisme abstrait du signe, contre l'automatisme onirique des surréalistes*. Depuis 1955, son itinéraire "passe du signe à l'écriture, de l'écriture à la ligne d'écriture et de la ligne d'écriture à la ligne".
À l'inverse d'un Mathieu*, il parle clair dans son lyrisme, Pourquoi, (1956) ou Aware II, (1961, MNAM), soit qu'il s'applique sombre sur fond clair, soit que ce soit le contraire (1957), Écriture, (1963, FNAC), qui se rapproche du travail de son cadet Twombly* en 1959, Metasigne Quatre, (1961, MBATo), sur fond clair, ou Écriture, (1963, FNAC), sur fond sombre, ou Ecriture, (1967), noire, dégoulinant sur fond rouge.
Itinéraire quelque peu simplifié, puisque Rose I-XII, (1960-1961), ce sont bien des signes de la rose, en douze panneaux noir et rouge, que Aware II, (1961) et Furyu, (1961) sont des signes aussi, orientalisants, jetés lyriquement et parcimonieusement sur la toile, souvent en chute ou en anfractuosité, Mélange IV, (MBATo).
On voit encore la trace des écritures dans les Métasphères, (1960). Il n'y a que deux coups de pinceau verticaux dans l'Espace dérobé, (1955, MNAM), verticale impérieuse sur toile blanche, loin de la précision de Newman*.
Il dit ne garder qu'un ETC., (1964) ; en fait, on en trouve un autre, ETC. V, (1967, FRAC Auvergne).
1972, année des lézardes tracées à la scie dans le contreplaqué beige, et aussi des déchirures dans le monochrome rouge coquelicot : pour souligner, rien de tel que blesser. 1973-1974, diptyque en hauteurs ou différents essais de noirs. 1976-1981, les chevrons peints, en surfaces monochromes, seront suivis d'autres monochromes, gaufrés cette fois, en variations de noirs, Débris 03, (1980, MNAM) et Débris 02, (1980, MAMVP), ou en variations de blancs chevronnés, Oblicolor,Lignes bois II, (1983), pour arriver à des ondulations graphiques horizontales, veines d'un bois imaginaire, (1985, FNAC), dont l'incision est à peine prononcée, noire sur des monochromes de teintes pâles, et aussi à des "sculptures" de bois (1986-1987) - et non des bois sculptés ; sous d'autres cieux, on appellerait cela de l'arte povera* ; ce sont des variations sur des pièces de bois, des linteaux, des chevrons, des blocs, peints avec ces moyens limités que sont le plus souvent le noir et le blanc.
Pendant trente-cinq ans, il se veut transparent à la méditation, mettre le moins d'obstacle possible entre l'immanent et le transcendant, faciliter l'union des "Upanishads" et créer le vide.
Il est l'auteur de plus de 10 000 œuvres.

Expositions : 1941, Salon des Moins de trente ans, Paris ; 1949, Denise René, Paris (G) ; 1950, galerie de Beaune, Paris (P) ; 1995, Romagny, Paris (P).

Rétrospective : - 1978, musée d'Art moderne de la ville, Paris, musées de Grenoble et de Saint-Étienne ;
- 1992, musée des Beaux-Arts, Nîmes.

Musées : musée de Brou, Bourg-en-Bresse : 12 œuvres.

Citation(s) : Il a dit :
- Mon travail consiste à révéler une énergie, à donner l'envie de faire, le besoin d'agir -on peut agir aussi mentalement, il n'y a pas que l'ordre physique, le bras, le muscle- et de contempler. Moins on dit de choses, plus on en montre. En dire le moins possible par respect de celui qui regarde.
- Je citais autrefois cette formule d'un philosophe zen qui est à peu près cele-ci : "Quelle surnaturelle merveille,jeporte du bois, je tire de l'eau. Eh bien je suis devenu un artisan". Par la pratique, la mise en ouvre, la révélation du banal, je poursuis cette quête du fond des choses.