Fiche de présentation

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CORNELL, Joseph

né le 24 décembre 1903 à Nyck, État de New York, États-Unis ; 1917-1921, académie Philips, Andover ; 1921-1931, vendeur de textiles, établi à Flushing, Long Island ; 1931, découvre les collages de Max Ernst* et commence les siens ; vit de dessin industriel de textiles et de la publicité ; 1933, collabore avec Duchamp* ; 1972, meurt le 29 décembre à Flushing. ; il fait vivre le nom de Robert, handicapé mental, dans une Fondation à leur deux noms.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Sculpteur

Présentation : Sculpteur? certainement pas, malgré ses objets à trois dimensions. Peintre? guère plus, puisqu'il n'use que de la colle. Il est le créateur de jeux d'enfants irrationnels, le conservateur des restes de beauté qu'il a pu glaner. C'est le contraire de Duchamp*, puisque l'objet n'est jamais ready-made*, mais surgit de son imagination rassembleuse. C'est le contraire de Schwitters* aussi, puisque ce qu'il collectionne, ce sont des morceaux de rêve.
Ce n'est as un surréaliste*, même s'il a connu le groupe et si le choc initial a été provoqué par Ernst, puisqu'il livre une vision sereine des choses. Il commence en 1932, par des collages noir et blanc, austères assemblages de gravures du XIXe, The Crystal Cage, 1943-1960.ou colorées, Tilly Losch, (1935)Très rapidement, il rassemble des objets futiles qu'il modifie pour les rendre insolites; puis, approfondissant l'encadrement traditionnel, il en fait de véritables boîtes dans lesquelles il loge ses précieuses trouvailles. De 1946 à 1955, son sujet favori d'inspiration sot les oiseaux, et singulièrement les perroquets, collés sur bois, détourés et circonscrits par toute une panoplie de petites choses ou de végétation desséchée, Sans titre-Owl Box, (1945-1946, MNAM). Les accumulations d'objets semblables retiennent son attention, avant Arman*; il est vrai qu'il les présente au naturel, Roses des vents, (1942-1953, MoMA, New York) ou Museum, (1945-1947, DMCH). De 1944 à 1948, des décors de théâtre de marionnettes apparaissent sous forme de châteaux, Sans titre, Rose Castle, (1945, WM). Il tâte même d'objets qui, sous une autre signature, seraient de véritables sculptures non-figuratives*, Sans titre, Multiples cubes, (1946-1948) ou Dovecote, American Gothic, (1954-1956).
Les collages proprement dits, en couleurs, cette fois, sont repris en 1940. Toutes ses oeuvres, cartes-postales, pièces de monnaie, timbres poste, petites annonces d'avant 1914, collages et boîtes, sont minutieuses et menues ; il y a en elles des accents proustiens, la recherche d'un temps perdu et des instants de bonheur qui ont pu être retenus. Vers 1960, il s'épure et tend à un certain minimalisme*.
Il est étrange de voir comment toute cette oeuvre contient de références culturelles à l'Europe en général, à la France en particulier et à la Belgique ; lui qui n'a jamais quitté New York est fasciné par l'Ancien Monde ;  il possède, pour alimenter son travail la collection complète des Baedeker.
Il est le réalisateur d'une dizaine de court-métrages-collages.

Expositions : 1932,1939, Julien Lévy, New York. (P) ; 1996, Gérard Piltzer, Paris, (P).

Rétrospective : 1967, Solomon Guggenheim Museum, New York ; 1981, Musée d'Art moderne de la ville, Paris.

Musées : The Joseph and Robert Cornell Memorial Foundation, Smithsonian, Washington.

Citation(s) : On a dit :
- C'était une sorte de Dante des temps modernes animé d'un profond sentiment religieux, et résolu à l'abstinence. Romantique éperdu, égaré dans un monde aux enivrants plaisirs terrestres, il venait fréquemment en ville, et paraissait toujours s'être échappé de quelque lointaine communauté monastique ignorée de tout le monde.   (Dorothea Tanning).