Fiche de présentation

imprimer la fiche

RAYNAUD, Jean-Pierre

né le 20 avril 1939 à Courbevoie, Hauts-de-Seine, France ; 1953-1958, études d'horticulture ; 1958-1961, service militaire ; 1962, se consacre à l'art ; 1983, grand prix national de sculpture.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Plasticien

Présentation : Avec l'inspiration que lui procurent les objets trouvés dans la décharge de Gennevilliers, un dépotoir, il découvre, en 1962, les premiers éléments de son vocabulaire : le rouge du signal "interdit", le pot à fleurs - mythologie de l'horticulture de ses débuts - qu'il remplit de béton et peint en rouge, les carreaux blancs de Panolac, cette imitation du carrelage, tous évocateurs de la cruauté urbaine? L'essentiel de ses matériaux est réuni, ils ont la froideur clinique ou celle des boucheries d'antan avec leurs carreaux et leurs crocs, Objet aux quatre crochets, (1962). L'année suivante, il crée ses premiers Psycho-Objets laqués en rouge et blanc; il les aseptise, Trois Pots, (1964, MNAM) et Béquilles, (1965, MNAM), Triptyque nº 1A, (1968, MCM), et les associe à des photos sérigraphiées de malades mentaux, Psycho-Objet Tour de Babel, (1964, MHKG).
En 1967 apparaît un nouvel élément de vocabulaire, l'échelle graduée, Mur 814, (1967), que l'on retrouve en 1971. Le Pot 815, devient gigantesque, 195 cm de haut (musée d'art contemp, Bordeaux). La répétition entre en jeu, Mur Sens Interdit, (1970), avec 60 fois le signal routier correspondant. Sa période à dominante rouge se termine en 1971, durant laquelle il n'est pas loin de Kläsen*. À compter de 1972, ses objets se présentent en séries, Cercueils, Mitraillettes, Poignards, Croix,, par quatre, rouge, bleu, jaune et vert.
Les Carreaux blancs 15x 15 cm :
il commence, en 1969, à les jointoyés de noirr de manière banale, comme un recouvrement de sol, puis il en réalise des environnements* comme de longs couloirs de prison, d'hôpital, voire de morgue, dénommés Espaces Zéro, (1984, DMCHl), entrée monumentale. De 1970 à 1981, la maison de La Celle-Saint-Cloud dont, depuis 1988 et jusqu'à 2008, il interdit de visites, et que, en 1993, il fait démolir, transformant cette oeuvre d'art en gravats, puisque la beauté n'est éternelle que dans le souvenir : 976 conteneurs sont remplis, qui deviennent sculptures, et exposés, Fragment de maison, (1974, EAC). Il les expose aussi tels quels, déposant au pied du panneau un emblème, comme un monticule de terreau, Carrelage XVI Tas de Terre, (1974, musée de Rochechouart). , ou une couronne de fleurs en tissu, Carrealge, (1974. )Il en fait un mur double face, Mur, (1999), éphémère, pour être montré sur les Champs-Élysées. Il regroupe dans des caissons de transparents des bidons de couleur blancs dont sont présentés les couvercles, tous de même couleur, ou variées, toujours pures, (2008). Sculpteur, architecte, décorateur ? Sans doute au premier chef, mais aussi graphiste, puisque fidèle au noir et blanc, il peint diverses oeuvres à deux dimensions : échelle graduée sur page blanche ou barreau de prison "à 11 cm d'écart", sur page tout aussi blanche. Encre sur toile, (1976, MNAM, Paris), il joue de la superposition de carrés en grillages dans une ogive de 3 m de haut. Drapeau libre, (1987, MPA), tricolore, en polyester transparent sur les carreaux blancs. Il reprend cette idée, près de vingt ans plus tard, Drapeau, (1998), sans carreaux, sur simple châssis accompagné de cette affirmation : "La couleur est pris en otage dans le concept. Ayons assez d'audace pour lui rendre la liberté en tant qu'objet." cette série dure puisqu'en 2005, il se rend en Corée du Nord et se fait photographier brandissant le drapeau dans la zone démilitarisée, ajoutant cette fois l'action* à l'objet séduisant parce que de formes et de couleurs simples et l'année 2007, celle d'élections présidentielles en France, il recouvre tout de tricolore, crucifix à figure grandeur nature, slip de poupée hyperréaliste ou vibromasseurs. En 1985, il jure que c'est fini et qu'il va se préoccuper d'autre chose, mais, à la demande du musée d'Art moderne, il construit les 10 m2 du Container zéro, (1988, MNAM), qui devra, l'artiste une fois mort, contenir un tableau Zéro, concluant définitivement son travail ; cependant, il récidive avec la maquette de Mastaba, (2005), à construire "aux 4 coins du monde" pour contenir une oeuvre originale. Il dessine des vitraux de même esprit, usant subtilement du plomb pour cerner des carrés démultipliés, allant jusqu'à pousser l'auto-contestation en les disposant en Rosace, (1977, FRAC Picardie). La mort, qui n'arrête pas de planer, prend l'aspect du nucléaire et de la répétition de son logo, 9 Containers, (1986) ; Hommage à Matisse, (1992), mur d'adhésifs, en carrés posés sur leur pointe, reprenant dans les primaires tous les autres logos de danger, poison, inflammable, radioactivité, etc. Il recouvre l'étiquette, en 1995, de couleurs verte et rouge, fluorescentes, à voir à la lumière noire, projet pour Genève, (1996), d'un bâtiment cellulaire à la Le Corbusier*, dans chaque alvéole duquel est posé un pot à fleurs devenant fluorescent la nuit tombée, et donnant à l'ensemble un aspect de columbarium.

Expositions : 1964, Creuze, Paris, (G) ; 1965, Jean Larcade, Paris, (P) ; 1967, Apollinaire, Milan, (P) ; 1967, 2007, J.M.G, Paris, (P) ; 2008, Trigano, Paris, (P) ; 2011, Laurent Sitrouk, Paris, (P).

R├ętrospective : 1975, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles; 1991, Fondation de Manille, Houston, MAC, Chicago, et Centre d'art contemporain, Montréal ; 1998,  Jeu de Paume, Paris.

Lieux publics : 1971, 64 vitraux, abbaye trappiste de Noirlac, Cher ; 1980, vitrail, préfecture de Grenoble ; 1985, jardin d'eau, principauté de Monaco ; chapelle Notre-Dame des Fleurs, Vence ; 1985, sculpture, Le Pot doré, 3,50 m de haut sur socle de 10,50 m, piazza du Centre Georges-Pompidou, Paris.