Fiche de présentation

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NAUMAN, Bruce

né en 1941 à Fort Wayne, Indiana, États-Unis d'Amérique ; 1960-1964, études de mathématiques, de physique et d'art à l'université du Wisconsin ; 1964-1966, Beaux-arts à l'université de Californie, Davis ; 1966, enseigne à l'Art Institute de Chicago ; 1969, s'installe à Pasadena, Californie ; 1970, enseigne à l'université de Californie, Irvine ; épouse Susan Rothenberg* ; 1989, vit à Pecos, Nouveau-Mexique, où il élève des chevaux ; 2009, Lion d'or de la biennale de Venise.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Plasticien

Présentation : Vidéos*, collages, photos écritures, néons, bandes sonores, installations*, actions*, estampes, sculptures, dessins, etc., il n'y a de technique de notre temps dont il ne tâte, depuis que, en 1964, il abandonne la peinture. Une série de photos Eleven Color Photographs, (1966, AIC), ou Self Portrait as a Fountain, (1967, WM) au moment où il expire un jet d'eau dont un repas frugal dans le recueillement. Une spirale murale en néon dans laquelle est inscrit The True Artist Helps the World by Revealing Mystic, (1967). Walk with Contrapposto, (1968), vidéo en noir et blanc, plan presque fixe, un corps sans tête va jusqu'au fond d'un couloir et en revient; Pulling Mouth, (1969, MNAM), deux mains écartent les lèvres dans une suite de grimace.
En néon, il joue sur les mots, soit par palindrome, RAW, (1970) ou None Sing Neon Sign, (1970), soit par variantes dessinées, Live and Die, (1983), avec la déclinaison de couples de mots ; en néon encore, de couleur cette fois, alternatifs comme une enseigne lumineuse, il montre des mains masturbant un pénis, Big Welcome, (1985), précédé de son travail préparatoire où les traits d'acryliques ébauchent le mouvement par répétition des silhouettes. Photograph Suite, (1966-1967), avec ses jeux de mots, réflexion sur l'époque linguistique, ou Light Tap for Henry Moore, (1967, FPV), spirale s'élevant, sur 162 cm, blanche sur fond noir ; ou encore, Clown Torture, (1985, SMAK), double image de clown en action et de gros plan visage grimé.
La vidéo reprend le titre, le sujet et l'année, (FPV). Sa vidéo est souvent cruelle (1964 à 1994), surgie du seul gros plan et de multiples projecteurs et écrans, dramatisant la vie domestique par la radicalisation des attitudes des seuls visages en gros plans, répercutés par 12 moniteurs, Violent Incident, (1986). Prenant le risque de lasser, il montre un plan fixe, Setting a Good Corner, (1999, Mudam), dans lequel un homme de l'Ouest s'acharne sans fin, à la scie mécanique, sur un angle de trois poteaux.
La vidéo se conjugue en installation*, lorsque quatre écrans aux quatre angles d'un cube opaque de 3 m d'arête montrent au déambulateur sa propre image dans un espace devenant kafkaïen, Going Around the Corner Piece, (1970). Anthro-Socio, (1991) répète la supplique terrifiante d'un homme au crâne rasé : "Feed me, Eat me, Anthropology... Help me, Hurt me, Sociology," ou encore World Peace, (1996), aux cinq personnages : "I Speak to You, You Don't Listen to me ; You Speak to me, I Don't Listen to you." Enfin, la bande sonore seule, dans un espace vide, crée aussi la métamorphose du comportement avec ces mots hurlés : "Get out of my Mind - Get out of this Room" (1968) ; ces installations défient la normalité de l'acoustique ou de l'équilibre, Dream, Passage with our Corridors, (1984, MNAM), et de manière gigantesque quand dans le Turbine Hall de la Tate Modern, il dispose 22 hauts parleurs émettant chacun un texte préexistant, sélectionné comme un collage, Raw Material, (2004).
Sculpteur en tissu caoutchouté (1965) ou en moulages en cire, Hanging Heads, (1989, terrifiants) ; jeux de mains qui se nouent de manière acrobatique, 15 Paires de mains, (1996, BvB.), en bronze, et chacune sur socle : "And when I seemy hands, on the sheet, which they love to floccillate already, they are not mine, Less than ever mine. I have no arms, they are a couple, they play with the sheet, love-play perhaps, trying to get up perhaps, one on top of the other." (Beckett, in Molloy).
L'installation Consummate Mask of Rock, (1975), huit cubes de calcaire disséminés dans un espace, qui réclament une empathie inexistante. Avec Animal Pyramid, (1990), on aborde la réflexion sur culture et nature, empathie et cruauté, moutons taxidermisés en fibre de verre. Les travaux préparatoires de cette dernière œuvre, photographiés, montés et collés, donnent Model for Animal Pyramid II, (1989, MoMA).
L'art corporel*, Black to White to Black to Flesh, (1968), consiste en peinture multicolore de son corps, Boucing in the Corners, (1969), photos de grimaces, Hologramme, (1970, SMA).
Classification vaine, tant les genres s'entrechoquent et se superposent avec la volonté de faire poser des questions, en gros d'illustrer une conceptualisation*, celle de la schizophrénie peut-être, de l'homme déchiré, autotorturé, l'homme de son temps à qui il renvoie son image. Selon ses propres mots, il veut "produire du sens". Non sans paranoïa, quand il ne prête ses objets en latex ou ses néons qu'en copies - détruites après l'exposition, dit-il -, tant serait fragile leur texture.

Expositions : 1966, Nicholas Wilder, Los Angeles, (P) ; 1968, Konrad Fischer, Düsseldorf, (P) ; 1981, Stedelijk Museum, Amsterdam ; 2002, Daniel Templon, Paris, (P) ; 2015, Fondation Cartier, Paris, (P).

Rétrospective : 1993-1995, Walker Art Center, Minneapolis, Contemporary At, Los Angeles ; Modern art, New York ; Reina Sofia, Madrid ; Kunsthaus, Zurich ; 1997, centre Georges-Pompidou, Paris ; 2006, Tate Liverpool.

Musées : Musée Guggenheim, Bilbao, collection comte Panza di Biumo.