Fiche de présentation

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ROTELLA, Mimmo

né le 7 octobre 1918 à Catanzaro, Calabre, Italie ; Beaux-Arts de Naples ; 1939 sert aux armées et est réformé ; 1945, enseigne le dessin à l'institut des géomètres de Naples ; 1951-1952, université de Kansas City, Mississippi ; cofondateur du groupe des Nouveaux réalistes*; ca. 1960, mène une vie excentrique à St Tropez, promenant dan sa décapotable deux femmes nues ; 1964, poursuivi pour détention de marijuana ; 1964-1980, vit à Paris ; 1980 à Milan ; 2006, meurt le 8 janvier à Rome d'un cancer du pancreas.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Plasticien

Présentation : De 1945 à 1951, il tâte de multiples styles, figuration et surtout abstraction* géométrique. À compter de 1952, il se consacre à la rue et à son monde d'affiches qui rend compte tout en environnant; il y trouve l'expression de la société de consommation. C'est le "double-décollage" qui consiste à détacher l'affiche puis à la coller sur toile et à la déchirer dans son atelier. Il commence le décollage simple (1960-1991), sans avoir, dit-on, entendu parler des Français Dufrêne*, Hains*, et Villeglé*. Il leur arrache des lambeaux, voyant dans ce geste l'équivalent du coup de pinceau du De Kooning* de la fin des années 1940 ; ces lambeaux sont reportés sur la toile, aussi bien leur recto qui montre textes et images que leur verso qui reproduit les couleurs vues en transparence et les traces de plâtre du mur, Scotch Brand,(1960), Dessous d'affiches, (1962-1978). C'est la démarche de l'appropriation du réel par l'artiste, SCHEL, (1966), imprimé surl'affiche.
En 1958 seulement, il attache de l'importance au sens du sujet lacéré qu'il peut restituer, L'Assaut, (1963, SS), privilégiant alors l'érotisme récupéré des affiches de cinéma. Il reprend aussi, telles quelles, d'immenses affiches publicitaires qu'il reporte sur support fractionné, presque intactes, sinon l'usure du temps, aux jointures (1989-1992)., Ready-Made, (1990).
En 1962, il commence de nouvelles expériences et spécialement, jusqu'en 1973, le frottage sur papier, reproduisant l'affiche originale par un procédé proche de la décalcomanie. De 1963 à 1974, vient le mec art*, qu'il intitule "reportages" par projection de photographies d'imprimés sur toile sensible; il en use pour dire l'érotisme survolté des villes, filles déshabillées, spectacles de strip-tease, music-hall, publicités provocantes, Fétichisme moderne, (1972), des pieds de femme aux ongles peints de couleurs différentes. Ces photos reproduites en multiples sont éventuellement individualisées par la peinture qui souligne tel détail d'un brouillard rosé ou violacé. En 1975 il colle sur des sculptures de polymères; ce sont les "plastiformes".
De 1989 à 1995, il intervient a posteriori sur le affiches elles-mêmes, graffitis* élaborés, de sexe et de violence, sans la spontanéité de ceux tracés dans la rue, à la sauvette, par les bombers*. Si le décollage est reporté sur carton, l'image garde une fraîcheur de tons que ne donnent pas les autres procédés (1989-1992), Incertitude de la journée, (1991). Il peint également, en 1966, à partir d'agrandissements de portraits au Polaroid ; au début des années 1980, le thème du cinéma italien; plus tard, il peint aussi des sujets qui rejoignent le style de la transavantgarde*, Saint-Sébstien, (1988), sur fond d'affiche présentant un lac et le capot d'une belle cylindrée. En 1990-1994, il prend le journal comme support à sa peinture. En 1968-1973, il découvre l'usage des Artypo, c'est-à-dire des macules d'imprimerie, qu'il traite pour leur donner, avec une autre vie, une autre destination agencée; parfois photographiées, elles reçoivent une apparence lisse., Marylin Sad, (2003).
Vers la fin des années 1970, il réalise que, passé le délai de location, les propriétaires d'emplacements occultent l'affiche par un papier monochrome ; il donne alors à regarder ce nouvel état, l'affiche voilée que l'on ne peut plus que soupçonner sous son linceul, Blank Fissure Walker, (1981).
Une grande sculpture de zinc, découpé et plié de manière qu'il tienne en équilibre, est couverte de décollages ,(1990). Sa série Le Cirque, se contente de reprendre des affiches consacrées à ce spectacle et d'en arracher quelques lambeaux, Votre cirque,(2004) ; ce sont des écornures et non plus des décollages.

Expositions : 1951, Chiurazzi, Rome (P ); 1962, gal. J, Paris, (P) ; 1963, biennale de São Paulo ; 1971, Mathias Fels, Paris, (P) ; 1964, Biennale de Venise ; 1977, Fall, Paris, (P) ; 2007, Véronique Smagghe, Paris, (P).

Rétrospective : 1996, Musée de Rende, Italie ; 2000, Musée d'Art moderne et d'art contemporain, Nice ; 2012, Tornabuoni, Paris.

Musées : Musée Rotella, Cantanzaro.

Lieux publics : 1951, fresque, faculté de géologie, Kansas City.

Citation(s) : Il a it :
- I am not afraid to die. Great artists have always had the privilegeof talking with God. That is my dram : to talk with God.