Fiche de présentation

imprimer la fiche

MAURI, Fabio

né le 1er avril 1926 à Rome, Italie; 1929, sa famille s'installe à Milan où le père est directeur commercial chez l'éditeur Mondadori; 1934, découvre les premières bandes dessinées* illustrées, les copie et en invente;1945, est marqué par les images des camps d'extermination; 1945-1949, subit une crise psycho-religieuse et commence à dessiner sur des thèmes religieux; 1949-1954, s'insère dans une communauté d'enfants caractériels à Santa Marinella; 1954-1975, travaille pour les éditions Bompiani; 1958-1975, vit avec la photographe Elisabetha Catalano ; 2009, décède.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Plasticien

Présentation : 1945 marque le début de son activité de dessinateur. 1954, celle de son activité de peintre; il maçonne ses toiles comme le fait, la même année, Riopelle* en petits carrés squameux. En 1957, il passe au collage, à la manière de Rauschenberg*, sur un thème, The Nursery News (1960), ou les supports de la communication, Sinatra (1964), silhouette découpée et contrecollée. Depuis 1958, il crée les IT Écrans, par lesquels il se rapproche du minimalisme : une fenêtre ouverte dans du papier mâché formant une surface bombée; à cette matière succèdent le papier simple ou la gaze beige enflée au deux tiers de la hauteur, portant une phrase en gothique allemand, Pourquoi une pensée remplit-elle une pièce? (1972). En 1971, il s'attaque, par des compositions à trois dimensions, au souvenir de la Shoah, non sans crudité, Tampon Jude (1992), Dachau Soap (1994), Ce coffre est rien (1994), Étoile de David (1994), tissée en cheveux, ou à de simples photos, comme Ebrea (1971), torse de femme nu portant un tatouage de l'étoile de David. Tout l'oeuvre, depuis ces années 1970, est conceptualiste* et tourne autour de la souffrance, de la mort, de la fin, The End, (1961) , le mot qui concluait les films de propagande mussolinien.
À compter de 1975, il crée ce qu'il appelle des performances* et qui, en fait, sont des installations*. Il pervertit des films dramatiques, que ce soit la Vie de Jeanne d'Arc, de Gastyne ou Évangile selon saint Matthieu de Pasolini; les séquences sont sélectionnées et projetées sur des supports insolites, la chemise de Pasolini ou un ventilateur revêtu de tissu. D'autres installations sont imaginées, comme On the Liberty (1990, écrit au mur par le fil électrique venant d'un lampadaire à lumignon, ou La Reddition (2002), un drapeau blanc entouré de barricades, et surtout, récurrent, en italien ou en anglais, le mot FIN. Auparavant, il dénonce le travestissement de l'inormation au travers de photographies de guerre, sélectionnées, apparemment factuelles mais lourdes d'une signification inverse qu'il exprime par légende, Manipulation de culture (1971-1975). Machine pour perforer des aquarelles, (1990), pentogrape perçant deux tableaux monochromes retenus par des pièces de lire de grandeurs différentes, indiquant ainsi la relativité de valeur de l'oeuvre d'art.

R├ętrospective : 1969, Studio Toninelli, Rome; 1997, Kunsthalle, Klagenfurt.

Citation(s) : Expo : 1954, Cavallino, Venise (P); 1963, Gal. J, Paris (G); 1977, Landesmuseum, Graz (P); 2000, Avivson Paris (G); 2003, Le Fresnoy, Tourcoing (P).