Fiche de présentation

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FABRE, Jan

né en 1958 à Anvers, Flandre, Belgique ; 1980, metteur en scène ; 2000, auteur dramatique ; vit à Anvers.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Plasticien

Présentation : Il se signale comme performeur en brûlant de faux billets de banque pour dessiner avec les cendres de la liasse, (ca. 1979).  S'il travaille au stylo à bille et à la punaise dans les années 1980, c'est parce que pauvre, il emploie les matériaux meilleur marché. Il remplit une surface de soie de 9 x 14 m de traits au stylo-bille bleu, au point de suggérer un monochrome, L'Heure bleue, (1987, SMAK), ou L'Apiculteur, (1991). 
Il s'intéresse, comme son illustre homonyme, aux insectes, qu'il dessine au stylo-bille, et encadre d'une lourde baguette dorée. Il les transforme de manière fantaisiste, créant un cabinet de curiosités, avec des araignées géantes aux ailes de plumes de pigeon, dotant les cafards d'attributs insolites. Il montre des dessins lacrymaux, mine de plomb dans taches de larmes provoquées par l'oignon, (2006).
Sculpteur, il place des scarabées sur des armatures de fer, côte à côte, sélectionnés pour la couleur iridescente de leur carapace, et en fait des pleureurs, grandeur nature ; il les pose sur fond de blanc d'os humains pilés. Avec ceux-ci, il reconstitue des plans de batailles sur cire, Champ de stratégie, (1998). Il place un homme aux bras étendus, au faîte d'un musée, L'Homme qui rencontre les nuages, (1998, SMAK). Le Chapelet du guerrier, (1999), assemblage sur une croix de 1,30 m de haut d'une grenade, d'un pied d'armure et d'une bouche de fusil. Deux mannequins blancs, nus, sont percés de poignards en même temps que porteurs de verrerie transparentes, Sculptures de larmes, (2006), proche de Paolini*, ou Messagers de la mort, (2006), série de têtes de grand-ducs recouverte de plumes jusqu'à la collerette et piquée d'yeux de porcelaine, (2006). L'année du cerveau ; bronzes peints portant entre leurs hémisphères le signe de leur pensée, le crime,  Brain of a Messenger of Death, avec une paire d'yeux, l'évasion, avec des ailes, la religion, avec une croix., (2011), les cerveaux en marbre de Carrare dressent leur veine  ourlée à l'entaille, sert de perchoir aux insectes et papillons, (2012). Les Gisant, grandeur nature, reposent sur un lit mortuaire, faisant bloc avec le soubassement de marbre ou déjà dans le cercueil dont la partie supérieure est ouverte ; l'escargot s'insinue sur le suaire, le lépidoptère, sur le visage, (2012), métaphore de la fin ou de l'éternité.
Installationniste* à l'inspiration légèrement symboliste. Il fabrique, dans les matériaux les plus divers, les objets les plus divers, comme une inscription au néon lapis-lazuli, une maison-cube-vide, sur pilotis, une armoire contenant un escalier n'allant nulle part, d'esprit dada, Sans titre, (s. d., coll. Province du Hainaut), un table et 8 chaises percées de lettres, dont les parties pleines sont couvertes d'empreintes de main, Table de la résistance, (2006).
En 2000, il reçoit commande de la reine Paola de Belgique et applique sur la voûte, les niches et les candélabres de la Galerie des Glaces du palais royal de Bruxelles,  Heaven of Delight, (2002), soit 1 500 000 de scarabées asiatiques, collectés trois ans durant, dont les carapaces scintillent différemment selon la lumière et le déplacement du spectateur ; le travail s'achève en 2003, avec l'aide de 30 assistants.
Il est aussi auteur d'interventions, de dessins au Bic bleu, de sang ou de sperme, My Body, My Body, (1978-2003), aux textes latin, français, néerlandais, anglais, sous forme de sentences. De très courts métrages aussi qui pourraient être des vidéos mais se trouvent être des films aux scènes répéitives. Il veut montrer, comme dans sa pièce de théâtre Perroquets et cobayes, (1999), ce que l'homme a d'animal et de guerrier lorsqu'il fabrique des armures grandeur nature dont les heaumes reprennent des caractéristiques zoologiques, une corne de rhinocéros ou des antennes d'insectes, Sanguis mantis, (2001) ou Orgetes rhinoceros, (2003).  Quand l'homme principal est une femme, (2004), la performeuse Lisbeth Gruwez se roule dans l'huile et déverse sur son corps des olives. L'Histoire des larmes, (2005), introduit des sculptures vivantes, femme nue étendue sur des verres transparents de toutes tailles. The Art of the Colonies, (2013), élytres de coléoptères sur panneau.
N.B. Les premiers titres en français sont des traductions, d'une langue alors bannie par l'artiste

Expositions : 1978, Maison de Jordaens, Anvers, (P) ; 1984, Biennale de Venise ; 1990, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles, (P) ; 1997, Entwistle, Londres, (P) ; 1998, Krief, Paris, (P) ; 2003, 2013, Daniel Templon, Paris, (P) ; 2007, 2009, Biennale de Venise ; 2012, Danser sa vie, Centre Pompidou, Paris, (G).

R├ętrospective : 2002, Musée des Arts actuels, Gand ; 2005, Maison Jean Vilar, Avignon ; 2011, Musée Kröller-Müller, Otterlo.