Fiche de présentation

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DI ROSA, Hervé

né le 17 décembre 1959 à Sète, Hérault, France ; frère de Richard Di Rosa*; Beaux-Arts, Montpellier ; 1983, boursier de l'État français à New York ; 1993, pour se ressourcer, entame un tour du monde ; 2000, crée le Musée des Arts modestes à  Sète ; 2000-2002, vit au Mexique ; 2009, à Séville.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Plasticien

Présentation : Inconnu en 1980, célèbre en 1981 : Ben* l'incorpore au regroupement de la figuration libre*. Sur des supports de carton, et couverts de bord à bord, il accumule les sujets anecdotiques de la bande dessinée*, de la science-fiction, de l'épouvante, dans une mise en page mouvementée ; les teintes acides complètent le climat d'agression. Son art est directement issu de celui de la bande dessinée, sans la médiation ennoblissante que lui avait conférée Roy Lichtenstein*, sans l'élaboration d'Erró*. Il est le Jérôme Bosch de la science-fiction. Il crée l famille des René, (1969), dotée d'un seul oeil au centre du front. 
En 1984, ses toiles retrouvent des châssis et sont peuplées de monstres robotisés peuplant la touffeur acide des eaux et de la végétation, Diropolis, (1985, MNA) et La Vie, (1985, MAMVP). Il ne craint pas le grand forma, Dirosapocalypse, (1985, MBABx), 4 x 8 m. il dispose son vocabulaire sur une toile à douze casiers entourant un principal, Naissance de la figure, (1986, Frac Languedoc-Roussillon), renouvelant sa manière, A l'intérieur de la tête,(1994), lobes et figures totémiques sur souche d'arbre, enfermés dans son profil. À la fin des années 1980, une certaine ironie, parfois tendre, le gagne. Au début des années 1990, une installation* reconstitue les couloirs obscurs d'un bar, grouillant de clients grandeur nature en noir et blanc, traités d'un graphisme grimaçant.
En 1993, avec sa décision de faire le tour du monde, son style est mis en sourdine. Il s'inspire désormais des artisanats du monde entier, C'est qu'il adopte les techniques des pays où il séjourne. En Bulgarie, celle des icônes, (1993) ; au Ghana, celle des panneaux publicitaires, (1994 ); au Bénin, celle des cotons teints, découpés et cousus sur tenture, (1995) ; en Ethiopie, celle de la peinture sur peau de chèvre tendue par cordes dans des cadres de bambou, (1996 ); à la Réunion et à l'île Maurice, celle des lithographies sur papier pauvre, (1998) ; en Corse, celle de la fresque, (1998) ; au Vietnam, celle de la laque, (1998) ; en Afrique du Sud, celle des tissages en tondos de fils téléphoniques revêtus de tissu coloré, (1999) ; à Cuba, celle de l'estampe avec des pierres de matrices originales, (2000) ; au Mexique, celles de la sculpture en terre cuite peinte, de la laque locale, et des encadrements en argent repoussé, (2000-2002) ; au Cameroun, celle de la sculpture en bronze à la cire perdue selon la tradition, (2003) et celle du bas relief creusé dans du bois d'Iroko, (2006) ; aux Etats-Unis, il s'inspire du précisionnisme* architectural revu à la manière populaire, et avec les haïtiens de Miami, celle des drapeaux vaudou, (2004); en Tunisie, celle de l'églomisé*, (2006). Chaque apprentissage emporte une influence sur le style d'un artiste démiurge.
Il crée un atelier de décoration, en commun avec son frère Richard Di Rosa*, dit Buddy ; se fait photographier avec pour légende le seul mot "Riche" et fait fructifier sa griffe en ouvrant boutique, Miami Piece, (2005), installation* murale d'oeuvres de la grandeur d'une carte-postale, originales ou piratées*. Il emprunte à son frère l'accumulation de bouches pulpeuses et d'oeil unique, Hommage à Clvis, (2008).

Expositions : 1981, Swart, Amsterdam, (P), et Lamarche-Vadel, Paris, (G) ; 1982, Gillespie-Laage-Salomon, Paris, (P ); 1994, 2006, Louis Carré, Paris, (P) ; 2012, Musée international des arts modestes ou MIAM, Sète ;  Montpellier, La Rochelle, La Seyne-sur-Mer, et Villa Tamaris, La Seyne-sur-Mer, (P).

Rétrospective : 2007, Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d'Olonne.

Lieux publics : 1991, fresque double de 45 m de log, retenue dans une présélection pour la station de métro Assemblée nationale et, finalement, acquise par cette dernière pour décorer le couloir d'accès du public aux tribunes de l'hémicycle; conception et réalisation du jardin Kellerman, dans le XIIIe arondissement, à Paris; 2006, salle des mariages, Bobigny.

Citation(s) : Il a dit
- Et s'ils découvraient un jour que ce que je faisais , c'était de la bande dessinée et pas de la peinture ? (en 1983).
- Etait-ce de la peinture que je faisais alors (dans les années 1980) ? Je dirais plutôt que c'était de l'illustration déglinguée.