Fiche de présentation

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ALVAREZ BRAVO, Manuel

né le 4 février 1902 à Mexico, Mexique dans une famille d'amateurs d'art et de photographie ; 1915-1931, comptable dans l'administration mexicaine ; 1917, cours du soir aux Beaux-arts de San Carlos ; 1922, s'intéresse à la photographie en autodidacte ; 1929, enseigne à San Carlos ; 1931, devient photographe professionnel ; 1938, entre en surréalisme* avec Breton*; 1943-1959, se consacre au cinéma, assistant d'Eisenstein*; 1959, reprend la photo ; enseigne à la Central School of Art, Mexico ; travaille pour la presse ; 1975, Prix national d'art plastique ; 2002, meurt le 19 octobre, à Mexico.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Photographe

Présentation : Il détruit ses images pictorialistes* antérieures prises de 1922 à 1925 .ll se concentre sur l'abstraction*  des papiers pliés Vagues,(1928) ou mur de béton, La Tolteca, (1929).  
Ayant vu Atget, il devient paysagiste, portraitiste, -essentiellement de son pays-, auteur de natures mortes. Influencé à la fois par le cubisme et l'art précolombien. Bicyclette au ciel, (1931) comme suspendue au sommet d'un lampadaireSes photos sont très construites, comme, Jicamas épeluchées, (1929) ou Conversation near the Statue, (1933), deux triangles inversés, à l'arrière-plan un angle de bâtiment, à l'avant-plan des flâneurs discutant près d'une statue de femme nue allongée, ou une série de dos le long d'un bar dont les têtes sont décapitées par l'ombre, The Crouched Ones, (1934), ils sont assis et non accroupis, mais il s'agit de cireurs publics. Ainsi exprime-til son goût pour les formes gisantes.
Artiste engagé, il rapporte de vraies scènes de massacres, Gréviste assassiné, (1934). Surréaliste avec La Bonne renommée endormie, (1938), créé à la demande de Breton* par association d'idées hétéroclites comme procède l'écriture automatique, une femme allongée, étrangement bandée le sexe apparent, entourée de cactus. Des membres gisant dans un décor de démolition et de ravage semblent avoir été arrachés à un corps alors qu'ils sont des pièces d'une statue à l'antique, Le Bras de l'Ange, (1957).
Documentariste et photographe social, il transmet des images sur les bâtiments, les fêtes de son pays, mais aussi des situation de fillettes rêveuses dont on ne sait si elles sont instantanées ou posées, Daydreaming, (1931). Il évite le clair obscur : seuls le noir et le blanc s'affrontent, Soif publique, (1993). A compter des années 1940, le silence occupe ses images, les paysages sont désertiques et les sites urbains, ne conservent que la trace de l'homme, des pas, une main.
Aux aguets, il place son appareil Graftex sur trépied, dans la rue et attend qu'il se passe quelque chose ; en quelque sorte c'est l'appareil qui cadre.
Quand il devient trop âgé pour se mouvoir, on lui apporte des objets pour constituer des natures mortes et il photographie des nus, laissant apercevoir un pubis ou un sein, (1976-1986), sans pour autant abandonner son oeil de plasticien.  

Expositions : 1926, Mexico, (G) et 1932, (P) ; 1929, Berkeley, (G) ; 1935, Palais des Beaux-arts, Mexico, (avec Cartier-Bresson*) ; 1939, Renou, Paris, (G ) ; 1979, Rencontres d'Arles ; 2000, Petit Palais, Paris, (G) ; 2010, Maison de l'Amérique latine, Paris, (G) ; 2012, Jeu de Paume, Pari, (P)

R√©trospective : 1978, Whashington ; 1986, Musée d'art moderne de la ville, Paris ; 1992, Musée de l'Elysée, Lausanne ; 1997, Musée d'Art moderne, New York ; 2001, J.Paul Getty Museum, Los Angeles ; 2002, Palais des Beaux-arts, Mexico.

Citation(s) : Il a dit :-Je ne cherche rien. Je découvre les choses. (à rapprocher d'un dit de Picaso*)-La fréquentation des muralistes a nourri ma conscience des sujets historiques et politiques.-Le concept de mort est explicite ou implicite dans mes photographies.On a dit : - L'oeuvre d'Alvarez Bravo est mexicaine par origine, forme et contenu. (Rivea*).