Fiche de présentation

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VERGER, Pierre

né le 4 novembre 1902 à Paris, France, dans un milieu privilégié et mène une vie de dandy ; 1932, s'initie à la photographie en Corse ; commence à voyager autour du monde et d'abord en Océanie ; noue des liens avec l'équipe du musée de l'Homme, (Griaule, Leiris, Paul-Emile Victor, et autres) ; en devient le photographe bénévole et fréquente avec eux au Bal Nègre de la rue Blomet ; 1935, premier voyage en Afrique noire ; 1942-1944, photographe du musée national de Lima au Pérou ; 1948, affecté au service photographique du gouvernement général de l'Afrique Occidentale à Dakar ; encontre Théodore Monod ; 1946, s'installe à Salvador de Bahia parmi les populations noires ; 1962, intègre le CNRS ; 1966, soutient une thèse de doctorat en Sorbonne ; enseigne à l'université d'Ifé ; 1996, meurt le 11 février à Salvador de Bahia. .

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Photographe

Présentation : En 1934, commence sa carrière de photojournaliste qui le fera devenir ethnologue autodidacte ; il est envoyé par Paris-Soir, aux Etats-Unis, au Japon, en Chine; l'année suivante en Afrique noire. Dès lors, il développe un sens géométrique de la prise de vue, et, en ce qui concerne les populations, en ce temps de colonialisme, une empathie qui les met sur le même pied que les blancs, Harlem, (1934), deux blousons à l'entrée d'une discothèque ou Canudos, (1950), visage de vieux o de vieille (?) toutes rides sous un voile. Il pratique souvent la plongée, Avellanda, Buenos Aires, (1941), pied d'obélisque sur cercle à carreau avec des humains comme des fourmis; sous le même titre, une sortie de bureau qui n'est qu'une succession d'enfilade de rectangles de portes, dans un avant-plan horizontal. A compter de 1946 et jusqu'à la fin de sa vie, il devient l'ethnologue du Nordeste, de Pernambuco et de Bahia,  sans cesser d'être plasticien, faisant le pont avec le golfe du Bénin, dont ces futurs "marrons" sont issus, l'aveugle au centre d'un allée fuyante, Monte Santo, (1946), les voiles Port de Belem, (1948), les lutteurs l'un plié à la tille, l'autre faisant le poirier, Capoeira, (1946) ou l'architecture toute en diagonale contre une verticale de Fort Salvador, (1950). Il recherche, grâce à une bourse obtenue par Théodore Monod, pour étudier les racines des noirs du Nordeste au Bénin. Il en tire des confrrontaions saisissantes Retour à Bahia, (1974) entre les brésiliens d'Afrique et les africains d Brésil, sans qu'on puisse vraiment situer telle ou telle scène tant elle sont semblables. Démarche proche de celle de Ales Hailey dans son roman Roots, (1976). Ses images de foule, prises sur le vif, sont moins structurées, qu'il s'agisse du caraval ou de l'initition-qu'il a subie- au macomblé, le vaudou du Brésil, Candomblé Cosme, (1946), adolescent se faisant taveler le corps de pastilles blanches. L'accentuation du souci documentaire, ethnologique intervient à compter des années 1950 quand entre Bahia et Bénin, il s'attache aux moeurs des Yoruba. Ses photos sont signées ou non et dans ce cas sont vendues 25% moins chères.

Expositions : 1934, Musée de l'Homme, Paris, (P) ; 2000, Paul Bennaroche, Aix-en-Provence, (P) ; 2011, Mairie du Xème, Paris, (P).

R├ętrospective : 2005, Hôtel Sully, Paris, (P).

Citation(s) : On a dit :
- Verger est peut-être le seul homme libre que je connaisse. (Théodore Monod).

Archives : Fondation Pierre Verger, Salvador de Bahia, 60,000 clichés.