Fiche de présentation

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FAUCON, Bernard

né en 1950 à Apt, Vaucluse, France ; éudes de théologie avec Jacques Maritain ; 1973, philosophie à la Sorbonne ; 1966-1976, peint ; 1974, diplômé en philosophie ; 1977, commence à photographier ; 1989, Grand prix national de photographie ; 1995, arrête son oeuvre plastique.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Photographe

Présentation : Peintre de tableaux en relief, de 1965 à 1976. Photographe dès 1966, adoptant un format carré et la couleur, avec pour sujet principal des adolescents dégageant la même ambiguité que ceux de Joubert*. Il commence par Le Temps d'avant, (1966-1970), avec un boîtier Semflex, il saisit son frère Pierre, prenant son bain dans un fût, (1966) ou Marcel le 1er jour, (1969) ; son Autoportrait, (1968), regardant par une fenêtre embuée, pris de l'extérieur. Pour être des travaux d'amateur, ils n'en sont pas moins accomplis.
Viennent ensuite Les Grandes vacances, (1976-1981), premiers travaux plasticiens selon-lui. L'un des premiers à se servir de la couleur. Il innove en acquérant des mannequins d'adolescents en celluloid, grandeur nature et les disposant dans la nature ou dans des intérieurs pour leur faire jouer des scènes composées, piscine, observatoire, sortie de 1ère communion, voyage en train, etc. Ce faisant il prend le même parti que Jeff Wall* mais en plus simple et en plus quotidien, en s'inspirant parfois de tableaux de maître ; nombre de clichés sont pris dans la propriété de Saint Martian, en Lubéron, que ses parents transformaient en maison d'enfants ; cette fois on n'est pas loin du Grand Meaulnes. Selon le mot de Roland Barthes, "il dévitrine ses mannequins". Evolution probable du temps, (1981-1984), phénomènes naturels ou suscités comme cette neige qui brûle ou cette coulée dans la montagne qui explose. La série des Chambres, d'amour, d'hiver ou d'or, (1984-1988), dégage une mélancolie onirique ; monde clos doté d'une seule ouverture par laquelle des fleurs séchées, des fleurs des champs, une branche de cerisier, s'introduisent ; la plupart du temps inanimées, il donne pourtant un triptyque d'adolescents, endormis, éblouis par le soleil venu de la baie et regardant enfin l'objectif, Parco, (1987). Pour Les idoles et les sacrifices, (1989-1993), il vient à plus de réalisme alternant les images d'adolescents asiatiques, torse nu jusqu'à la naissance de l'aine dans une lumière jaune, symbolise sans doute de leur continent. posant frontalement et celles de paysages au cliché retouché de coulées rouges, taches de sang sur la neige, sillon entre les andains, ruisseau devenu écarlate, allégorie peut-être de ce qui attend la jeunesse.
Les Ecritures, (1991-1993), réservés à des paysages inanimés ; il en a l'idée en voyant au Maroc, sur une montagne le slogan Dieu, le roi, le peuple ; il taille des aphorismes en bois dans des lettre de 50 cm à 1m de haut, il les decouvre d'une matière fluorescente et les photographie, en plein jour, avec un flash puissant. Et puis c'est Il photographie de plus en plus la nature, des Sillons, (1991), comme Ubac* en peignait.  En 1997, il organise des fêtes de la photo pour enfants munis d'un appareil jetable, au Maroc, à Rio, à Okyo, à Saïda. Il sélectionne les 50 meilleurs " regards " et les expose.
La Fin de l'image, (1993-1995), sensée mettre fin à sa carrière; il y reprend des textes mais les appose cette fois sur des fragments de peaux, et virant vers la miniaturisation, il montre des textes à la Ben* écrits sur des photos de peau de quelques centimètres carrés. Comme les chanteurs qui mettent fin à leur carrière, il reprend la sienne après ses adieux. D'abord par personnes interposées,en parcourant 25 pays et en proposant à cent adolescents de chaque pays de photographier ce qu'ils veulent à l'aide d'un appareil jetable, durant ce temps, il ne peut s'empêcher de photographier lui-même mais pour marquer la rupture, il adopte le format rectangulaire, imprime par injection d'encres et reprend des thèmes déja exploités à l'exception cependant de l'adolescence; c'est Le Temps d'après, (1997-2005).
Fin des fins ? à la cloture de sa rétrospective, il distribue tout ce qui a encombré Le Cabanon, de Provence, lieu de tant d'amitiés nouées, de 1977 à 1995. Ses photos sont tirées à 10 exemplairs tous formats confondus.

Expositions : 1977, Lop-Lop, Paris (P) ; 1991, 1995, Yvon Lambert, Paris; (P) ; 2012, VU, Paris, (P).

R├ętrospective : 2005, Maison européenne de la photographie, Paris.

Citation(s) : On a dit  :
- Vos photos sont merveilleuses, pour moi, c'est ontologiquement (si vous permettez ce mot pédant) laphoto même, dans la limite qui en dit l'être : la fascination. (Roland Barthes).
- Chaque fois que tu m'as dévoilé (...) ta nouvelle "fournée" de photos, j'étais aussi bouche bée, (....) tu as été un des seuls maîtrs que j'ai jamais accepté,. (Hervé Guibert)