Fiche de présentation

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KEITA, Seydou

né en 1921 à Bamako, Mali ; travaille comme menuisier; 1935, commence à photographier avec un Brownie donnant des négatifs de 6 x 9 cm ; 1948-1962, ouvre un studio à Bamako, prend des milliers de portraits en négatifs de 12 x 17 cm ; 1962, sommé de devenir photographe du gouvernement indépendant, résiste mais la pression est telle qu'il cède ; 1962-1977, photographe de prisonniers ; 1977, prend sa retraite ; 199, rencontre la photojournaliste Françoise Huguier; 2001, meurt le 22 novembre à Paris ; Jean-Marie Patras, agent, détenteur des droits, met sur pied une association Seydou Keita.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Photographe

Présentation : Il montre des portraits en noir et blanc, individus ou famille, souvent vêtus à l'européenne et entourés des attributs de la "civilisation", radio, motocyclette, ou posant devant une tenture plus frustement africaine que celle des photographes de foire, mais révélant, par leurs habillement, coiffure, bijoux, les moeurs de l'époque. S'il se soumet aux demandes de la clientèle, il tire des poses choisies, des effets spectaculaires, tel cet homme vu légèrement d'en dessous, monstrueux dans son boubou, portant son enfant sur les genoux, ou des effets kitsch, tel ce couple de jeunes mariés accoudés sur un poste de radio démodé. Lorsque ses modèles aux pagnes bariolés se trouvent devant une couverture tout aussi chamarrée, les visages seuls émergent. Parfois, il retouche ostensiblement le cliché de contours et de motifs blancs. nfin, il est aussi portraitiste emblématique à la manière occidentale, avec un grand raffinement de mise en page et d'éclairage. Les photographies de prisonniers ont disparu. L'oeuvre est estimée à 6000 négatifs, dont les épreuves sont signées par l'artiste de son vivant.

Expositions : 1987, Gagosian, New York, (P) ; 1993, rencontres photographiques de Normandie, Rouen, (G) ;  1997, Scalo, Zürich,, (P) ; 1995, Fruit Market, Édimbourg (P) ; Agnès b, Paris, (G).

Rétrospective : 1994, Fondation Cartier, Paris ; 2001, Sean Kelly, New York.

Musées : Contemporary African Art Collection, Genève : 921 négatifs.

Succession : En 2005, éclate une controverse ; un malien apporte au critique Michael Rips à New York, un cliché semblable à ceux connus mais d'une impression pâle et portant le cachet du studio de Keita, daté de 1959, provenant d'un baril contenant 7000 négatifs, enfouis lorsqu'on le force à devenir photographe d'Etat ; François Huguier, photojournaliste signale l'existence de ces clichés à André Magnin, conservateur de la collection d'art africain de Jean Pigozzi qui acquiert un certain nombre des 921 négatifs proposés. Apparus à la fondation Cartier en 1994, agrandis d'un tiers ; Keita proteste déniant avoir été associé à l'opération, convaincu que ses clichés sont imprimés et signés par Magnin, encore que, assistant en 1997 à l'exposition Gagossian*, il n'émette aucune réserve. Signatures, agrandissements et tirages sont donc contestables et font passer de petits clichés authentiques, vendus quelques milliers de francs CFA à de grands formats négociés jusqu'à 22,000 $. en 2005. L'Assoiation Seydou Keita, accorde paradoxalement à Charles Griffin, le droit d'imprimer les négatifs et de les remanier et assigne, en 2004, Magnin et Pigozzi qui assurent avoir remis leurs clichés à Lancina Keita, frère du défunt, lors de ses funérailles. La représentation des droits de Keita est accordée à Sean Kelly.