Fiche de présentation

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RUFF, Thomas

né en 1958 à Zell am Hamersbach, Bade-Wurtemberg, Allemagne ; 1977-1985, Beaux-arts, Düsseldorf chez Bernd Becher*; y enseigne ; vit à Düsseldorf.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Photographe

Présentation : Pour commencer, il photographie, en noir et blanc, des intérieurs d'appartements de manière aussi neutre que possible. Il est surtout connu, en 1980-1985, comme portraitiste en couleur, il montre des bustes de face, et moins souvent de profil. Simultanément, il prend des intérieurs petits-bourgeois, (1980-1982). A compter de 1986, et jusqu'en 1991, il les agrandit aux dimensions de 2,10 x 1,65 m. Autant dire immenses. La taille métamorphose et l'aspect du personnage et le regard porté sur lui qui devient celui d'un nain vis-à-vis d'un géant, avec ce que cela peut emporter de modification psychologique chez le regardeur tandis que le sujet reste froid sans que quelque sentiment lui puisse être attribué. Ses amis sont pris au Photomaton* et il rend bleu leur regard. Il emprunte des négatifs à l'Observatoire austral européen, ls recadre et les imprimes dans de grand format, Etoiles, (1989), tapis de scintillement. De 1981 à 1991, il rephotographie des photos de presse en les dépouillant de leur légende et en montrant ainsi l'inanité des publications dont il pratique le piratage* et qui, en tant que telles ne véhiculent aucun message. Il photographie des bâtiments à la triste architecture stéréotypée, House, (1988-1989) et des villes la nuit, avec des lampadaires qui renvoient une lumière glauque sur un pavé humide, Night (15), (1999). Il reprend sur internet des photos pornographiques qu'il manipule à l'ordinateur pour les rendre floues, Nudes, (1999, 2003). Outre ses images classiques d'immeuble, et d'autres camouflées sous la trame d'un cliché, il montre de vastes compositions non-figuratives faites de tournoiements de couleurs acides fondues l'une dans l'autre et titillant la rétine (2003). Il pirate encore des plaques de verre ayant servi à un catalogue de machines-outils, les numérise et reprend, pour leur impression en noir et blanc, le parti du très grand agrandissement, (2003). Continuant ses emprunts, il montre de vastes paysages qui suscitent une impression de déja vu ou tout au moins de plausible : Central Park, ou temple ruiné façon Angkor, ou train en marche dans une courbe ou l'explosion new yorkaise du 11 septembre 2001. Eh non ! si on approche on prend conscience de la pixelisation par carré de couleurs vibratiles comme s'il s'agissait d'art optique*; il dit que c'est le résultat de l'informatisation de toutes sortes d'images, celles recueillies dans les publications, journaux voire mangas ou prises lui-même mixées et ajustées pour donner l'illusion ressentie ; l'oeil ne peut découvrir l'origine de ces composantes, tout est titré jpeg ag 01 ou 2, ou 3.. (2004-2006).

Expositions : 1981, Rudiger Schöttle, Munich, (P) ; 1982, Art Gall. New York, (P) ; 1986, Philip Nelson, Lyon, (P) ; 1992, Arc, Paris, (G) ; 1999, 2006, Nelson, Paris, (P) : 2010, Cité internationale des arts, Paris, (G).

R├ętrospective : 2001, Kunsthalle, Baden-Baden et Tate, Liverpool.