Fiche de présentation

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NEWTON, Helmut ( Helmut Neustädler, dit )

né le 31 octobre 1920 à Berlin, Allemagne ; 1927, premier regard sur une prostituée ; 1932, commence à photographier ; 1936, apprenti chez le photographe Yva ; 1938, émigre à Singapour ; 1940, s'installe en Australie et en prend la nationalité ; 1942-1945, s'engage dans l'arme australienne et adopte le nom de Newton ;  1948, épouse June Brunel, devenue June Alice Springs* ; 1957, vit à Londres, contrat  avec Vogue Britannique ; 1961-1981, vit à Paris ; 1961-1964 travaille pour Vogue France  et à compter de 1966 ; 1964, achète une maison à Ramatuelle et travaille pour Courrèges ; 1968, pour Elle ;  1971, pour  Vogue Amérique ; à New York, une crise cardiaque le force à limiter ses activités ; 1981, s'installe à Monte-Carlo ; 1990, Grand prix national de la photographie, en France ; 2004, meurt le 23 janvier dans un accident de la route à Hollywood comme suite à une attaque cardiaque ; inhumé au cimetière Friedenau de Berlin, non loin de Marlène Dietrich dont l'époque l'inspira.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Photographe

Présentation : Photographe de presse à Singapour et photographe d'évènement familiaux à compter de son arrivée en Australie.
Son Autoportrait dans le studio d'Yva, (1936) ouvre la série  de profil, un beau jeune-homme, entouré d'attributs photographiques, pour se clôturer par Leaving Las Vegas, (1998), le mouvement d'une sur une route suggéré par le flou. Il se rapproche du pop* avec Fat Hand and Dollars, Monte-Carlo, (1986) et ces anguilles du musée océanographique de Monaco, Moray Eels, (1988).  On a tort de limiter son art à la mode.
Vogue
Il connaît les ressources de l'érotisme ; les modèles qui lui sont livrés sont dument mis en beauté par les plus grands maquilleurs professionnels, pour des clichés souvent uniques. ; ses images lui demandent une longue préparation, notes, croquis ou polaroïds. Un modèle poursuivi par un aéroplane bi-plan, (1967).  Le duo Yves St Laurent, (1975)  dans la rue Aubriot à Paris, fait choc ; double photo, l'une d'un mannequin habillé en smoking, seul, l'autre du même doublé par une femme nue mais en chapeau à voilette. C'est le LÀ d'une métamorphose de la photo de mode. "Une bonne photo de mode doit ressembler à tout sauf à une photo de mode, à un portrait, à une photo souvenir, à une photo de paparazzi." Il multiplie les mises en scène, noires généralement et en tire des images esthétiques, loin de la "porno chic" dont on l'affuble. Saddie, (1976), femme nue à cheval sous une selle d'équitation. La série des supplices d'une scène de fouet dans Intérieur, (1970) aux prothèses de Jassara, (1977), Lia, (1980, dans ses liens, représentent ce qu'il appelle mon mauvis goût. Les Grans nus, (1980-1993), vingt et un clichés de femmes nues, grandeur nature, légèrement ombrées et Elles viennent nues, elles viennent habillées, (1981) double photo de mannequins féminins, dans une position rigoureusement identique, nus d'un côté, habillés de l'autre; épreuves souvent uniques. En 1979, il invente la photo aux rayons , il va avec ses modèles chez un radiologue, les couvre de bijoux et obtient de saisissantes vanités dans lesquelles seules les armatures métalliques de bijoux apparaissent ; il donne aussi les très énigmatiques Victimes du prince de Sansevero, (1990), quand les cadavres sont présentés comme des figures en fil de fer. Au début des années 1980, il reprend la photographie en couleur pour les catalogues des grands couturiers, ne gommant pas la femme mais mettant en vedette, comme toujours, le vêtement et adaptant son style à celui des créateurs de mode, Blumarine, (1998).  Autoportrait avec June et modèles, (1981), ou le retour aux Ménines par la subtilité de la construction, nu de dos, reflété dans un miroir avec le photographe au travail et dans le studioJune devant une fenêtre ouverte sur la rue.
Portraitiste
Double prise d'Yves Saint-Laurent, en pied, grandeur nature,(1969). Karl Lagerfeld, (1975), jeune, Dali, (1986) en fin de vie, peignoir, appareil respiratoire et grand cordon d'un ordre espagnol, Leni Riefensthal, (2000), pour laquelle les rides servent d'ornement, l'une des rares vieillarde photographiée. Triple porttrait Daniel, Guy, Alec Widenstein, (1999), captant trois regards différents.Ayant collectionné depuis toujours les photos de praparazzis*, il s'en inspire, soit pour reconstituer des scènes, , soit pour les reprendre telles quelles dans une photographie de grande dimension de la page d'un journal ; ainsi en va-t-il du quotidien  Le Monde, du 30-31 août 1998, on rend compte d'une de ses expositions, en juxtaposant le portrait de Le Pen avec ses Dobermann, (1997) et celui d'Hitler avec son berger allemand, pris en 1938, par Heintich Hofmann, son photographe officiel. En couleur, Stephanie de Monaco, (1986),  et Caroline de Monaco, (1986), regards durs sinon plus.


Expositions : 1975, Nikon, Paris, (P), Canon Gall. Amsterdam, (P) et Emily Love, New York ; 1979, American Center, Pari, (P) ; 1981, 2003, Daniel Templon, Paris, (P) ; 2005, Grimaldi Forum, Monaco.

Rétrospective : 1984, Musée d'Art moderne de la ville, Paris ; 1985, Musée de l'Automobile, Turin ; 1986, Palais de l'Europe, Menton ; 1987, Musée de Groningen ; 1988, Musée du XXe siècle, Vienne, Martin Gropius Bau, Berlin, et National Portrait Gallery, Londres ; 2000, Neue National Galerie, Berlin ; 2001, Barbican Londres.

Musées : Fondation Newton et Springs, Berlin, plus de 1000 clichés.

Citation(s) : Il a dit :
- Dans la mode, il faut créer une histoire. Chaque photo repose sur, une idée neuve. Tandis que dans le portrait, l'idée, c'est la personne. Il n'est pas nécessaire d'inventer. Le regard et la présence suffisent. J'adore la vulgarité. Je suis très attiré par le mauvasi goût, beaucoup plus excitant que le prétendu bon goût, qui n'est qu'une normalisation du regard.
- J'aime photographiert les gens que j'aime, ceux que j'admire et ceux qui sont célèbres surtoutquand c'est pour de mauvaises causes. 
- Rien n'a été retouché, j'ai photographié ce que j'ai vu.

Bibliographie(s) : En 1999, l'éditeur Taschen lui consacre un livre de 480 pages de 50 x 70 cm, 30 kg posés sur un chevalet dessiné par le créateur Philippe Starck et tiré à 10 000 exemplaires.

Archives : Musée de Charlottenburg, Berlin.