Fiche de présentation

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VLAMINCK, Maurice de

né le 4 avril 1876 à Paris, France ; père flamand (De Vlaminck signifie " le Flamand ") ; 1893, ses parents s'installent à Chatou et il commence à peindre en autodidacte ; 1896, naissance de Madeleine Berly-Vaminck*; 1898-1900, service militaire; 1900, loue un atelier à Chatou, avec Derain*; 1901, découvre Van Gogh ; 1905, s'installe à Rueil ; achète des sculptures africaines ; 1906, fait connaître à Picasso* les masques qui lui inspirent Les Demoiselles d'Avignon; Ambroise Vollard* lui achète l'essentiel de son atelier ; 1925 s'installe à Verneuil-sur-Avre ; 1958, y meurt le 11 octobre.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Tout ce qu'il fait de 1893 à 1900, a disparu. Ses premières toiles connues sont violemment expressionnistes* à la manière de Die Brucke*, Sur le zinc, (1900, Calv), ou L'Homme à la pipe, (1900, MNAM). Il s'apaise avec des toiles sans reliefs, La Petite fille à la poupée, (1902, musée de Chartres) ou Les Bords de Seine à Nanterre, (1904). La transition se fait avec La Vallée de Port-Marly, (1904) aux couleurs franches, prémisse du fauvisme* qui éclate dans Le Pont de Chatou, (1905, MFAH). Matisse* - fauve* en chef - découvre, au printemps 1905, que les recherches de Vlaminck vont dans le sens des siennes.
Depuis 1900, avec Derain* à Chatou, ils s'accordent, 1905 à 1908, pour libérer la couleur, Village, (1905, FME) ou Les Oliviers, (1905, Th-B) et Maison et arbres, (1908, KZ). Des paysages donc en priorité; mais aussi Le Vase de rose, (1907) simplement expressionniste* et quelques figures comme La Fille du Rat mort, (1905) ou Les Baigneuses, (1908), dont la construction ainsi que des touches sont cézaniennes, les visages viennent des masques nègres et le chromatisme est violent; exceptionnellement, il borde en noir épais, Le Havre, les bassins, (ca.1905). Exceptionnellement, un portrait, Guillaume Apollinaire, (1904-1905, LACMA), fauve et gourd. C'est sa période la plus haute et la plus exigeante, la plus éblouissante au sens propre. les rouges, les jaunes, les bleus, sortent des tubes pour s'étirer en touches. Puis la palette se tasse avant de s'assombrir, Les Écluses à Bougival, (1908, NGOs) ; il s'inspire du cubisme cézannien, use du vert et du marron, Trois Paysages, (1909, Erm),  Paysage urbain, (1909, MAMS) ou Nature morte, (1912). Il travaille de cette manière jusqu'en 1915, avant de raviver les couleurs, Village au bord de la Seine, (1915, musée de San Diego).  Quelques natures mortes fauves en 1905 et 1907. Et cette manière de poser les couleurs dans des limites imprécises sur une prise de vue de guingois, Paysage aux maisons, (1914), à la manière, une nouvelle fois, de Die Brücke*. Le Village, (c.a.1920), d'un expressionnisme apaisé.
Cependant, depuis 1920 et durant trente-huit ans, il s'identifie à ce qu'il y a de plus violent dans l'expressionnisme* français. Sa production ne résiste pas toujours à la facilité ; elle comporte des bouquets et des paysages tragiques, et tout à fait exceptionnellement des portraits ou Le Port,(ca.1930). La neige salie, les maisons délavées et le ciel blafard plantent les éléments des toiles en triangle, coupées en leur milieu par un chemin à la fuite rapide, dans une perspective raide. Le coup de brosse livide est rapide qui, ébauchant à peine l'oeuvre, la construit plus qu'il n'en trace le sujet. À ce Permeke*, il manque maintenant la démesure pour atteindre les sommets ; ses outrances restent latines, c'est-à-dire mesurées.
De 1905 à 1910, en collaboration avec le céramiste André Metthey, il crée plats et vases.

Expositions : 1905, salon d'Atomne, Paris; 1907, Libre esthétique, Bruxelles; 1910, Vollard, Paris, (P) ; 2001, Derain-Vlaminck,1900-1915, Musée de Lodève, (G)  ; 2008,  Musée du Luxembourg, Paris, (P) ; 2015, Rueil-Malmaison, (P)

R├ętrospective : 1908, exposition itinérante en Allemagne, (G) ; 1956 galerie Charpentier, Paris ; Musée des Beaux-arts, Chartres. 

Citation(s) : Il a dit : -Ce qu'est le fauvisme? C'est moi, c'est ma manière de peindre à cette époque. -Ce que je n'aurais pu faire dans la société qu'en jetant ue bombe- ce qui m'aurait conduit à l'échafaud- j'ai tenté de le rééaliser dans la peinture, en employant es pures couleurs sortant de leur tube. J'ai satisfait ainsi à ma volonté de détruire, de désobéir, afin de recréer un monde sensible, vivant, et libéré.On a dit : -Vlaminck se montre extrêmement aimable et soumet à notre appréciation une vingtaine de toils que je trouve très belles et dont il est assez fier. " Vous allez voir, nous dit-il, des choses surprenantes... Hein, est-ce assez beau? Et c'est de la peinture! Voyez ça et ça, ce ciel tragique, cette route où il va arriver quelque chose... " Les commetaires me dispensent de faire les éloges d'usage. [...] Un peu plus tard, il dit brusquement : " Ma peinture est la meilleure. " Cette parole me plaît; c'est ainsi, en effet, qu'il doit penser pour peindre. Il ajoute, et je le regrette : " Cela vous paraît diot, sans doute. Mais si j'adjurais M. Renoir, je ne pourrais pas peindre. Rousseau était très bête. Il voulait peindre comme Bouguereau qu'il espérait ou croyait copier. " (Julien Green, Les Années faciles). -Je peins, je vends, je peins, je veds. Il a été un grand peintre jusqu'en 1910. Un très bon peintre jusqu'en 1920. Après, c'est n'importe quoi. (Daniel Wildenstein).

Bibliographie(s) : Maïthé Vallès-Bled, Catalogue raisonné, Vlaminck, période fauve, Institut Wildenstein, Paris, 2008.