Fiche de présentation

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VAN DER LECK, Bart

né le 26 novembre 1876 à Utrecht, Pays-Bas ; 1891-1899, travaille dans un atelier de vitraux ; 1900-1904, Arts décoratifs et Beaux-Arts d'Amsterdam ; 1907, séjourne à Paris ; 1908, revient aux Pays-Bas ; 1916, rencontre Mondrian*; 1917, co-fonde De Stijl*, mais rompt avec la revue dès l'année suivante ; 1958, meurt le 13 novembre à Blaricum.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Sitôt passée l'influence expressionniste* de Munch*, Danse près de l'orgue de Barbarie, (1905, KMO) ou Trois Ouvriers, (1908, KMO), sitôt franchie l'étape de " l'impressionnisme hollandais ", avec des pâleurs et un immobilisme qui renvoient à Seurat*, La Sortie de l'usine, (1910, BvB), puis La Charrette à chien, (1912, BvB), il entame sa propre carrière avec Les Aveugles, (1912, KMO), acte premier du dépouillement : trois figures aux têtes carrées et à la bouche entrouverte, se détachant, statiques, sur un fond de rue sobre, appartiendront désormais à son univers. Au marché, (1913, MAMVP), un plan américain montre une foule réaliste* devant des étals supposés. Fond blanc, peinture à la caséine sur support en aggloméré de ciment.
De dépouillement en dépouillement, une évolution vers un style schématisé, publicitaire, pop* avant la lettre, s'affirme pour se contenter de personnages découpés comme un jeu de bois sur un fond uni, Chasseur, (1913, KMO). Dans Aide-maçon, (1914, SMA), les objets sot réduits à l'état de symboles, juxtaposés au personnage, sans lien organique. Dès L'Accident, (1913, KMO), la présentation latérale des personnages se fait à l'égyptienne ; les gestes sont figés, le temps est arrêté. Quant au chromatisme, il adopte les primaires, l'un des articles du credo du néoplasticisme* auquel il va se vouer, La Tempête, (1916, KMO) ou Dockers, (1916, KMO), figuratifs.
Sa première oeuvre néoplasticienne, Composition, (1916, KMO), se veut le portrait de sa fille Noortje ; tout en prétendant faire encore de la figuration, il l'abstrait à ce point que seul le peintre peut connaître la réalité dont la toile est issue. Il n' y a plus aucune volonté de représentation dans Composition, (1918-1920, HGM), avec ses quatre carrés entourant quatre triangles, très à l'aise sur fond blanc, ou avec une rigoureuse dépôt de barres, Composition n°3, (1916, MNAM). De temps à autre, on perçoit encore une silhouette morcelée en géométries, Portrait de petite fille, (1926, KMO). Son néoplasticisme cherchant à suggérer quelque réalité est plus " fantaisiste ", moins rigoureux que la stricte orthogonalité de Mondrian, Composition, (1918). Mais lorsqu'il intitule Composition 1917, n° 4, (1917, KMO), la sortie d'usine c'est qu'il est parti de la réalité, l'abstrayant non jusqu'à ses lignes principales, non jusqu'à ses volumes principaux, mais à ses essentielles géométries indépendantes sur fond blanc, et le spectateur est, le plus souvent, dans l'incapacité de retrouver la réalité sous-jacente, comme Paysage algérien avec village, (1917, Th-B) ; ici, la représentation supposée est passée au blanc et n'apparaît plus que par des plots colorés, en jetés de carrés, de rectangles, de bandes, de triangles, de parallélogrammes, parmi lesquels apparaît la diagonale; quoique séparés les uns des autres, ils restent toujours rangés en quinconce ; il en va de même de Vase de roses, (1928, BvB). De 1956 à 1958, il substitue le beige au jaune, Femme aux avions, (1956). De 1914 à 1916, il a une activité importante dans les arts appliqués et la continue jusqu'au soir de sa vie en fournissant pour des bâtiments diver des plans de couleur.

Expositions : 1949, 1959, Stedelijk Museum, Amsterdam; 1980, Institut néerlandais, Paris ; 2010, De Stijl, Centre Pompidou, (G).