Fiche de présentation

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SIMA, Joseph

né le 19 mars 1891 à Jaromer, Bohême, République tchèque; 1909, École supérieure technique et école des arts et métiers de Prague; 1911-1918, Beaux-Arts de Prague; 1919-1920, École supérieure technique de Brno; 1921, vient en France et travaille comme verrier à Hendaye, puis s'établit à Paris; 1923, atelier Kupka à Puteaux; 1926, naturalisé français; 1927-1933, participe au Grand Jeu*; 1939-1949, ne peint que deux toiles; 1950, recommence à peindre; 1971, meurt le 24 juillet à Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Avant d'être le peintre de la lumière, de l'impondérable des " espaces d'incertitude ", il peint un Portrait d'Auguste Perret, (1922, MPSG), qui se situe dans la lignée forte des portraits quef aitt Matisse*, d'Auguste Pellerin notamment, en 1916. Exception stylistique, car si Nadine Germain, (1922, GNP) ressortit à la Nouvelle objectivité*, ses portraits suivants, Berenice Abbott, (1928, GNP) ou Hélène Povoloskyu, (1930), comme René Daumal, (1930, musée de Reims), sont " des yeux inquiets contemplant des miroirs inquiétants " (Gilbert Lecomte), se détachant en tremblant sur un environnement nu coloré, visages fantomatiques surgissant d'une brume noire, violacée, verdâtre. Par ailleurs, peintre de vigoureuses figures, de vigoureux paysages, brossés et construits, sous influence puriste* avec la simplification, colorée en contraste, des formes. Il donne aussi une abstraction* géométrique diverse : Ballon, (1926, GNP), une construction d'abstraction géométrique, se référant à la réalité éponyme. Avec Cristal, (1925, musée de Reims), il préfigure ce que sera, après 1928, sa peinture abstraite : un parallélépipède explicite sur un fond uni fuligineux. Ce cristal est récurrent comme le signe du solide qui réussit à diffuser la lumière impalpable. Vient l'oeuf, allié à l'esquisse d'un corps féminin, Europa, (1927, GNP), Après-midi extraordinaire, (1932, ibid.), à des formes indécises, surréalisantes, frottées comme Ernst*, apparition fantomatique d'un voile ectoplasmique, qui flotte dans des paysages, Midi le juste, (1928, MNAM, et GNP), que l'on a vu apparaître dans Le Havre, (1923). Cela, c'est le paradigme de l'oeuvre. Il prolonge ses travaux surréalistes* avec un collage subtilement érotique, Les Amants, (1934, GNP). Figuration reprise dans Révolution en Espagne,  (1937, GNP). D'après ses dires, il s'agit de la transposition des brins d'herbe qui, lorsque vous êtes allongé dans un pré, vous semblent monter jusqu'aux nuages et porter sur leurs tiges tout le poids de la voûte céleste. De 1928 à 1932. Il reprend alors les ormes de cristal de 1928, avec le seul objet de capter la lumière sur la roche, dans l'air, sur l'eau ou dans une nature plus explicite. Tout est modulation de couleurs sourdes. Tout est chasse au photon. Après un silence de sept ans, de 1943 à 1950, il et le peintre des infinis : il reprend sa peinture en insistant sur l'aspect arachnéen des choses : ses Plaines de Brie,, de 1950 à 1953, ne sont que plans transposés à la verticale, tracées de fines lignes irrégulières dans lesquelles tremblent l'ar, la terre et la végétation, La Route nationale, (1954, MAMStE); l'espace dépouillé, gréé de traits construits par un grand ordonnateur géomètre, est sillonné de quadrilatères démultipliés en feuilles par un souffle, dans les tons mêmes des horions bleus ou gris, ténus et vibratiles. Le jeu de la ligne, de l'espace et des formes aboutit à la profondeur. Les paysages de 1953 à 1957, deviennent pondéreux et les turbulences, celles des nocturnes, La Forêt oublieuse, (1955, DMCH). C'est la nuit et les formes qui l'habitent se répètent, se dédoublent et se fanent. Vient ensuite le monde d'Orphée, celui du passage de la nuit à la lumière avec la clarté qui se découpe dans les ténèbres, l'éblouissement dans le jour, Orphée, (1957, MAMV), Ténèbres pâlies, (1960, musée de Reims). Enfin, à compter de 1957, c'est un retour à l'étude de l'impondérable, de l' invisible, du fugace, et l'on retrouve les formes du vocabulaire de toujours, le diamant, les feuilles en vol, les parallélépipèdes immatériels, les ouvertures sur l'au-delà, qui transforment un moment de lumière en moment d'éternité, Terre Lumière, ((1967),   esquisse d'un basssin féminin

Expositions : 1921, Prague (G); 1923, Topic, Prague (P); 1924, Salon des Tuileries, Paris; 1927, Joseph Billet, Paris (P).

Rétrospective : 1936, Obecni dum, Prague; 1968, Galerie nationale, Prague, Galerie morave, Brno, Galerie nationale, Bratislava, et Musée national d'art moderne, Paris; 1992, musée d'Art moderne e la ville, Paris.

Musées : musée Saint-Denis, Reims, 5 oeuvres.

Lieux publics : 1959, vitraux de Saint-Jacques à Reims.

Citation(s) : On a dit : - Je ne reconnaîtrai jamais le droit d'écrire ou de peindre qu'à des voyants (Roger Gilbert-Lecomte).