Fiche de présentation

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LESAGE, Augustin

né le 9 août 1876 à Saint-Pierre-les-Auchel, Pas-de-Calais, France ; 1890, entre à la mine de Ferjay ; 1909, consulte un astrologue ; 1911 ou 1912, entend une vox qui lui dit " Tu seras peintre "; 1912, fréquente à l'Institut psychotique de Sin-le-Noble près de Douai ; 1913,  devient guérisseur; 1914 à 1916, mobilisé ; 1918, s'établit à Burbure, Pas-de-Calais ; participe au mouvement spirite qui le prend en charge sur le plan matériel, puisqu'il ne vend ses toiles qu'au prix de revient des matériaux, et sur le plan promotionnel ; à ce titre, on lui organise des voyages en Europe et en Afrique du Nord, de l'Égypte au Maroc ; 1923, cesse son métier de mineur ; 1953, est énucléé de l'oeil gauche ; 1954, meurt le 21 février à Burbure.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Les premiers dessins de 1912 (Mus. de Béthune) rappellent l'écriture automatique, et deux au moins, le graphisme aigu de Masson*. Sa grande oeuvre, Évangile prédit par Christ, prédit par Moïse en l'an 1540 avant la naissance de NSJC, Jésus-Christ, Marie, Mère, Moïse, Jean, Isaac, David, Jacob, Judée, (1912-1913, ABL), 3 x 3 m, est la plus extraordinaire de ses réalisations, réunissant en zones séparées, mais dans un tout homogène, le sommet de son talent. Ensuite viendront presque exclusivement des toiles d'une symétrie parfaite, construites en bandes horizontales de petits motifs décoratifs, eux-mêmes remplis de plus petits motifs :à une rosace répondra une rosace, à une mandorle, une autre mandorle, etc.; le tout est très architectural, indianisant, le haut de la toile partiellement vide laisse se découper les coupoles, les dômes, les alvéoles, les volutes de ces temples imaginaire où les grotesques de l'hindouisme sont remplacés par la suite des micro-ornements, et dans lesquels la figure n'apparaît que rarissimement, Sans titre, (1923-1925, ABL) et Sans titre, (1925, Mus. de Béthune). En revanche, titre, maxime, signature, dédicace apparaissent très tôt dans une anglaise appliquée de bon instituteur. De 1927 à 1929 apparaît la courbe interne aux constructions, des ailes d'oiseaux, des figures multiples, Confrontation symbolique, (1928, Mus. de Béthune). Lorsque les seuls motifs sont en cause, les quadrangulaires du bas, s'opposant aux courbes du haut, instaurent un semblant de perspective : autel surmonté de motifs aviformes. À compter de 1929, la rigueur qui avait été la règle absolue se relache ; interviennent les motifs égyptiens, Sans titre, (1930), ou Composition symbolique sur le monde spirituel, (1940, Mus. de Béthune), ou sulpiciens, Avenir pour l'humanité, (1932,ABL). Que la minutie ordonnée des décorations figuratives ait étéréalisée avec des boutons, des losanges, tout un matériel de gabarits n' était pas apparent; par contre, les figures que l'on retrouve maintenant identiques mais différemment environnées dans des toiles diverses ne peuvent, évidemment, que provenir de pochoirs; la variété provient dès lors de la structure, toujours symétrique, et de la sélection des motifs dispersés par unités. Les teintes employées, nombreuses (une cinquantaine?) mais sourdes, confèrent à ces toiles l'aspect de broderies au petit point du XIXe siècle, un peu fanées. À la fin de sa vie, il retournera à ses origines par la suppression des figures, mais en conservant les ondulations de bas en haut de son époque " indienne ", Sans titre, (1950, Mus. de Béthune). Qu'il ait peint sous inspiration spirite, on y insiste lourdement; il fut peut-être simplement un autodidacte bien organisé, d'un style bien rangé, apportant à son art brut* le classicisme que son contemporain, proche et si éloigné, Wolfli* avait ignoré pour se réfugier dans le baroque de sa schizophrénie. Il laisse environ 800 oeuvres.

Expositions : 1924, Hôtel de ville de Douai.

Rétrospective : 1988, Musées d'Arras et de Béthune.

Musées : Béthune, 15 oeuvres ; Musée de l'Art brut, Lausanne, 8 oeuvres.