Fiche de présentation

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GONTCHAROVA, Nathalie

née le 21 juin 1881 à Nagaevo, Toula, Russie; 1898-1902, école de peinture, sculpture et architecture de Moscou; elle s'y lie avec Larionov*qu'elle ne quittera plus; renonce à la sculpture pour la peinture; 1910, participe au Valet de carreau*; 1913, signe le manifeste du rayonnisme*; 1914, vient à Paris et collabore aux Ballets russes*, sans réduire son activité de peintre de chevalet ; 1925, se consacre presque exclusivement aux décors de théâtre ; 1938, naturalisée française ; 1955, épouse Larionov ; 1962, meurt le 17 octobre à Paris; est enterrée à Ivry.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : L' Autoportrait aux lys jaunes, (1907, GTM), marque à la fois ses débuts et une tendance à un léger fauvisme* - qu'elle amplifie encore dans Le Paon sous le soleil éclatant, (1911, GTM).  Elle glisse vers le néoprimitivisme* naïf, d'un dessin massif, sculptural et fruste, Plantation de pommes de terre, (1908, MNAM) ou Les Lutteurs, (1909-1910, MNAM, et MRL), Les Lavandières, (1911-1912, MRL). Le folklore slave s'exprime dans Moisson, (1911), polyptyque de 9 tableaux, répartis entre divers musées, dont le MNAM, à la dominante jaune vif, rouge vif, bleu vif, tout en flammes de dessins, qui peuvent se réclamer du rayonnisme*, alors que Vendanges, (1911), polyptyque également de 9 éléments, répartis entre différents musées, dont le MNAM, fait plutôt penser à une ascendance nabi avec ses à-plats, circonscrits par un trait olive, tout comme La Baignade des chevaux, (1911, GTM). Durant ces mêmes années, Nature morte à la bouteille, (1909-1910, musée Simbirsk), est fait d'une minutieuse touche cézannienne, comme Portrait de Verlaine, (1909, MNAM). Vers 1910, elle peint des tableaux religieux à la manière des icônes auxquelles elle instille du neo-primitivisme, Sainte Barbara,(1910, GTM), d'inspiration byzantine revue par les élongations et les bordures dégressives qui annonce un cycle, Liturgie, (1915-1927, MNAM), portefeuille de 16 maquettes, fait passer le hiératisme byzantin dans le creuset acéré du rayonnisme ou du cubo-futurisme*, c'est selon. Portrait de Tatline, (1911, MNAM), bruisse de lamelles dans lesquelles le visage est évoqué. À compter de 1912, c'est l'abstraction rayonniste* avec des spirales venues du ruban de Moebius, Paysage rayonniste, la forêt, (1913, Th-B), La Lampe électrique, (1913, MNAM) ou Dame au chapeau, (1913, MNAM), et parfois une oeuvre nettement futuriste, Le Cycliste, (1913, MRL) et son pendant, La Trotinette, ou Airplane over a Train, (1913, musée de Kazan). On date du début des années 20, le cycle des Espagnoles, même si l'annonce en est La Danseuse espagnole, (1913, AIC), en camaïeu de blancs, dont on pourrait croire qu'il 'agit d'un collage de dentelles à la fois habillement et décor, pour une figure plus grande que nature, avec des pâleurs beiges à la Pascin*, comme La Femme au miroir, (1920), ou au contraire, avec une violence expressionniste* qui annonce les Nouveaux fauves* allemands. Les Baigneuses, (1922, GTM), triptyque, en marron beige, orangé gris, se présente comme des pièces de puzzle découpée et superposées. Ce cycle, continué jusqu'en 1940, va d'un cubisme* synthétique, très décoratif, à une peinture traditionnelle. Six toiles sont au MNAM, à Paris. Et pour clore cette série, 1925-1935, (MNAM), retour au cubisme analytico-déco. Certains tableaux datés de 1909 à 1917 se trouvant en Europe occidentale sont des répliques postérieures d'oeuvres laissées en Russie. Le balancier se déplace ensuite, régulièrement, entre la non-figuration* décorative, dite " cosmique ", Composition, (1930-1940, MNAM) ou plus tard, Espace, (1958, MNAM) ou le retour au rayonnisme, Forêt d'automne, (1950, MNAM), l'abstraction " industrielle ", Le Pont, (1954, MNAM) reprenant ainsi l'exercice de ses talents variés. Elle réalise plusieurs décors et costumes de théâtre, notamment pour Diaghilev, Coq d'or, (1914, MAPP).

Expositions :

1906, Salon d'Automne, Paris ; 1910, Société d'esthétique libre, Moscou, (P) ; 1914, Paul Guillaume, Paris, (P).

Rétrospective : 1913-1914, Moscou et Saint-Pétersbourg ; 1922, Kingore, New York, (P); 1948, Les deux îles, Paris ; 1956, gal. de l'Institut, Paris ; 1961, Arts Council, Leeds ; 1973, musée Toulouse-Lautrec, Albi ; 1995, Musée national d'art moderne, Paris

Musées : Les musées russes,et surtout la galerie Tetriakov, Moscou.  Le Musée national d'art moderne, Paris, avec 169 oeuvres dans le fonds Gontcharova-Larionov.