Fiche de présentation

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FAVIER, Philippe

né le 12 juin 1957 à Saint-Étienne, Loire, France; 1978-1979, infirmier psychiatrique; 1979-1983, Beaux-Arts de Saint-Étienn e; 1985, prix de Rome; séjourne épisodiquement à la villa Médicis et finit par renoncer; 1987, enseigne aux Beaux-Arts de Saint-Étienne; vit dans la Drôme.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Après une année de conceptualisme*, il réagit, à compter de 1980, contre la tendance dominante depuis l'après-guerre, de l'école de New York* au néo-expressionnisme* des années 80, d'une peinture à destination des musées. Il prend donc le contre-pied en oeuvrant dans le minuscule : construction de motifs narratifs, dessinés au crayon-bille, peints à l'acrylique, sans loupe, et assemblés en figures fantaisistes d'une trentaine, voire d'une dizaine de centimètres de haut, tout ondulantes de mouvement, apposées à même le mur; à une échelle se situant immédiatement au-dessus de la miniature; ces arabesques aux petits points sont un peu perdues sur une surface et s'y trouvent métamorphosées en filaments abstraits de microscopes ou de télescopes, Hommage à Altdorfer, (1980, MAMStE). Vers 1983, il commence à travailler en églomisé y ajoutant parfois la gravure du verre; il y rend luminescentes de petites natures mortes ou de petites scènes de genre, Château Chasse-spleen, (1985, MCM), Les Vents, (1986, MNAM), ou encore de minuscules lettres qui sourdent du noir et présentées comme des cabochons. Et ces collages et peintures, qui, à première vue, sont des taches justement centrées, s'avèrent, de près, être des objets ou des figures pour maison de poupée, Composition au balcon, (1988, VP), en bleu et rouge, en rectangle et rond, de sorte que ce pourrait être une illustration figurative de Cercle et Carré*. Puis il use de l'émail et encadre ses verres dans des rebords de métal à la forme de boîtes à sardines, Les Îles vagues, (1988, musée de Coblence). En contrepoint, il passe à de grands formats, encres sérigraphiées, noires comme le velours des écrins sur lesquels il pose un objet à une échelle petite et qui trouble, encore une fois, mais différemment, le spectateur dans ses idées reçues sur la relation à l'espace, Sans titre, (1988, FRAC Picardie et MAMStE). La Légende d'Ilomène, (1996, SG), quatre pièces, ronde, ovale, rectangulaire), en églomisé. Série des neuf Monsieur vous trouverez mon jardinier sur une nouvelle planche, Betty, (1989) et la série où le support est une Ardoise scolaire, (1993). Autre changement, celui de la couleur, à compter de 1991, émail à froid pâle sur verre où les objets ne se reflètent plus mais s'effacent, Micro-climats, (1994, FNAC). À la fin des années 90, il rend ses motifs encore plus minuscules, en les peignant en retrait d'un carton blanc percé d'oeilletons. Il enlumine des Antiphonium, (2010). Graveur depuis 1981, il dépose les traits délicats d'un Klee* sur un support de boîte de conserve, de sorte que sa planche reproduit en même temps que le dessin érotique, ironique et funèbre, l'ovale ou l'arrondi, le relief du support, les défauts de l'usinage, la date limite de consommation, la marque ou le pays de fabrication ; il se saisit de ces indications pour en jouer graphiquement et comme source d'inspiration du sujet. Ses gravures ont la grandeur du timbre-poste ou de carte de visite. Il dessine des motifs pour robes, tapisseries et porcelaines. Il est aussi sculpteur à l'échelle de soldats de plomb.

Expositions : 1981, Napalm, Saint-Étienne, (G) ; 1981, musée d'Art moderne de la ville, Paris, (G) ; 1982, musée de Saint-Étenne, (P) ; 1983, Farideh Cadot, Paris, (P) ; 1991, 1997, Yvon Lambert, Paris, (P) ; 2009, villa Tamaris, La Seyne-sur-Mer, (P).

R├ętrospective : 1988, Finlande; 1996, Galerie nationale du Jeu de Paume, Paris.