Fiche de présentation

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VILLON, Jacques, ( Gaston Duchamp*, dit )

né le 31 juillet 1875 à Damville, Eure, France ; frère aîné de Raymond, Marcel et Suzanne Duchamp*; 1894, commence des études de droit et devient clerc de notaire ; travaille avec son grand-père, le peintre et graveur Émile Nicolle ; 1895, travaille dans l'atelier de Cormon*; 1897, donne des dessins à des journaux satiriques et choisit son pseudonyme à cause du poète, pour le nom, et du roman Jack de Daudet, pour le prénom ; travaille chez Toulouse-Lautrec; 1899-1902, faussaire d'art ancien pour le compte du marchand Mori associé au faux baron autrichien Godfrey von Kopp (Colin Simpon) ; il produit, entre autres, de nombreux Constable ; 1914-1918, mobilisé aux armées; 1922-1932, parallèlement à la peinture, grave pour la gal. Bernheim-Jeune, d'après des peintres modernes célèbres : Bonnard*, Braque*, Derain*, Dufy*, Manet, Marquet*, Maisse*, Modigliani*, Picasso*, Renoir, le Douanier Rousseau*, Signac*, Utrillo*, Vallotton*, Van Gogh et Vlaminck*; 1932, adhère à Abstraction-Création*; 1963, meurt le 9 juin à Puteaux.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Faussaire - Peintre

Présentation : Dès qu'il dépouille la gangue de son maître Toulouse-Lautrec et cesse de dessiner pour des journaux satiriques, ainsi que de s'absorber à graver, Le Petit manège de Caulaincourt, (1905), et à peine s'est-il essayé à la peinture qu'il adopte un style géométrique que seule une dizaine d'années non-figuratives* allait interrompre. Certes, son style est inspiré du cubisme*, mais il appartient à la deuxième génération qui a revu la radicalité des fondateurs. Il s'apparente aux futuristes*, Soldats en marche, Étude pour le jockey, (1912, MNAM, Paris), encore qu'il déclare n'avoir jamais eu connaissance des peintres de ce groupe. Il se réclame de la " section d'or ", autrement dit de la répartition pyramidale de l'espace ; chaque point que voit l'oeil est le sommet d'une pyramide idéale qui se développe jusqu'à sa base, et, inversement, chaque forme géométrique rencontrée par l'oeill fuit vers un point idéal, sommet d'une pyramide, Jeune fille, (1912, PMA). Il associe cette théorie à celles de Léonard de Vinci ; il poursuit l'harmonie parfaite des formes dans un rapport de proportions mathématiquement vérifiable. Ses toiles sont donc de plus en plus construites. Au départ, elles se trouvent rudement géométrisées dans les tons sombres du cubisme* orthodoxe, mais il tient à reproduire les arêtes imaginaires des pyramides qui grillagent l'oeuvre, Composition sur fond brun, (1921). De 1921 à 1932, c'est l'abstraction* non-figurative, au sens où Mondrian* la définit. De même que ce dernier est parti d'un arbre pour arriver aux carrés, lui part d'une Etude pour le Jockey, (1921, YUAG), pour arriver à  Le Jockey, (1924, ibid.), réduits à des géométries superposées, en passant par Cheval de course, (1922). Le sujet n'est pas fortuit ; durant cette période, il s'intéresse à la transposition du mouvement - statique -, Galop, (1921)  réduit à des abstractions. En 1932, il revient à la figuration géométrique pyramidale, dans des tons pastel qu'il n'abandonnera plus : les roses voisinent avec les bleus et les violets, les jaunes avec les verts et les roses. Portrait du graveur J.P. Dubray, (1933, Mus. Fabre, Montpellier), tamponné, ou L'Aventure, (1935, MPSG), ou encore Le Rire, (1936, MAMVP). Le chromatisme tendre n'est jamais mièvre. Il alterne, d'une part, l'abstraction* révélée par les couleurs, Grands Fonds, (1945) ou Le Long du bois, (1958, MNAM), la géométrisation arachnéenne mais explicitement figurative, dont les vibrations de couleurs en font un fauve* léger, Portrait de Madame de Bernay, (1940), Portrait de Camille Renault, (1944, MBA, Rou) ou Portrait de Marcel Duchamp, (1951). Scribe (1949, MNAM) anticipe l'allusion essentielle des portraits de Bertrand*; d'autre part, la non-figuration*, parfois de très grande dimension, omposition (1938), 4,89 x 5,87 m, ou Calme et repos, (1957). Et toujours, il se révèle et par le graphisme tout en légèreté et par le chromatisme tout en minceur. C'est un cubiste* impressionniste.

Expositions : 1905, Legrip, Rouen ; 1922, Povolozky, Paris ; 1944, 1991, Louis Carré, Paris, (P).

R├ętrospective : 1951, Musée national d'art moderne, Paris ; 1975, Grand palais, Paris. ; Musée des Beaux-arts, Angers.

Lieux publics : vitraux : 1957, cathédrale de Metz, chapelle du Saint-Sacrement; 1962, chapelle du moulin de Vauboyen, Bièvres; 1963, église de Bouchevilleurs, Ere.