Fiche de présentation

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VASARELY, Victor, ( Gyôzö Vasarhelyi, dit )

né le 9 avril 1907 à Pecs, Hongrie ; 1927, abandonne des études de médecine pour fréquenter à l'académie Polodini-Volkmann ; 1928, fréquente l'académie Muhely ; 1930, s'établit à Paris comme graphiste ; 1936-1944, accumule une oeuvre graphique commerciale, d'une part et de recherche, d'autre part ; 1944, commence à peindre ; 1955, publie le Manifeste jaune de l'art cinétique*; 1961, naturalisé français ; 1997, meurt le 5 mars à Paris d'un cancer de la prostate.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Il est vain de partager l'oeuvre de Vasarely, comme il le fait lui-même, en une succession de périodes courtes et arbitraires, comme il est anormal de séparer sa production picturale de sa production graphique antérieure à 1944, car elle est intimement liée à son style définitif. Il a commencé par des recherches sur l'effet de la lumière dans la représentation la plus figurative qui soit : yeux de chats ou flammes d'allumettes, (1936) ; il s'est aussi préoccupé des formes, cherchant leur complémentaire ou leur contraire ; en 1938, il peint Deux tigres lignés, jaune, rouge, vert et marron,, avec leurs corps emboîtés l'un dans l'autre ; dans le même esprit, Catch, double silhouette en noir et blanc ; le trompe-l'oeil appliqué à la nature morte l'intéresse, (1938-1939), ou les études d'objets accumulés dans une dominante de couleur, (1940-1941).
Dès 1938, apparaît une piste neuve, celle des ondulations, des cubes, du mouvement apparent, de tout ce qui peut jouer sur l'oeil, Pêche, (1938, un flotteur dans les ondoiements optiques réguliers et monochromes de l'eau ; dans le même esprit, Le Noctambule, (1945), silhouette reflétée dans une vitre ou Zèbre, (1951), avec la forme de l'animal qui se détache dans le mouvement des lignes noires et blanches également séparées.
Affichiste, Publicté pour Neureol, (1938) et portraitiste précis proche de la Nouvelle objectivité, Denise René, (1943) ou Reine Bailly, (1944).
Reprenant le cours de son évolution, Autoportrait, (1944), L'Atelier, (1945), L'Ane et l'Aveugle, (1946) annoncent par leur facture la non-figuration* à laquelle il va se consacrer de 1947 à 1958. Que ce soient les craquelures des carreaux de faïence de la station de métro Denfert-Rochereau, les arêtes du Lubéron, les coquillages ou les galets de Belle-Île-en-Mer, Belle-Île, (1952-1962, MNAM), ou encore les cubes de verre qui laissent passer la lumière dans les murs provençaux, tout est objet d'inspiration
C'est à compter de 1951 qu'il découvre, inspiré de Kandinsky, Etude de couleurs-Carrés avec Cercles concentriques, (1913, MoMA) de Kandinsky,  le style auquel son nom est lié, cet art optique, dit op art ou art cinétique*, dont il est le premier tenant : le jeu de petites géométries, d'abord noires et blanches, puis de couleurs vives progressives, qui produisent des illusions d'optique, Gorgonia, (1972),  des sollicitations et la rétine, qui font " bouger " le tableau selon que l'oeil le regarde en accordant la priorité à tel ou tel de ses éléments, Vega 2000, (1968). On pourrait cataloguer sa production en : noir et blanc, géométries, gonflages, Cheyt-Rond, (1970), mosaïques multicolores petites géométries monochromes, s'il ne l'avait lui-même répartie en périodes : Denfert, (1938-1958) ; Belle-Isle, (1947-1951) ; Cristal, (1948-1960) ; Noir et blanc, (1951-1963), jusqu'à Stri-Öt, (1979) 
On lui doit des multiples sur bois, Zaphir positif, (s.d.) ou Sellem négatif, (s.d.).
Partant du répertoire euclidien des éléments géométriques fondamentaux, il  crée un alphabet de la forme-couleur composé d'unités plastiques à partir desquelles toute construction devient possible... pour lui Tsipke, (ca.1992) Inogue, (1975-1980), ou pour ses nègres, dont son propre fils, jusqu'à ce que, se rebellant, il prit son autonomie sous le nom d'Yvaral*.
Dans le grand mausolée cubique, à Aix-en-Provence, sur la façade duquel alternent cercles et carrés noirs et blancs inversés, il montre dans sept salles hexagonales son savoir-faire de 1951 à 1973 ; ce sont 56 oeuvres gigantesque de 8 x 6 m, sorte de catalogue de décorateur présentant ses échantillons de formes et de matériaux : verre, carton, peinture, laines, etc.
Vasarely atteint parfois la chaleur de l'icône par la richesse du coloris, Lacaste, (1969, MCM). Méticuleux il indique au dos de ses toiles sous quel éclairage elles doivent être regardées. Il souhaite un art pour tous et par tous et autorise la reproduction sans limites de ses tableaux, notamment ceux peints depuis 1951, axonométriques ou non.

Expositions : 1930, Kovacs Akos, Budapest, (P) ; 1944, Denise René, Paris, (P) ; 2013, Musée d'Ixelles, (P).

Musées : Il a veillé à ce que cinq musées soient ouverts pour abriter son oeuvre : 1970, Gordes, Vaucluse ; 1973, Aix-enProvence, en bordure de l'autoroute, 56 oeuvres ; 1977, Pecs ; 1987, Buda ; 1988, Paris-Bercy, 150 oeuvres. Fondation Vasarely, Aix-en-Provence, créée en 1976, est propriétaire de 1300 oeuvres dont 800 ont disparu; son ancien président de 1981 à 1993, Charles Debbasch, ancien doyen de faculté, est condamné en mai, 2005 à deux ans de prison ; la belle-fille de l'artiste Michèle Taburno-Vasarely, se voit réclamer les mêmes tableaux.

Lieux publics : Façade de l'hôtel de police, La Seyne-sur-Mer.

Citation(s) : Il a dit :
- Nos ne voulons pas de créations personnelles multipliées à l'infini, mais à partir d'un langage basé sur les constantes, utilisable par la multitude des créateurs, l'art collectif de l'anonymat. Le fait qu'un oratorio d'Honegger soit enregistré lui enlève-t-il sa valeur d'oeuvre d'art ? Honegger devra-t-il graver le disque lui-même ?