Fiche de présentation

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VAN VELDE, Geer

né le 5 avril 1898 à Lisse, Pays-Bas, frère puîné de Bram Van Velde*; 1904-1924, vit à La Haye où il est peintre décorateur chez Kramers ; 1925, rejoint son frère à Paris ; 1939-1944, vit à Cagnes-sur-Mer ; 1944, se fixe à Cachan, Val-de-Marne ; 1977, y meurt le 5 mars.
signature : G.v.V.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Ses oeuvres, le plus généralement titrées Composition, portent deux dates parfois éloignées de plusieurs années : elles ont souvent été reprises avant d'être considérées comme achevées. " Tout, avant Le Village, (1932), n'a aucun intérêt ", ainsi s'exprime-t-il à propos de l'essentiel de sa période traditionnelle, de 1917 à 1932 ; d'après cette chronologie, ne sont pas reniés, ou réapparaissent après sa mort, Autoportrait, (1922), frontal, au visage simiesque, traité par un pinceau culant qui mélange les couleurs,jusqu'en ca. 1930-1932, ou Portrait de femme, (ca.1935-1940) et Personnages, (1935-1938), dans leur verticalité de sculptures médiévales, dans un environnement saccadé qui ultérieurement est sa marque. Mais il désavoue ensuite tout ce qui est antérieur au séjour de Cagnes, en 1939, à l'exception de Composition, (1939), l'un de ses rares tableaux non-figuratifs*. Pour être talentueuse, cette période, préparatoire, est sous différentes influences, l'académisme en 1917, puis les expressionnistes* russes, allemands, fauves, multipliant le clair-obscur pour des portraits, des paysages, des natures mortes pour Palette et pinceaux, (1925), verticalité et tablette relevée, mais aussi La Chatte et ses petits, (1925), qui semble n'être qu'un repentir. Une Nature morte, (1939), et un Portrait, (1934), postcubistes*, dans lequel il commence déjà à abstraire*, mais dont les couleurs sont encore riches et chaudes, comme celles d'un pastel, Fenêtre ouverte, (ca.1935-1940) subtilement construit et parfaitement figuratif. Scène d'intérieur, (ca.1939-1941), est elliptique, une lampe, une plante verte, tout comme l'est une oeuvre de ca. 1941-1942, jets d'épis sans doute. En 1940, il aborde la première des deux manières qui sont siennes : la toile se quadrille de traits aigus qui simplifient, épurent, mais aussi structurent et synthétisent la représentation pour aboutir à un grillage irrégulier, squelette de la réalité. Cette écriture produit Compositon, (1947-1950), taillée en diamants verticaux. La série dite des Ateliers, (1938-1960), même démarche en moins radical que les Plus-Minus de Mondrian*; lignes de fenêtres, de châssis, prétextes à plans délimités et indépendants des couleurs, accompagnant le signe, en demi-teintes; il murmure des confidences feutrées, pleines de tendresse; les gris souris font ménage avec les ocres et les Parmes, le céladon et les roses fanés. La réalité est devenue allusive, elle demande d'être décryptée. De même venue, les toiles dites Méditerranée, (1948) sont, comme le mot l'indique, plus ouvertes, moins rigoristes. En 1951 et jusqu'en 1964, le trait s'estompe, remplacé par des à-plats géométrisés, flottants, la vision s' élargit en même emps que se largue toute référence à la réalité, mais est rendue l'impression d'air et d'eau, Composition, (1960, MAMVP) ou Composition, (1962,HGM). L'agencement subtil des géométries crée parfois une perspective, un point de focalisation.Les couleurs restent pastel, parlant mezza voce. Comme il travaille longtemps ses toiles, les reprenant après les avoir délaissées, ses deux manières sont interpénétrées et on trouve, de 1950-1952 à 1962-1964, des toiles ressortissant à sa période structurée, s'inspirant de la réalité ; notamment des natures mortes et des petits paysages d'une grande douceur, immatériels, Composition, (1964, FMSPV) ou Composition, (1965, MNAM), le plus notable étant peut-être Intérieur d'église (1962), reprenant les fûts de colonnes d'un Saenredam.

Expositions : 1928, Salon des Indépendants, Paris ; 1935, Toonkamer, Wassenaar, Pays-Bas, (P) ; 1938, Guggenheim-Jeune, Londres, (P) ; 1942, Muratore, Nice, (P) ; 1946, Maeght, Paris, (P).

R├ętrospective : 1966, Musée Galliera, Paris;  1982, Musée d'Art moderne de la ville, Paris;  2000, Musée Picasso, Antibes et Unterlinden, Colmar.