Fiche de présentation

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VAN DE WOESTIJNE, Gustave

né le 12 février 1881 à Gand, Flandre, Belgique ; 1895-1899, Beaux-Arts de Gand ; 1890, se fixe à Laethem-Saint-Martin* et détruit ses travaux d'années d'études ; 1903-1906, peint eu, se consacre aux malades et songe à se faire moine ; 1909, quitte Laethem pour des résidences successives ; 1911, naissance de Maxime Van de Woestijne*; 1914-1918, séjourne au pays de Galles ; 1926-1939, directeur de l'académie de Malines ; enseigne aux Beaux-Arts d'Anvers et aux Arts décoratifs de Bruxelles ; 1947, meurt le 21 avril à Bruxelles.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : La netteté du trait, l'acuité du contour font du Paysan, (1910, MHKG) un descendant du Chanoine Van der Pael de Van Eyck, avec le même regard perdu dans une rêverie globuleuse. L'influence des primitifs flamands et de Breughel en particulier est omniprésente dans le détail, les décors, le graphisme " photographique " du gros plan des visages. À ses débuts, ç'avaieni été les Italiens, comme on peut le voir dans Notre Dame offre le rosaire à saint Dominique, (1900, église de Laethem et Maurice Denis), La Cour de sainte Agnès, (1913, Mus. Van Buuren, Bruxelles). Par ailleurs, il n'a pas vécu totalement en marge du courant symboliste, Portrait de ma femme, (1910, MHKG) et Éternel reflet, (1911, VBU). La dominante reste cependant le souvenir des grands ancêtres flamands des XVe et XVIe siècle. Il est obsédé par l'oeil, hypertrophié, brillant et fascinant le spectateur, devenu centre du tableau, Fugue, (1919, HGM), avec trois gros plans d'yeux, homme, mouton et chien sur fond de village simplifié, l'un des rares tableaux aux contours tracés à la serpe ; l'absence dramatique de l'oeil remplit une fonction analogue, L'Aveugle, (1910,KMSKA). L'oeil prend une dimension symbolique dans les grandes toiles religieuses où il est la provocation du rédempteur, Jésus-Christ offrant son sang (1925, MHKG), le corps du crucifié se contorsionne et la pupille piquée de sang entoure un iris hypnotisant; c'est un pantocrator byzantin, ou, plus, le Christ roman catalan de Tahull. Dans La Cène, (1927, Groeningemuseum, Bruges), les yeux (et les mains) focalisent le spectateur; le Christ consacrant est comme suspendu dans une perspective verticale en raccourci, comme aux tympans des cathédrales romanes. Toutes ces références aux siècles passés n'empêchent pas qu'il ait été, par la démesure des sentiments religieux, un des représentants les plus caractéristiques de l'expressionnisme* flamand. Même si, par ailleurs, il n'a pas évité le maniérisme à la Modigliani*, 'Attente (1925, VBU), ou s'il a su domestiquer son art, sans le renier, lorsqu'un portrait commandé était en cause, Portrait de Joseph De Craene (1914, coll. CCB). Il est aussi l'auteur, en 1932 de paysages flamands aux arbres dépouillés et stylisés, toujours dans la filiation de Breughel, et de six Natures mortes, (1928-1931), précisionnistes* commandées par les Van Buuren.

Expositions : 1902, Nouveau Musée, Gand ; 1903, Société nationale des Beaux-Arts, Paris.

Musées : musée Van Buuren, Uccle-Bruxelles, 32 oeuvres.

Citation(s) : On a dit :
- Le bon Flamand, vomi de frais par les bouches pures e l'Escaut. (James Ensor).