Fiche de présentation

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REGO, Paula

née le 26 janvier 1935 à Lisbonne, Portugal ; 1951, termine ses études secondaires en Angleterre;  1952-1956, Slade School of Art, Londres ; y rencontre Victor Willing*; 1959, l'épouse ; 1962-1964, étudiante de la fondation Gulbenkian ; 1964, fait partie du London Group*; 1976, s'établit définitivement à Londres ; 1983, enseigne à la Slade.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Les sujets qu'elle développe en 1953 et 1954 relèvent de la figuration populaire, à la manière des muralistes* sud-américains, même si ses figures sont profondément imprégnées du type portugais, comme tout son oeuvre, au-delà de 1981. En 1959, elle découvre Dubuffet*, se dit profondément influencée par lui, ressent le plaisir de peindre intuitivement comme un enfant et ce sont d'abord des huiles puis, à compter de 1960, des collages avec huiles. Non pas des collages de papiers préexisants, mais des collages de papiers peints à cet effet qu'elle agence dans des toiles qui permettent de découvrir la réalité de ce qu'elle exprime en se référant généralement aux terreurs de l'enfance. Mais plus qu'à Dubuffet, on songe, pour la construction tout au moins, au Miro* de L'Intérieur hollandais, (1928), pour le tournoiement de ses formes virevoltantes, When we had a House in the Country, (1961) ou The Firemen of Alejo, (1966, Tate). On peut comparer Hampton Court, (1977) à Hay Diddle, Diddle, (1989) et voir comment l'inspiration apparemment informelle, reflète de très précises images. En 1981, elle adopte l'acrylique et revient à la figuration explicite, encore marquée par le fantastique et l'instinctif, au graphisme bouclé à l'Ensor*. Il n'y a plus de collage mais un graphisme touffu et coloré, qui raconte des histoires, Vivian Girls Breaking Dishwaare of Companhia das Indias, (s. d.). Elle y ajoute des dessins et des gravures reprises souvent aux contes de fées, mêlés, transformés, scènes boschiennes ou goyesques, peuplées de fantasmes, (1989). À compter de 1987, elle retrouve le classicisme du trait, le dessin monumental à la perversité sous-jacente, la couleur franche et tassée. De 1987 à 1989 date une série de toiles inspirées par Balthus*, son silence, son temps arrêté et sa perversité, The Maids, (1987, Saat.),  The Policeman's Daughter, (1987, ibid.), The Rehersal, (1989). Son style est plus expressionniste*. Elle limite l'éclat de sa couleur, 'Crivelli's Garden', (1990), pour le restaurant de la National Gallery, Sainsbury Wing, Londres, se déployant sur 5 m, en scènes successives inspirées des peintres classiques ; il n'y a que gris, bruns et bleus-gris ; les figures sculpturales n'ont pas la même échelle, mais toutes ont la même rudesse portugaise ; leur dessin est purement classique, et leur construction dramatisée par des ombres pesantes, une soutache en brocart qui emplit les contours des vêtements comme ceux des visages, Snow White Swallows the Posisoned Apple, (1995, Saat). Les contes d'enfants, ceux qui font trembler, ne cessent de l'inspirer et elle les exprime encore dans .The Pilowman, (2004), triptyque à la cruauté implicite, organisée autour d'un monstre négroïde à pilon. Elle préfigure en studio, ses compositions avant de les peindre. Son ibérisme, rude, dur, appuyé, est celui d'un Manet-paysan. Elle est aussi graveuse, auteur de plu de 200 planches

Expositions : 1955, Jeunes contemporains, Londres, (G) ; 1962, London Group, Londres,; 1965, Société nationale des Beaux-Arts, Lisbonnen (P), et Biennale de Tokyo ; 1981, AIR, Londresn (P) ; 1985, Biennale de Paris ; 1998, Musée Maillol, Paris, (G) ; 2008, École des Beaux-arts, Nîmes, l'oeuvre gravé complet.

R├ętrospective : 1988, Fondation Gulbenkian, Lisbonne.