Fiche de présentation

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PRASSINOS, Mario

né le 12 août 1916 à Constantinople, Turquie, d'une famille grecque; fils du peintre Lysandre Prassinos; frère aîné de Gisèle Prassinos*; 1922, émigre à Paris; 1932, étudiant aux langues orientales; 1934, à la faculté de ettres; 1940, engagé volontaire et médaillé militaire; 1949, naturalisé français; 1985, meurt le 23 octobre à Eygalières d'un cancer.
signature : jusqu'à ca. 1959, Jean-Marie Prassinos, puis Mario.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : La préhistoire du peintre, (c'est lui qui emploie ces mots), 1934-1946, et singulièrement l'année 1937, est un compromis entre le surréalisme* et l'expressionnisme*, aux thèmes guerriers, couteaux, mandibules ricanant sur des gencives; si les sujets n'étaient tragiques on se rappellerait les mots de Perrault " Je veux te manger mon enfant ". Parfois, il n'est pas loin de Magritte*, Autoportrait, (1935), de Labisse* aussi, pour les thèmes et la vivacité des couleurs, L'Église, (1934-1935). Les Soeurs Brontë, (1939) apprtiennent cette figuration de l'époque, angulaire, de couleurs ternes et vernissée. En 1942, son graphisme rencontre celui du Picasso* ingresque, Portrait de Gilberte, (1942) ou érotique, Dans l'oreiller, (1946), Sans titre, (1947), ou raide et cassé, avec Pieta, (1945) ou Fille de joie, (1946), touchés de misérabilisme. Yo, au chat, (1944) est plus désinvolte comme le Lorjou de la même période. De 1949, une nature-morte post-cubiste*.
Il passe à l'abstraction*, géométrique avec Troupeau, (1951 et 1952) ; lyrique et grillagée avec Le Feu, (1953) ou Rivage de la mer, (1956), ou encore Melun, (1959, fond. Mario-Prassinos, ou FMP), jeu d'aiguilles et de bandes aticulées vers le sommet en contre-plongée; l'épaisseur et la disposition du trait rappellent Atlan*, Bouquet, (1958-1960). Jusque Rivière, (1965), le dessin se resserre et la figuration transperce. Le recours aux seuls noir et blanc ou au,bistre tenant lieu de noir va le caractériser désormais, comme il va marquer sa technique. Celle-ci est faite de projection de gouttelettes noires, minces ou grosses, serrées ou lâches, pour produire l'illusion de la perspective et suggérer relief et profndeur : il faut voir les toiles de loin pour savoir ce dont il s'agit, mais il faut aussi les voir de près pour entrer dans le tableau et ses mystères particuliers. La figure émerge de ce plasma en un retour forcé à l'image, comme résultant d'une réaction chimique. Le Tombeau de Bessie; (1963,FMP), les portraits de son père, Prétextat, (1964, et jusqu'en 1978, ibid.) - près de 200 oeuvres - rapprochent la vision par émulsion du saint suaire de Turin auquel il se réfère explcitement. D'une part, ce sont des visages qui sont comme révélés à partir de la plaque photographique, du cliché d'impression ou du suaire, les yeux toujours clos puisqu'il s'agit de morts, fixés dans ce moment où la vie vient de les quitter. D'autre part les paysages travaillés sur le terrain ou par reconstruction mentale, Les Alpilles, (1960-1971), sont des représentations à deux dimensions de toutes les anfractuosités de la montagne qui prennent parfois une tournure anthropomorphique, séparées ar des traits noirs comme dans la pratique du vitrail enchâssé de béton. Les giclures premières de couleurs sont reprises et adoucies en arabesques dans lesquelles on retrouve de la calligraphie arabe, avec un souci de fuir toute élégance. Il s'agit d'un dialogue de l'écriture et du motif naturel avec le recours au seul noir " couleur de l'urgence ", c'est-à-dire la seule qui puisse, par son contraste, rendre au blanc sa luminosité, Les Alpilles (1970, Réattu). La Colline d'Eygalières (1976) - plusieurs versions -, se situe dans cette seconde veine, avec la forme même de la colline et les figures, sans cesse changeantes, que l'on peut lire dans les dessins de la roche. Les Paysages turcs ,(1971-1981), arrachés à la mémoire ou, plus vraisemblablement, à l'imaginaire, c'est le néo-Barbizon recréé à l'aide de petites taches organisées autour du point blanc qui focalise la perspective et rend, dans une lumière lunaire, un pointillisme à la Seurat, Les Poseuses d'après Seurat ,(1983, MPA). La perspective est réintroduite par les contrastes de densité des gouttes noires avec les gouttes blanches, La Lisière, (1980, FMP). Lorsqu'on regarde une partie de son propre corps, on peut l'appréhender comme telle, mis il n'est pas donné de percevoir, sans le truchement du microscope, les atomes qui la constituent. De même, il est difficile, dans sa tentative d'humanisation du minéral, de retrouver peut-être une matérialisation désespérée de l'homme. Une exception, en 1973, une courte série à dominante rouge, d'animaux fantastiques nantis de perles d'huiles.

Expositions : 1937, salon des Surindépenants ; 1938, Billiet-Worms, Paris (P) ; 1980, Grand Palais, Paris ; 2005, Guislain-Etats d'Arts et Olivier Vanuxem, Paris, (P).

Rétrospective : 1983, cloître Saint-Louis, Aix-en-Provence.

Musées : Fondation Mario Prassinos, chapelle Notre-Dame de la Pitié, Saint-Rémy-de-Provence,  legs de plus de 100 oeuvres réparties sur toute la carrière.

Citation(s) : Il a dit :
-La couleur est superflue parce qu'elle est faite pour séduire. Ma mémoire est associée à la photographie noir et blanc.

Bibliographie(s) : Henri-Georges Adam, L'Oeuvre gravé, La Hune, Paris 1957 et Les Sculptures, Arted, Paris, 1968.