Fiche de présentation

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POMAR, Julio

né e le 10 janvier 1926 à Lisbonne, Portugal ; 1934-1941, Arts décoratifs de Lisbonne ; 1942, Beaux-Arts de Lisbonne ; 1945, Beaux-Arts de Porto ; 1963, s'installe à Paris ; vit à Lisbonne et à Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : C'est Le Moissonneur, (1945, CHI) qui marque ses débuts par une peinture en plongée, rude comme un expressionniste* flamand, avec, la même année, Résistance, (1945, ibid), composition en ondulations tragiques, sombrement symbolique. Dans la seconde moitié des années 50, il peint en noir Les Aveugles de Madrid, (1957, FCG), resserrés les uns contre les autres sur leur tandem, les visages devenus vanités. Don Quichotte et les moulins à vent, (1961, ibid.), de même palette, est d'une abstraction* futuristo-lyrique. Depuis 1976, il assemble en tableau des toiles de plusieurs textures, peintes et découpées; cela leur donne l'aspect de déchirures ou de découpages rapportés, Le Bain turc, (1971, ibid) suggère Ingres, en en extrayant l'essentiel par des taches sur fond uni. Son affection va aux littérateurs du XIXe siècle, Baudelaire, Mallarmé, Poe, Pessoa dont il fait des portraits en retenant leurs traits singuliers. Mais Lévi-Strauss ou Mario Soares sont aussi à la cimaise, faisceau des lignes aptes à recréer une personnalité, Pessoa, (1983, ibid). Pourquoi achever en soignant le détail et l'environnement quand tout, c'est-à-dire l'essentiel, est dit? La " déchirure " crée le mouvement, comme, d'autre part, le coup de brosse rapide. Il rassemble alors les figures autour d'une table de bistrot, elles surgissent du décor, chaotiquement construit de lambeaux avec un violet agressif qui tient le rôle de stimulateur Son art consiste alors à équilibrer les masses de couleurs qui se répondent sur un rythme ternaire sans souci de perspective, et qu'il faut décrypter, facilement, Saint Antoine prêchant aux poissons (s. d.), ou laborieusement, Le Voyage de Frnao Mendes Pinto (1985). C'est un coloriste, et le graphiste comme le metteur en page n'est pas sans rappeler Gorky*. À la fin des années 90, ses toiles sont toujours faites de taches posées en tohu-bohu, sur lesquelles vient s'appliquer le filet noir ou blanc du dessin,; c'est un maître du flou et de la couleur qui propose la découverte. À la tête de Jean-Baptiste égarée dans le Festin d'Hérode, (1997) répond, sur une autre toile, celle d'Ulysse perdue dans les éléments, celle de Charlot refoulé dans un coin, (2009). En revanche, les Indiens, (1997) sont largement plus construits; à la verticalité de leurs corps ocre, statiques ou plongeants, répond l'horizontalité du fleuve et des branches d'arbres qui se tendent. Les petits formats consacrés au corbeau expriment aussi le mouvement. Il use de techniques mixtes, collage et peinture, dans lesquelles le frémissement des ailes, la suggestion de l'envol, sont faits de tissus et de bois. Le diptyque L'Entrée de Frida Kahlo au ciel, (1999), plus dépouillé, a la grandeur d'un masque bouddhique. Lorsqu'il se met aux azulejos, le dessin seul ressort et la couleur n'est plus présente pour le brouiller avec ses superpositions et ses coulures, Les Contes moraux, (1999)). Il en vient à incruster des objets sur ses toiles, Expulsion du paradis, (2002), un couple de mariés en plâtre tel qu'on en voit au sommet des gâteaux de mariage, un serpent et une pomme en plastique, ou un archet pour Le Concert, (2009).

Expositions : 1942, Modernistes portugais, (G) ; 1947, Porto, (P) ; 1959, Salon de la jeune gravure, Paris ; 1964, 1965, Lacloche, Paris, (P) ; 2002, 2009, Patrice Trigano, Paris, (P).

R├ętrospective : 1978, Fondation Gulbenkian et Musée national Soares dos Reis, Porto.

Lieux publics : 1983, Décoration en azulejos pour une station du métro de Lisbonne.