Fiche de présentation

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POLIAKOFF, Serge

né le 8 janvier 1900 à Moscou, Russie dans une famille tzigane ; 1917, quitte la Russie et vit de la guitare ; 1923, arrive à Paris, où il fréquente à l'académie de la Grande Chaumière* à Montparnasse* et à l'académie Franche  à Montmartre*; 1930, commence à peindre intensivement; 1935, Slade School of Arts, Londres; 1937, s'installe à Paris; 1942, naissance d'Alexis Poliakoff*; 1951, renonce à la guitare; 1962, naturalisé français; 1969, meurt le 12 octobre à Paris.
signature : PoliAKOFF.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Les sanguines renaissantes de 1930, Maternité, (1930), les oeuvres symbolistes de 1931 à 1933, le fauvisme* de 1934, le folklore russe, le postimpressionnisme*, l'expressionnisme* à la Vlaminck en 1937-1938, ce sont les débuts de tout artiste qui se cherche. En 1937, on lui commande des dessins pour tissu et il n'accepte qu'avec réticence : il ne produit que parcimonieusement, ne voulant pas devenir décorateur. Et pourtant, c'est cette commande qui le dirige vers l'abstraction*, déterminante.
De 1938 à 1940, ses formes sont des flammes séparées les unes des autres, qui allument ses gouaches de teintes vives, ou répartissent dans des àplats géométrisés des tintes pâles, La Réunion, (1940).
Cette même année, son travail de peintre de chevalet est encore figuratif, mais les couleurs vont se séparer en à-plats et laisser poindre des blocs d'un chromatisme pur inspiré de Lacasse* et qui feront la célébrité de Poliakoff. Nombreuses sont les toiles de cette époque qui auront été les Poliakoff de Poliakoff, qui les a re- signées pour bien marquer qu'il ne les reniait pas.
De 1942 à 1947, années sombres, il love son écriture en foetus de teintes pauvres, traite des contours qui vont conditionner sa peinture ultérieure, en maigre, en grasses, en construction de la période future encore embarrassée par des cailloux, Composition en brun, (1947) et il y revient en 1952 ; l'année 1946, nombre de gouaches aux géométries vives entrecroisant   leurs traits autour d'aplats divers.
À compter de 1948, un quart de siècle d'immutabilité, et ce sont les constructions de l'empire maya, en couleurs; seules jouent et la nécessité des formes qui s'appellent l'une l'autre pour s'emboîter sans être cernées par un trait et la couleur savamment travaillée. Après un schéma tracé au crayon ou au fusain sur le support viennent les couleurs superposée en à-plats ou irrégulièrement coutelées, pour obtenir des transparences. Extraordinairement, il multiplie les géométries par deux Composition, (1947, KAl). Parfois, l'oeuvre est coupée par une médiane verticale ou horizontale, parfois apparaît le rond, comme un caillou dans l'eau, Composition rouge et noire au cercle, (1953). Parfois encore les oeuvres sont réalisées ton sur ton, plus discrètes mais aussi plus plates, Composition, (1955), trois pierres sur un fond de jaunes presqu'indistinct. Composition, (1955), un anthropomorphe aigu, pourpre sur carmin, ou Composition en rouge, (1959).  Ou encore Composition, (1960-1961), diptyque d'une masse d'icebergs sous ciel bleu. Plus rarement il réalise des compositions où le motif lithique se détache sur fond vide, Diptyque,(1966), ou est cerné par un trait noir affirmé, (1966), se trouve centré, (1966), ou se présente en manchettes sur fond uni, (1968).
Les deux dernières années, apparaît une variation en forme de faille, d'U granitique. L'apothéose de la couleur tempérée et de la construction harmonieuse se situe à la veille de la mort. Étrange composition murale, (1967, MUC), dont les treize tableaux, chacun signé, sont groupés en trois rangs avec deux asymétries dans la disposition.,  ou en géométries noires superposés,Composition abstraite, (1969) .Son plus grand tableau, 2 x 8, commandé pour le Carlton de Cannes, refusé, est au musée d'art moderne de Caracas.
Il est aussi l'auteur d'objets d'art appliqué, un service de table pour l'Elysée, 1968-1969, réalisé par la manufacture de Sèvres.

Expositions : 1931, Drouant, Paris, (G) ; 1937, Zak, Paris, (P) ; 1945, L'Esquisse, Paris, (P).

Rétrospective : 1970, Musée national d'art moderne, Paris ; 1975, Palais des Beaux-Arts, Charleroi ; 2002, Musée des Beaux-arts, Dunkerque.

Musées : Musée Maillol, Paris, nombreuses oeuvres depuis 1951, date d'une première exposition chez Dina Vierny*; 2014, Musée d'art moderne de la ville, Paris.

Citation(s) : Il a dit :
- L'art abstrait, c'est un ensemble qui va plus loin dans le cosmos. Alors que la peinture figurative vit dans le cadre du tableau et reste dans le cadre, l'abstrait, lui, déborde le cadre pour créer le cosmos. Quand un tableau est silencieux, cela signifie qu'il est réussi; [...] une forme doit s'écouter et non pas se voir.
-Tache surtout de ne pas expliquer ton tableau laisse à l'autre le droit d'exercer son imagination.
- Beaucoup de gens disent que dans la peinture abstraite, il n'y a rien. Quant à moi, je sais que si la vie était trois fois plus longue, elle n'aurait pas suffi à dire ce que je vois.

Bibliographie(s) : Fra&ncoise de Satel, ICar-talogue raisonné de l'oeuvre sur papier,  2012, Ides et Calendes, Lausanne.