Fiche de présentation

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PINCEMIN, Jean-Pierre

né le 7 avril 1944 à Paris, France; 1961, ayant échoué dans ses études obtient un certificat d'aptitude professionnelle d'ouvrier tourneur ; 1962, commence à peindre ; 1969, se consacre à l'art de la peinture ; 1971-1973, fait partie de Support-Surface*; 2005, meurt le 17 mai à Arcueil, Val-de-Marne.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre - Sculpteur

Présentation : Entre 1962 et 1966, il se lance dans nombre d'essais de peinture, de l'abstraction lyrique* au Nouveau réalisme*. A compter de 1967, il découvre un certain minimaliste* il applique à des draps, des empreintes de matériaux trouvés dans des décharges, grillage ou tôle ondulée. Puis ce sont des palissades, Sans titre, (1969, MNAM), Sans titre, (1974, MAMVP) et encore en 1975. Toujours sur toile flottante, il colle des carrés de tissus gorgés de couleur; il imprime des planches régulièrement disposées verticalement et horizontalement avec, à leur jonction, des traces noires représentant la poussière des interstices ; de même, Peinture, (1976, FMSP) ou Sans titre, (1976, MPSG), qui suggère un châssis de fenêtre et ses vitres blafardes ; ce sont les Echelles, (1968_1969), vues horizontalement. Encore avec Peinture en 1316, (1980-1982, MPA), ou Sans titre, (1982, MPOi). APIO, (1984, MPOi), montre neuf carrés bordés, encadrés, de couleurs proches mais chagrines.  Comme il estime que l'ombilic pictural se situe à Venise en 1500, certain en a déduit que ses couleurs étaient d'un Titien " subliminal ". Singulier par l'espace qu'il creuse, Sans titre, (1976, FNAC), croisée et imposte, blancs dans le mur gris. Une toile hors normes, Sans titre, (1967-1988), laisse apparaître un châssis vide - emblématique de Support/Surface dans un jeu construit de baguettes colorées. On le retrouve provisoirement dans l'art concret*, avec  Sans titre, (1983), géométries dans l'espace  aux arêtes suggérant bardeau et obélisque ou  Sans titre, (1990, SG).
En 1986, il revient à la figuration, celle du néo-expressionnisme*, de paysages explicites, arbres et cygnes se découpant dans un tout . Son bestiaire noir et blanc est fait de volutes baroques, et plus tard, de lignes instinctives, en courbes striées, en ondes concentriques, aux connotations végétales ou animales, L'année de l'Inde, (1986), éléphant désarticulé, têt en bas dans un ciel bleu, ou Chasse au tigre, (1995, 2004), avec un plan si rapproché de la toison qu'on croit à une abstraction*. Ou encore Arbre de connaissance, (1999, 2005), fragments de réalité d'une boule rose s'élevant du carré d'une tombe.
Il emploie un assistant chargé de reproduire aux dimensions de la toile future les images choisies, puis il entre en action pour transformer des saints, des animaux, des anges, pour les métamorphoser par son intervention. Sa source fréquente, la gravure sur bois du XVIe siècle germanique ; et jusqu'en 1995, il développe xylographies ou miniatures d'évangéliaires sur 2,50 m de haut. Ce n'est qu'une variante de la transformation qu'il fait subir aux palissades à ses débuts. Saint Georges terrassant le dragon, (1995, 2002), alterne de manière répétée, les trait noirs du graveur qui bordent en écailles, des blancs souillés.
Mais en même temps, il réajuste selon les règles du minimalisme la triple dimension en la ramenant à deux, rectangles dans des équerres,  carrés identiques ou cercles, à dominante marron et vert bouteille et il s'ébroue dans la conjugaison des contraires, des opposés à l'extrême, les bordant encore de bandes plurielles, fondues dans leurs teintes étouffées, Sans titre, (1998, 2004). Il ajuste des bois de récupération et des fils de fer, sur deux dimensions, et en fait des sortes de dolmens, Sans titre, (1986), ou les grave, (1987).
Au milieu des années 1990, il navigue du plus figuratif, des écorchés, au minimalisme retrouvé, des bandes rouges et blanches alternées, à la peinture géologique ou géographique, continents, océans, strates, dans des dégradés grattés, séparés de traits épais et hésitants comme des crevasses, La Dérive des continents, (1994), carte d'atlas ou quadripède entre terres. La figure triomphe dans le souvenir de la peinture allemande classique, fouillée, de tons marron, pliée en foetus, ou en géométries de signes astrologiques organisés en cercles, triangles et bandes, dans un univers aux couleurs dorées. De la peinture contemporaine également, avec Arbre à pomme, (2004), le tronc tant un homme tête en bas . Sa dernière toile, est une empreinte au grillage, Sans titre, (2005), des cercles bordes de couleur. L'Arbre au tombeau, (1999), fait jaillir la vie de la mort.
Le rare sculpteur, de pâte à modeler bariolées sur âme de plâtre, Sans titre, (1992), renvoie à Cobra*, ou entasse les récupérations sur trois niveaux et les retravaille, Mikado, (1994, La Cohue, Vannes).

Expositions : 1967, Salon de la Jeune Sculpture, Paris ; 1990, Bailly, Paris ; 1992, 1995, Montenay, Paris, (P) ; 2011, Jacques Elbaz, Paris, (P).

R├ętrospective : 2010, La Piscine, Roubaix, Musée des Beaux-arts, Angers, Musée de Céret,.

Lieux publics : 1987, tapisserie des Gobelins, ministère des Finances, Paris, des motifs de bouquets de fleurs violacées, en deux tons, coupés par des angles noirs irréguliers ; 1995, plafond de l'hospice du Balloir, Liège, 200 m2 de représentation fidèle du texte de la Genèse, La Création du monde.

Citation(s) : Il a dit :
- La forme suprême de l'expression artistique est dans le portrait.