Fiche de présentation

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PAGAVA, Vera

née en 1907 à Tbilissi, Géorgie ; 1923, arrive en France et s'établit à Montrouge; 1924, académie Lhote et École d'Art et de publicité ; 1934-1939, Académie Ranson chez Bissière*; 1988, meurt le 25 mars à Montrouge.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Partie d'un expressionnisme* des teintes et d'un dessin sobre, émacié, élongé (1932-1934), à compter de 1944, elle s'intéresse aux scènes religieuses traitées en nocturne, Le Voile du temple se déchira, (1949), dans une réalité déformée); ses sujets sont placides, stylisés, entourés d'une couleur endeuillée. Cette figuration qu'elle pratique jusqu'au milieu des années 1950 est marquée par une stylisation extrême des formes et leur réduction à de petites dimensions. De 1944 à 1956, elle traite de combats, La guerre de Troie,(1944), Le Grand combat, (1956) ; ils rassemblent des hommes miniaturisés dans un paysage de plateau ; tout vaut par la construction, la masse des corps offrant un agglomérat cohérent et harmonieux. Cette miniaturisation, ce goût de disposer de petits objets en nombre apparaissent aussi dans ses natures mortes, l plus pur, sans doute, de ses sujets : sur la table dont on ne voit que le plateau se détachant sur un fond bicolore, sont disposés des coupes, des demi-poires, des bouteilles, un morceau de pastèque, dans les couleurs de Braque*, Nocturne, (1951, MNAM). Rarement une stylisation poussée jusqu'à l'abstraction* aura gardé à ce point le contact avec la réalité, Eglise avec deux arbres, (1943), ou Nuit d'été, (1976), en passant par Nature morte aux melons, (1957, 1959). De 1963 à 1964, elle peint des villes et ce sera au cours de cette période qu'elle passe de la figuration à l'abstraction*, puis à la non-figuration*. Au départ, il s'agit d'assembler des cubes aux couleurs ingrates comme le font les enfants avec leur jeu de construction, d'une manière attentive et systématique dans des tons sourds et tendus. A l'arrivée, ce ne sont plus que de petis rectangles verticaux, versicolores, Cité enchantée, (1959), Mais à compter de 1955-1956, le paysage se géométrise en souplesse, en arrondis sans angles, en grands à-plats et s'abstrait Carré ivre, (1955), Autre rivage, (1970), avec des résonnences lytiques. Réalité encore évoquée dans Vase blanc, (1959), calice et croissant. En 1960-1964, c'en est fini de cette réalité, il n'y a plus qu'un jeu de carrés dénaturés, de courbes qui se rencontrent. Rencontre, (1971), Trapèze, (1975), Vespéral, (1978), qui suggère un astre irradiant sa lumière sur les géométries des sommets qu'il domine ; huiles minces, sourdes et subtiles. On trouve parfois des réminiscences de Nicolas de Staël*, vigueur de la pâte et de la couleur en moins. On peut apercevoir le cercle d'un soleil, l'angle d'une baie, les plans superposés en grands formats. Silencieusement, spirituellement, équilibrées dans les teintes d'un deuil tendre. Elle a de nombreuses références à l'architecture romane ou gothique primaire, de Vézelay à Notre-Dame de Paris.

Expositions : 1944, 1960, Jeanne Bucher, Paris (P); 1949, Art français, Stockhom (G); 1972, Darial, Tbilissi.

R├ętrospective : 1982, Musées de Dijon, Beauvais, Reims, Troyes et Montrouge ; 1987, Musée de Pontoise.