Fiche de présentation

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OZENFANT, Amédée

né le 15 avril 186 à Saint-Quentin, Aisne, France; 1904, étudie le dessin à l'école Quentin de la Tour; 1905-1913, arrive à Paris pour y étudier l'architecture et fréquente l'académie de La Palette et Charles Cottet*; 1913, épouse Zina Klingberg, peintre russe; 1914, volotaire de guerre et réformé, travaille au service de la propagande; 1915, fonde la revue L'Élan, où il esquisse sa théorie puriste et qui paraît jusqu'en décembre de l'année suivante; 1917, rencontre Charles-Édouard Jeanneret qui deviendra Le Corbsier*; 1918, signe avec celui-ci le manifeste du purisme*, intitulé Après le cubisme; 1920-1925, dirige avec Jeanneret les 28 numéros de L'Esprit nouveau; 1925, remplace Léger* à l'Académie moderne; 1932, ouvre l'académie Ozenfant dans s villa de l'avenue Reille, construite en 1924 par Le Corbusier; 1936, s'installe à Londres et y crée l'Ozenfant Academy; 1938, enseigne à la New School for research à Seattle; 1939, crée l'Ozenfant School of Fine Arts à New York; 1944, naturalisé américai; 1955, revient en France, retrouve la nationalité française, s'installe à Cannes et y crée un atelier Ozenfant ; 1966, meurt le 4 mai à Cannes La galerie Larock-Granoff, Paris, est propriétaire de l'atelier.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Théoricien et praticien du purisme, il est l'inventeur de ce dernier avatar du cubisme*. Les formes se situent l'une par rapport à l'autre dans une relation de totale autonomie. Elles se superposent ou se juxtaposent. Il peint essentiellement, de 1918 à 1930, des natures mortes, bouteilles, rainurées comme une colonne dorique, carafes, pots, brocs., Maroc, (1919, Musée de Lugano). Le clasicisme rigoureux, hellénique des structures où la courbe répond harmonieusement à la droite, la délicatesse des couleurs issues de celles du cubisme, mais éclairées, adoucies, lavées, confèrent à ses oeuvres une dignité aristocratique, à côté de laquelle les pots de Morandi* prennent valeur bourgeoise. Il annonce sa démarche avec Bouteille, pipe et livres, (1918, MPSG) et Les Remparts de Sisteron, (1918-1919, MAMVP), contre-jour sur bandes de ciel et de terre blancs. Viennnt ensuite, Flacon, guitare, verre et bouteilles à la table grise (1920, KBâ, en deux versions, et Nature morte en gris (1920, KBâ), peints dans un camaïeu de gris tandis que Nature morte au verre de vin roug (1921, Kunstmus., Bâle) affirme la tonalité des couleurs comme dans Nature morte,(1922, MNAM, Paris), mais le retour à la pâleur un peu languide intervient dès Nacres I (1922 MNAM), pour se renforcer en tons brique dans ature morte (1925, MNAM) et Nature morte : le pot blanc,  (1925, MNAM). Construite en diagonale dans un ovale, Nature morte, (1925, Mus. Stuki, Lodz), Grande Nature morte, (1926, MAM, Cà Pesaro, Venise), avec l'ombe des trois objets se détachant sur des à-plats noirs, bistre et gris, est exemplaire. Nature morte puriste, (1930), innove en ne détachant sur fond sombre que les contours de ses objets. Une rare toile surréalisante*, Univerel (1928, MPSG) annonce les travaux cosmiques d'une décennie plus tard. Hors normes, également, certains travaux de la fin de cette période, qui marquent l'apparition du corps humain, L'Ombre et la main, (1929, MRBABx) BA,Bruxelles).
En deçà et au-delà du purisme auquel son nom est attaché, il y a deux autres peintres. Le premier, de 1908 à 1918, s'extirpe du XIXe siècle, du symbolisme, du cézannisme, pour aboutir à l'abstraction*, Nature morte au casque (1916). L'autre découvre le corps.
Ce qui annonce sa troisième période, et notamment la série des Baigneurs de 1929 à 1931. Les corps sont moulés dans du ciment-colle et appliqués sur la toile comme des figurines autonomes dont les visages ont parfois les raits des adolescents de Roger de La Fresnaye*. Issu de cette découverte, Vie, (1931-1938, MNAM), 3 x 4,25 m, rassemble des figures regroupées face au cataclysme ; tubisme (voir Léger) et futurisme* s'y mêlent.
En Amérique, il crée des compoitions qui tendent vers l'abstraction de la nature (1930-1956), puis il retrouve la figure avec des courbes Art déco* (1946-1955).
Sa dernière période commence avec son retour en France. Elle est toute de bleu méditerranéen ou boréal et de dépouillement : mer, bateau, icebergs, Quai Sainte-Catherine à Honfleur (1963, Mus. Boudin, Honfleur), structuré d'horizontales et de verticales, celles-ci provenant des réverbérations des lumières du quai dans l'eau du bassin, traitées en petites touches divisionistes comme l'éclairage de La Parade de cirque de Seurat. L'Aqueduc, (1966) retourne à  l'aplat..

Expositions : 1908, Salon de la société nationale des beaux-arts, Paris ; 1918, Thomas, Paris, (G) ; 1925, Hodebert-Barbazanges, Paris,  (P).

Rétrospective : 1940, itinérante, Chicago, et New York ; 1997, La Malmaison, Cannes.

Citation(s) : Il a dit : 
- Le sujet choisi sera souvent un humble sujet car, par exemple, une bouteille de forme courante, banale pour un indifférent, porte en soi et pour cela même une haute généralité. Sans cubisme, il n'y aurait pas eu de purisme : le cubisme cézannien, puis le cubisme " cristallin ", susciteront le purisme originel.

Bibliographie(s) : Pierre et Margarert Guénégan, Catalogue raisonné de l'oeuvre peint, Landweld & Leeds, 2013