Fiche de présentation

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OROZCO, José Clemente

né le 23 novembre 1883 à Ciudad Guzman, Jalisco, Mexique ; 1905-1908, études d'agriculture ; 1906-1926, gagne sa vie comme caricaturiste ; 1908-1914, Académie des beaux-arts de Mexico ; jouant avec de la poudre, il perd la main gauche, est blessé à un oeil et son audition est affaiblie ; 1917-1918, premier voyage aux États-Unis ; 1927-1934, travaille aux États-Unis ; 1949, meurt le 7 septembre à Mexico.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Il est avant tout muraliste*, puisque de 1925 à 1949, il a couvert 5 600 m2 de fresques gigantesques, 17 au Mexique et 4 aux États-Unis. C'est, en premier lieu, d'une facture classique, relativement statique, l'École nationale préparatoire de Mexico, (1922-1926) ; il y moule la vie des révolutionnaires dans celle du Christ, La Tranchée, au soldat les bras en croix dans sa chute, ou La Grève, avec l'attente devant le tombeau vide. Lorsque la gravité cède à la dérision, le trait se fait baroque, Le Père éternel ou les Dames catholiques. De 1931 à 1934, il réalise la Baker Library sur le thème des Indiens avant et après leur contact avec le monde industriel. Il superpose des traînées noires ou blanches à la couleur de base pour lui donner l'apparence de l'usure. C'est là que se trouve la version murale du Christ détruisant sa croix. La tonalité expressionniste* du style s'affirme, qui s'amplifie encore dans le palais des Beaux-Arts de Mexico (1934), où il dénonce pour l'homme moderne la corruption du machinisme. Cet expressionnisme trouve son point culminant dans la coupole de l'Hospice Cabans (1936-1939), dont il exploite la courbe pour y tordre des corps dans un tourbillon qui est le souffle même de la vie ; c'est l'Homme de feu qui annonce les Nouveaux fauves*. Son art se veut populaire et il l'est. Il transcende la narration des hauts faits par un souffle lyrique et allégorique qui maintient à distanbe le réalisme socialiste*. Il atteint la grandeur tragique de Goya, le drame de Munch*. Son chant épique narre la " mexicanité " et ses héros, ceux de la conquête, ceux de l'indépendance et ceux de la révolution, sont ceux des deux peuples, indien et hispanique. L'homme est le martyr de ses idéaux, toute religion s'étant révélée inutile, d'où la fameuse toile du Christ détruisant sa croix, (1943, MAM, Mexico) ou Peau en bleu, (1947, Maison de la culture, Guadalajara). Le peintre de chevalet ébute sa carrière en s'intéressant à la prostitution qu'il dit avec rictus plus que coquinerie. Viennent ensuite les péones dans des toiles fortement structurées par le rythme répétitif des théories de personnages, de feuilles d'agave, de sombreros aligné, ce qui n'empêche pas le pinceau de pouvoir se faire pleureur à la Munch. Après sa période américaine qui, de 1928 à 1930, dit la Grande Dépression de manière intimiste et tragique, son souffle va s'amplifier. Expressionniste en ocre rougeâtre, gris et nir, il peint la femme; des scènes grotesques de cabaret, Sans titre, (ca 1940, Jacques and Natasha Gelman, (Met). Il rencontre la manière du Beckmann* de 1918, Zapatistas, (1931, MoMA), Indien avec Tête, (1947). Il frôle l'abstraction*, Les Morts, (1931, Mus. Carillo Gil, Mexico), avec l'apocalypse des gratte-ciel effondrés, pliés comme des livres, ou Prométhée, (1944, ibid.) s'exacerbent et refusent tut à-plat. Mais il sait aussi, dans des compositions dont l'élargissement du sujet est démesuré, friser l'abstraction et faire peut-être le joint entre l'expressionnisme figuratif qui est le sien et l'expressionnisme abstrait d'un Rothko* ou d'un Barnett Newman*, Paysage métaphysique et cierge, (1948, Mus. Orozco), qui consiste surtout à insérer une géométrie, carré, grecque, dans une composition qui pour être abstraite n'en reflète pas moins la réalité.

Expositions : 1910, Biblos, Mexico ; 1925, Bernheim, Paris.

Rétrospective : 1947, Palais des Beaux-Arts, Mexico ; 1979, Musée d'Art moderne de la ville, Paris.

Musées : Musée Orozco, Guadalajara, Mexique.

Citation(s) : Lieux publics mexicains :
1922-1926, École ntionale préparatoire, Mexico; 1925, Maison des Azuleros, Mexico; 1926, École industrielle, Orizaba; 1934, palais des Beaux-Arts, Mexico; 1936-1939, auditorium de l'université, escalier du palais du Gouvernement, chapelle de l'hospice Cabanas, Guadalajara;1942, église de l'hôpital de Jésus, Mexico; 1948, Salle de la réforme, Musée national d'histoire, Chapultepec; 1948, voûte de la chambre des députés, Guadalajara.
Lieux publics américains :
1930, Pomona College, Claremont; 1931, New School for Social Researh, New York; 1931-1934, Baker library, Darmouth College, Hanover, New Hampshire; 1940, Drive Bomber, Museum of Modern Art, New York.