Fiche de présentation

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MICHAUX, Henri

né le 24 mai 1899 à Namur, Wallonie, Belgique ; 1906-1914, adolescence anorexique; 1922, découvre Lautréamont ; 1924, s'installe à Paris et découvre Klee*, Ernst*, De Chirico*; 1925, premiers travaux plastiques ; 1955, naturalisé français ; 1956-1960, s'adonne à la mescaline, persuadé qu'elle fait éclater le corset des conventions ; 1965, refuse le Grand prix national des lettres (il est poète notable) ; 1984, meurt le 19 octobre à Paris, le décès n'étant annoncé que deux jours plus tard.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : L'oeuvre témoigne de continuité récurrente : il choisit de laisser des signes, des idéogrammes personnels pour communiquer le résultat de ses voyages au-delà du rationnel et du perceptible. C'est un calligraphe que les mandarins chinois qu'il a tant appréciés, ne renieraient pas. L'esprit du regardant vacille car il est amené aux limites de la folie ou de l'au-delà. On pourrait identifier deux manières, s'il fallait classer ce travail, la manière " dure ", structurée, qui recourt à l'encre et à l'encre de Chine, et la manière " molle " pour laquelle il emploie la gouache, l'acrylique, le lavis. Brochant sur les deux, l'huile qui reste d'un usage limité.
Des encres de Chine, il tire des taches qu'il organise sur le papier en construisant l'informel (1949-1976). Ces expressions de l'inconscient, l'oeil qui s'attarde y perçoit au gré de son propre apport, tout un monde grouillant de végétaux et d'animaux fantastiques que balaie le vent de gauche à droite, Sans titre, (1975, CCB) : hippocampes, envols d'oiseaux sur la savane, fantasias, jeu de quilles, cimetières musulmans, amas de fougères, monstres antédiluviens. Et, dépouillé, cette sorte de mât de Cocagne, Dessin mescalinien, (1955, 1958). En 1959-1962, les taches sont rangées en bandeaux séparés comme sur une partition musicale. Les dessins à la plume, soit " mescaliniens " (1956-1960), soit de " réagrégation ", sont minutieux, d'une finesse qui confronte l'infiniment petit et l'infiniment premier : les protozoaires, les traces que laisse sur le sable la mer fraîchement retirée ; d'aucuns, dans ces séries remplies de bord à bord, ne sont pas sans évoquer Tobey*. Il y a aussi des oeuvres totalement informelles, véritables Rorschach, en 1926, Un poulpe ou une ville, en 1954, Sans titre, (MNAM).
L'autre manière, les autres techniques qui la font, met encore plus en éveil l'imaginaire. Ce sont ce qu'il appelle " mes larves et fantômes fidèles " : la tête de mort d'une Aquarelle, (1934) ou d' Entre sens et absence, (1939); le fossile de poisson de La Paresse, (1934) ou du Prince de la nuit, (1937, MNAM), appartenant à la série des figures sur fond noir; la colonne de feu de Peinture à l'huile sur bois, (1939) ou ces êtres flageolants tout en longueur, en queue de méduse, des Aquarelle, (1945 à 1961) et les ectoplasmes de Sans titre, (1951) ; et enfin, en 1982-1984, les lombrics tachetés, rampant en ordre dispersé ou en colonnes.

Expositions : 1937, La Pléiade, Paris ; 2009, Di Meo, Paris, (P) ; 2011, Trigano, Paris, (P).

Rétrospective : 1964, Stedelijk Museum, Amsterdam ; Motte, Genève ; 1965, Musée national d'art moderne, Paris ; 1971, Palais des Beaux-Arts, Charleroi ; Musée des Beaux-Arts, Gand ; 1972, Palais des Beaux-Arts, Bruxelles ; Kestner-Gesellschaft, Hanovre ; 1976, Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence ; Museum des 20 Jahrhunderts, Vienne ; 1978, Musée national d'Art moderne, Paris.

Musées : plus de 50 oeuvres au Musée national d'Art moderne, Paris.