Fiche de présentation

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LABISSE, Félix

né le 9 mars 1905 à Douai, Nord, France ; autodidacte ; 1927, s'installe à Ostende, Belgique ; 1937, à Paris ; 1966, membre de l'Institut ; 1982, meurt le 27 janvier à Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : L'une de ses premières toiles connues, Lex, (1928), indique la voie que choisit le fils de l'armateur douaisien venu habiter Ostende, celle des masques et de la mort, en un mot, l'expressionnisme* flamand, sa facture et ses sujets, Grand Carnaval ostendais, (1934, PPG). Dès cet instant, il a trouvé son style : des contours de la figuration bien circonscrits, il n'aura qu'un demi-pas à faire pour passer à la peinture léchée.
Ce faisant, il se situe formellement dans la lignée de Magritte*, celle d'un surréalisme* froid, mais ses sources d'inspiration sont différentes : alors que Magritte donne à voir des objets réels hors de leur contexte, Labisse recherche la représentation du fantastique, de l'insolite, de l'érotique.
Sa thématique est récurrente : paysages à la Dalí* ou à la Tanguy* : Les Magiciens, (1938), Le Précurseur, (1959) ; femme à tête étrangère : L'Aventure permanente, (tête d'insecte) (1944) ; Jeune Fille posant pour Léonard de Vinci : une annonciation (tête de figue) (1946), Le Bonheur d'être aimée (tête de tigre) ; les Géants de l'île de Pâques : Voyage du capitaine Cook , (1943) ou Les Egrégores, (1977) ; Les Rois de cartes, (1945) ; les arbres et leur écorce aux nervures verticales, apparentés aux bois brûlés d'Ernst* : L'Explorateur, (1944) ou Hommage Gustave Moreau, (1960, MRBABx) ; l'affiche peinte à même le tableau (1969) ; les végétaux et minéraux : La conjuration d'Amboise,Nomdedji, (1955) ou (1974) (pomme de terre), Simon le magicien, (1957) (rose), La Délégation,Verdellet, (1962) (rocher), (1956) ou Le Grand Dépaysement, (1964) (massif rocheux flottant en planète) ; les Insectes "boschiens" : Bronzet, (1973) ou Andreas et Melphes, (1977) ; la femme-armure : La Bonne Conduite, (1950) ou MCCIV, (1963) et Jehanne du Lys, (1971), au sexe troué en fleur de lys. Cette thématique s'inscrit à côté de quelques grands tableaux comme La Matinée poétique, (1944), regroupant les amis surréalistes, ou Bonjour Monsieur Ensor, (1964, MBAOs), où l'on voit sur la digue de mer le jeune Labisse saluant l'artiste glorieux.
Ses portraits réalistes* des années 50 se rapprochent de l'époque "monstrueuse" de Picabia* (1924-1927 et 1935-1946), Mme Urvater, (1952), Claude Bessy, (1955, MAM, Cà Pesaro, Venise), Catherine De Bruyn-Stoclet, (1956) et Dominique Stoclet, (1957).
À compter de 1966, il peuple ses toiles de femmes bleues fluorescentes, d'un surréalisme érotique qu'il baptise Sélénides. Des bijoux sur ces sangs mêlés, quelques touches de carmin sur les lèvres et à la pointe des seins, cela ne suffit pas pour créer un monde baudelairien où "tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté", ce serait plutôt un Saint-Sulpice luciférien. L'attitude provocante de ce monde s'émousse par la multiplication sous forme d'estampes inondant les galeries et devient stéréotype.
Peinture éclatante, méticuleuse et glace ; rouges, bleus ou roses et teintes blafardes des carnations, lèvres épaisses, yeux obsédants, torses nus entre des tentures écartées, il a créé une érotique sadique de messes noires, avec leurs sangs épais.

Expositions : 1928, Art moderne, Ostende ; 1941, La Peau de chagrin, Paris.

Rétrospective : 1960, casino de Knokke ; 1969, palais des Beaux-Arts, Charleroi ; 1973, musée Boymans-Van Beuningen, Rotterdam ; 1979, Kursaal, Ostende ; 2005, musée de la Chartreuse, Douai.

Lieux publics : Fresques d'hommes de lettres célèbres, librairie Corman, Ostende.

Citation(s) :
On a dit :
- Je vous salue, Félix, plein de grâce. (James Ensor).
- Et il montre de belles images. Délicatement ensanglantées. (Jacques Prévert).

Bibliographie(s) : Labisse, œuvre-peint, catalogue raisonné, 1927-1979, Isy Brachot, Bruxelles, 1979 ; Suite, 1979-1981, ibid., 1986.