Fiche de présentation

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FILONOV, Pavel

né le 8 janvier 1883 à Moscou, Russie; 1896, s'établit à Saint-Pétersborg chez sa soeur aînée; 1897-1901, cours de l'Association d'encouragement des arts, diplôme de peintre-décorateur; 1903-1908 académie Dimitriev-Kavkazski; 1908-1910, Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg; 1912, voyage en Italie et en France; manifeste de l'art aalytique; 1916-1918, mobilisé dans l'armée; 1918, enseigne aux Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg; 1929-1930, sa rétrospective au musée russe de Leningrad, accrochée durant un an, ne sera jamais ouverte au public; 1941, meurt d'épuisement durant le siège de eningrad.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Cinquante ans après sa mort, on le découvre en Occident. Il est étrange et inclassable. Comme il était non seulement peintre mais théoricien, on peut l'approcher au travers de sa théorie analytique, qu'il n'a cessé d'illustrer : le tableau se développe comme un être vivant fait de cellules qui se reproduisent par scissiparité. Après l'influence des allemands du XVIe et des analogies avec son cadet de sept ans, Egon Schiele*, il annonce, dans 'Ceux qui n'ont rien à perdre', (1911-1912, MRL), le morcellement de sa facture. Ici, il s'agit encore d'expressionnisme*, mais déjà, on y perçoit la volonté de diviser en formes allongées la profondeur du champ et les personnages. Il traite des sujets religieux sur le mode paysan en les laïcisant, 'À table', (1912-1913), c'est la Cène; 'Festin des rois', (1913), c'est la parabole du pauvre Lazare; 'Famille paysanne', (1914), c'est la Sainte famille. Les protagonistes sont plus ou moins noyés dans un univers fourmillant à l'éclairage rouge, comme exposé à la lumière d'un feu de bois. 'Le Bourgeois dans une calèche', (1912-1913) est la première oeuvre totalement révélatrice de sa manière, non seulement parce que la composition a atteint sa vitesse de grouillement, par division et multiplication de centaines de facettes, mais aussi parce que les formes sont suffisamment décomposées avec et dans leur environnement pour qu'un seul plan soit lisible. On pourrait voir là l'influence du cubisme* analytique, mais le propos est dfférent; quand celui-ci voulait montrer l'objet simultanément sous ses diverses facettes, ici, il s'agit de montrer les facettes de la croissance, comme celles d'un cristal; il est déja cubo-futuriste*. On le comprend aisément en regardant les fleurs du 'Jardinier', (1912-1913), ou, mieux, de 'L'Éclosion universelle', (1915), dont les pétales s'organisent comme les pans d'un minéral. Il traduit le mouvement lorsqu'il répète successivement les gestes, les têtes, ou les visages, ou les membres, 'Mardi gras', (1913-1914, MRL), 'La Guerre allemande'; (1914-1915) ou 'La Régénération de l'homme', (1914-1915). Ainsi, il va, divisant toujours plus, jusqu'à fondre ses sujets dans leur décor et les rendre difficilement lisibles, jusquà frôler la non-figuration*, 'Fleurs de l'éclosion universelle', (1915, MRL) ou 'Composition', (1916), et à aboutir à une mosaïque proche de Klimt*, 'Formule du cosmos', (1918-1919) ou 'Formule du prolétariat de Pétrograd', (190-1921), ou 'Sans titre', (1923, MRL). C'est le moment qu'il choisit d'ailleurs pour échanger la dominante sanguine de sa palette contre une laiteuse. Puis il oscille entre des sujets se détachant de leur fond, 'Les Animaux', (1925, MRL) ou 'Deux têtes', (1925, MRL), très explicites, et des transparences, 'Tête', 1925-1926, coll. Costakis) ou 'Visages', (1940). L'homme est particulier, révolutionnaire opposé au réalisme* socialiste 'Goerlo, plan national d'électrification de la Russie', (1930) il montre un petit Lénine présentant un réseau dense de géométries de lignes; c'est un bourreau de travail, peignant jusqu'à dix-huit heures par jour, et un adepte d'une peinture non individualisée qui le fait signer rarement et vendre jamais. Il peut peindre des portrais traditionnels et le fit pour sa famille en 1915, et encore en 1924. Et pour terminer, 'Portrait de Staline', (1936, MRL) d'un académisme sans reproche.

Expositions : 1910, Union de la jeunesse, Saint-Pétersbourg; 1919, Prmière exposition nationale libre des oeuvres d'art; de 1941 à 1967, ses oeuvres ne furent jamais montrées; 2005, 'La Russie à l'avant-garde', palais des Beaux-arts, Bruxelles, (G); 2008, 'Vers de nouveaux rivages', musée Maillol, Paris, (G).

Rétrospective : 1929-1930, musée russe de Leningrad, non ouverte au public; 1990, musée national d'art moderne, Paris.

Musées : la quasi-totalité de l'oeuvre est au Musée russe de Leningrad, aujourd'hui Saint-Pétersbourg.

Citation(s) : Il a dit : " Il existe peu d'endroits dans la nature dont les couleurs m'attirent et je regrete de ne pas y voir ce que j'aimerais y voir; néanmoins, quelle que soit la laideur de la couleur par laquelle je commence, je m'approche de la nature en saisissant les formes " (1910). " Les maîtres de l'art analytique travaillent essentiellement sur le ontenu de leurs oeuvres. Cette méthode artistique n'a encore été employée nulle part. Citons quelques exemples : les phénomènes et les processus biologiques, physiologiques, chimiques qui caractérisent le monde organique et inorganique, leur apparition, leu réalisation, leur transformation, leurs relations, leur interdépendance, leurs interactions et leur irradiation, leur désagrégation, leur dynamisme et leur biodynamisme, leur structure atomique et microatomique, le son, le langage oral, la croissance, et. " (1928-1929). " L'aile droite des arts plastiques poursuit et persécute les artistes youpins. Ils se mettent à la tête de l'art soviétique tout comme, à l'époque des tsars, ils marchaient à la tête des foules en brandissant le drapeau tricolore russe "(1935). " Je décide de faire don de toutes mes oeuvres, réalisées ou à venir, à l'État soviétique pour qu'elles servent de fonds à un futur musée d'Art moderne, le musée de l'art analytique " (1936).