Fiche de présentation

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DEBRÉ, Olivier

né le 14 avril 1920 à Paris, France ; fils du professeur en pédiatrie Robert Debré ; frère cadet de Michel, premier ministre du général de Gaule ; petit-fils du peintre Édouard Debat-Ponsan ; 1938-1942, Beaux-arts de Paris, section architecture ; 1942, licence d'histoire à la Sorbonne ; participe à la Résistance et à la Libération de Paris ; 1959, découvre la peinture américaine ; 1999, élu membre de l'académie des Beaux-arts ; meurt le 1er juin à Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Depuis 1943, il est fidèle à la non-figuration*. D'abord proche du Soulages* de la même année. Puis du Hartung* de 1931, avec des fusains, du noir profond au gris subtil, construits en lignes verticales, plus sensibles et moins systématiques, Nature morte grise,(1958), éclatement de pavés lignés et desections noirs ; ils ont le raffinement de l'estampe japonaise, Signes personnages, (1999), ils suggèrent des taillis de roseaux, de bambous, de joncs, de lianes au travers desquels de minces perspectives, de furtives échancrures assurent un champ de profondeur, Grands Musiciens bleus, (1948) est abstrait plus que non-figuratif, comme l'est  Port de Saint-Georges de-Didonne, (1948). De 1945 à 1947, il se livre à des accumulations de géométries sui genris., Nature morte grise, (1958), éclatement de pavés lignés et de sections de filins. Ii persiste dans  la non-figuration avec ses fusains de 1967 à 1974. D'autres oeuvres, matiéristes* avec leur sable ou leur aluminium sur papier ou sur toile, renvoient à Piaubert*. D'autres dessins à l'encre de Chine, qu'ils soient intitulés Le Mort de Dachau, (1945, MNAM) ou Signe-Personnage, (1950), sont éclatés et disent avec les seuls mots du titre l'insoutenable que seule peut prendre en charge la non-figuration. Il sculpte dans la pâte des signes-personnages, silhouettes verticales à la matière dense sans cesse surajoutée, Personnage, homme-debout, (1953-1955). De même verticalité, ses dessins à l'encre de Chine de 1950 et 1951.
De 1947 à 1959, les huiles maçonnées solidement comme les géométries du de Staël* de 1949, montent des murs de ciment, de grès, de schistes, D & S, (1948-1955, MNAM), Femme grise, (1956)  ou Personnages blancs, (1957-1958, PCWW), mais aussi de teintes délicates, allant du blanc bleuté ou grisé au bleu tendre, Grand gris clair, (1959) ou au bouton-d'or. Au début des années 60, il devient lui-même, quittant le pessimisme qui imprégnait son oeuvre, pour accéder au chant du monde, découvrant ainsi son propre style, Grand Noir, taches roses, (1961-1962, MNAM). Il s'agit encore de toiles fermées, opaques mais fluides, frappées çà et là d'une déchirure obtenue par solution de continuité dans le revêtement monochrome de l'onde, soit par adjonction d'huiles rugueuses, en bourrelet, Bleu le soir à Royan, (1965, MPSG), Grand ocre à la tache violette, (1970, MAMStE). Il revient de temps à autre, à des formes se détachant d'un fond uni, Madurai rose, (1974), trois bambous, Gris-vert, taches vives, (1984, Ain). Mais la Loire l'habite et elle devient sa muse. Il la transpose, devenant un abstrait de l'émotion, d'autant qu'il peint à l'extérieur.
Dès le début des années 70, il privilégie les horizontaux. Les toiles s'ouvrent, avec leur plage de couleur dominante subtilement modulée, blessées par des ponctuations pour retenir l'oeil et dialoguer avec l'étendue : îles longes comme des poissons qui habitent la surface vert pâle, ou des souches emmenées vers le bord par le courant, tournoiement d'un fleuve jaune or glissant entre des alluvions vertes, orangées, Gris bleu pâle, (1979), ou Ocre blanche d'hiver, (1980-1982, MNAM).
Certes, la Loire n'est pas rouge, n'est pas blanche, n'est pas bleue, mais enveloppée par ces toiles de parfois 6 m de long, on ne peut que ressentir la coulée douce de l'eau. La couleur est savamment étudiée, modulée, avec ses petits " crevés " qui indiquent comme l'existence d'un second plan furtif, presque inavoué, Rose à crevés bleus, (1982-1983, ambassade de France à Washington). Il y a aussi les toiles " tombantes ", Ocre, (1972-1973, MUC), quand il adopte la verticalité, Ocre rayé des tilleuls, (1986-1987, Assemblée nationale)
.La colueur se délite et Le Flux, (1990) du pinceau apparait,  Il rejoint l'école monumentale de New York*, et particulièrement l'oeuvre de Clifford Still*.
Il lui arrive de sculpter pour le bronze accroché à une haute tige. 

Expositions : 1943, Aubry, Paris, (G) ; 1949, Bing Paris, (P) ; 1984, 1986, Daniel Templon, Paris, (P).

Rétrospective : 1975 : Musée d'Art moderne de la ville, Paris ; 1989, Daniel Templon ; 1995, Jeu de Paume, Paris ; 2007, Musée des Beaux-arts, Angers ; 2010, Musée d'art Moderne, Alger.

Lieux publics : 1977, rideau de scène et rideau de fer de la Comédi-Française, Paris; 1978, lambris de 1 x 12 m, hôpital, Liège; 1984, céramique, façade hôtel Nikko, Paris-XVe; 1988, 48 m2, escalier d'honneur de la mairie de Boulogne-Billancourt; 1989, rideau de scène de l'Opéra de Hong Kong; 1991, sculpture-flamme de 1750 m de haut à la mémoire du général de Gaulle, place du Général-de-Gaulle, Montréal; 1994, groupe de demi-cylindres biseautés, entrée de l'Eurotunnel, Calais; 1999, rideau de scène de l'Opéra de Shanghai; fresque monumentale en faïence, piscine Georges Vallerey, Paris 19ème.

Citation(s) : Il a dit :
- Il s'agit plus d'extraire que d'abstraire. Faire du Courbet abstrait. Je deviens un élément de la nature, qelque chose qui est manié. Quand je suis comme le vent, comme la pluie, comme l'eau qui passe, je participe à la nature et la nature passe à travers moi. Je traduis l'émotion qui est en moi devant le paysage mais pas le paysage.
On a dit :
- Olivier tenait au message héréditaire des Debat-Ponsan (1847-1913), peintre officiel, le sens artistique [...] Ses oeuvres devenaient de plus en plus amples. Ses grands tableaux traduisent avec un lyrisme impressionnant ce qu'il éprouve devant les grands espaces de la mer de la terre et du ciel, en même temps que s'affirme la vigueur de l'expression. La Méditerranée et les îles de la Grèce, les champs de neige de la Norvège, les rives de l'océan Atlantique, la terre tourangelle au cours des saisons, et surtout la Loire etsa vallée, l'inspirent tour à tour. (Professeur Robert Debré, pédiâtre).
- Pour évoquer le nom de Debré, ce n'est pas le nom du ministre, ni celui du professeur que l'avenir retiendra, mais celui du peintre Olivier Debré.     (Dr Pierre Renard).